Publié dans Politique

Précédente législature - Les députés, des maîtres de l’école buissonnière

Publié le dimanche, 15 septembre 2024

Le dernier dossier publié dans Politikà a fait une révélation fracassante sur une situation honteuse au sein de la précédente législature .Une grande partie des députés formant la mandature précédente ont brillé, mais par leur absence remarquée et répétée.
Selon les données accablantes recueillies par l’ONG Tolotsoa dans le cadre du projet Balaky, rapportées dans le dossier de la revue Politikà, les députés, plutôt que de s’asseoir dans l’Hémicycle, semblaient préférer des activités moins contraignantes. Sur les 321 séances entre 2019 et 2023, le taux de présence des députés, tout groupe confondu, TIM, IRD, GPR ou non affilié, s’élève à peine à 34%.

Les députés ont majoritairement bien débuté leur mandat. Durant la première année, en 2019, les députés du TIM par exemple, ont eu un taux de présence de 45%. Un chiffre qui a régressé progressivement chaque année, jusqu’à atteindre un taux catastrophique de 28% à 18% en 2023. A ce stade, ce n’est plus de l’engagement public, c’est de la désertion collective.
Le dossier de Politikà révèle par ailleurs un constat consternant : certains projets de loi cruciaux ont été traités devant un Hémicycle aussi vide qu’une plage en hiver. Le rapport de mise en accusation devant la Haute Cour de Justice révèle que 137 sur 151 élus étaient aux abonnés absents. Si l’on en croit ces chiffres, on pourrait croire que les priorités nationales telles que la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption sont, pour nos élus, bien loin de leurs préoccupations.
A croire que seuls les projets de loi pouvant toucher directement leur portefeuille ou celui de l’Etat intéressent vraiment la précédente législature, comme en témoignent les séances sur l’adoption des lois de Finances, miraculeusement plus fréquentées.
Mais ce n’est pas tout : Siteny Randrianasoloniaiko, élu de Toliara I, décroche la palme de l’absentéisme avec un score impressionnant de 92,26 % d’absence. Quasiment absent toute l’année à Tsimbazaza, donc auteur d’un manquement à ses responsabilités et d’un manque de respect envers ses électeurs, ce parlementaire a pourtant eu l’outrecuidance de se porter candidat à la magistrature suprême du pays.
Heureusement que les électeurs, loin d’être dupes, ne se sont pas laissé berner. Le député Léon Rasalama, élu à Mahajanga II, ex-aequo avec son homologue de Toliara I, au premier rang des maîtres de l’école buissonnière, a lui aussi été sanctionné par les électeurs qui ne lui ont pas accordé un autre mandat de député à l’issue des dernières élections législatives.
On notera tout de même que quelques élus ont fait preuve d'assiduité : Djohary Lee Andrianambinina, avec
75 % de présence, ou Jean Rabenary et Doda Niriamboavonjy, avec un peu plus de
70 %. Beaucoup espèrent en tout cas que la nouvelle génération d’élus à la Chambre basse saura inverser la tendance et redonner au mot « député » tout son sens : celui de représentant actif, au service de la nation.
La Rédaction

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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