Depuis l’indépendance, Madagascar a connu de nombreuses affaires qualifiées de complots ou de tentatives visant le sommet de l’Etat. Cependant, parmi toutes ces menaces, un seul attentat contre un Chef de l’Etat a vraiment abouti.
Le 11 février 1975, le colonel Richard Ratsimandrava fut assassiné à Antananarivo, quelques jours après sa nomination à la tête de l’Etat. Son convoi fut attaqué en pleine rue à Ambohijatovo- Ambony et sa disparition plongea le pays dans une crise politique majeure. Malgré une instruction judiciaire et des condamnations, les véritables commanditaires n’ont jamais été totalement identifiés, laissant une voile d’ombre sur cette page tragique de l’histoire politique malgache.
Une femme jugée mardi dernier à Anosy a été condamnée à sept ans de travaux forcés, après avoir déjà passé cinq années à Antanimora. Son neveu de 8 ans, orphelin de mère, qu’elle devait protéger et élever, a au contraire subi des années de maltraitance. Le procès a révélé les violences quotidiennes et les circonstances tragiques de sa mort.
Mardi, dans la bibliothèque exiguë du troisième étage du Palais de justice d’Anosy, une audience de la Cour criminelle ordinaire a retenu toute l’attention. La salle, limitée dans son aménagement, a été transformée en prétoire improvisé. Détenus assis aux côtés des agents pénitentiaires, curieux debout au fond, tous se figent lorsque le président déclare : « Le prochain dossier, c’est un meurtre ».