Publié dans Politique

Communiqué très mal à propos - L’Académie nationale de médecine s’attire les foudres de la population

Publié le jeudi, 23 avril 2020

Que ce soit en la forme qu’au fond, le communiqué publié lundi dernier par l’Académie nationale de médecine à Madagascar (ANAMEM) a choqué plus d’un. Outre les fautes d’orthographe à la pelle qui ont émaillé les deux  (courts) textes en malagasy et en français, c’est le ton vindicatif adopté par les rédacteurs qui a surpris au plus haut point. A un tel point d’ailleurs que, dans les premières heures qui ont suivi son apparition sur les réseaux sociaux, beaucoup avaient cru qu’il s’agissait encore de l’un de ces fakenews sur le Covid-19 qui empoisonnent la toile ces derniers temps. 

Une fois fixés sur l’authenticité du document, beaucoup s’étaient indignés des violentes critiques émises par ces académiciens à l’encontre du Covid-Organics (CVO), remède mis au point par le très respectable Institut malagasy de recherches appliquées ou IMRA et annoncé comme étant la réponse à la pandémie de Covid-19, alors que, jusque-là, ces mêmes académiciens avaient brillé par leur inaction et leur mutisme face à la menace d’hécatombe qui planait sur la population malagasy.

Rapportons brièvement que le communiqué en question, censé traduire la position de toutes les entités composant l’ANAMEM ( enseignants-chercheurs en médecine et en pharmacie des universités, les chercheurs-enseignants, les présidents des ordres nationaux des médecins et des pharmaciens), après avoir jeté un sérieux doute sur la tisane CVO  en déclarant qu’«il s’agit d’un médicament dont les preuves scientifiques n’ont pas encore été établies», a émis une sévère mise en garde à l’endroit  des pouvoirs publics ainsi qu’aux parents au motif que ledit médicament  « risque d’endommager la santé de la population, en particulier celle des enfants». Emanant de sommités scientifiques et médicales du pays, de tels propos constituent ni plus ni moins un torpillage en règle du remède CVO tant sur le plan national qu’international.

Une mouche dans une soupe

Si la déclaration va naturellement apporter de l’eau au moulin des géants pharmaceutiques étrangers et de certaines grandes puissances  -  lesquels comptaient déjà faire de la pandémie de Covid-19 le business du siècle et ne peuvent donc que voir d’un très mauvais œil l’apparition surprise de ce remède made in Madagascar  -  en revanche, elle  tombe comme une mouche dans une soupe pour une bonne partie de l’opinion publique malagasy. « Où étaient ces fameux scientifiques et savants de cette Académie lorsque la population vivait depuis des semaines dans la hantise d’être contaminée par le nouveau coronavirus ? ». C’est la question qui revient comme une ritournelle dans les conversations dans les chaumières. « Si jusque-là, ils s’étaient tus, c’est qu’ils n’avaient rien à proposer. Qu’ils continuent donc à se taire car ils sont malvenus d’émettre la moindre critique à l’encontre d’une solution apportée par ceux qui se sentent plus responsables », fait-on remarquer.

La réaction du citoyen lambda est d’ailleurs la même face à toute initiative « anti-CVO ». C’est ainsi que l’ancien président Marc Ravalomanana est en train d’essuyer de cinglantes critiques, émanant parfois de ses propres partisans, lorsqu’il a cru bon de dénoncer le remède CVO auprès de la plus haute instance de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). En effet, à la lecture de la lettre en date du 21 avril 2020 qu’il a adressée au directeur général de l’OMS, le docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus, on s’aperçoit que son objectif ne vise rien d’autre que l’interdiction pure et simple du remède CVO par cette instance onusienne.  « Je vous demande de nous informer si l’utilisation de ce médicament pour le traitement du COVID-19 a été approuvée par l’OMS. Si ce n’est pas le cas, je vous prie de réagir sur l’utilisation à grande échelle d’un médicament qui n’a pas fait ses preuves », avait écrit l’ancien Chef de l’Etat dans sa missive. Une attitude fermement condamnée par ceux qui, depuis le début de la pandémie et même bien avant, ont fait confiance à la pharmacopée malagasy et, à plus forte raison, à la tisane récemment développée par l’IMRA.

Pour certains observateurs, la défiance manifestée par certains médecins, chercheurs et autres scientifiques vis-à-vis du CVO relèverait d’une susceptibilité mal placée, tandis que pour d’autres, on est en face d’une guerre d’école. Quoi qu’il en soit, il est pour le moins étonnant que, dans leurs déclarations officielles, des universitaires haut gradés puissent faire l’amalgame entre médicament et remède traditionnel. Car c’est la différence de protocole entre ces deux produits qui est au cœur de la discussion en ce qui concerne la tisane bio CVO. Il en est de même d’ailleurs en ce qui concerne la nécessité d’approbation ou non par l’OMS.

La Rédaction

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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