Au milieu du capharnaüm, l’absence des députés censés représenter la population d’Antananarivo dans les débats s’est fait ressentir ? Tous, de tous bords politiques, se disent pourtant favorables à une Capitale propre et ordonnée. Pourtant, lorsque vient le moment d’épauler la maire dans une initiative courageuse mais difficile, ils brillent par leur absence. Silence radio, regards détournés, neutralité de façade. Personne ne lève le petit doigt pour soutenir cette mesure pourtant nécessaire au bien-être collectif. Certains ont attendu que la tension redescende et que l’orage ne passe pour montrer qu’ils sont là. A croire que l’ordre et la propreté ne sont des priorités que lorsqu’elles ne nécessitent pas de prise de position.
Seule la sénatrice Lalatiana Rakotondrazafy,
ex-candidate à la Mairie et ex-conseillère municipale, a osé s’exprimer publiquement en faveur de cette réorganisation. Un soutien bienvenu, mais bien insuffisant face à l’ampleur du défi. Il ne s’agit pas de nier les difficultés des vendeurs de rue ni de minimiser leurs préoccupations, mais un accompagnement des parlementaires aurait permis d’apaiser les tensions et d’assurer une transition plus harmonieuse.
Car, après tout, quel est le rôle des députés si ce n’est de représenter les intérêts de leurs électeurs et d’agir pour l’amélioration des conditions de vie dans la ville ? Leur mutisme face à cette initiative laisse perplexe. Soutenir la maire ne signifie pas forcément approuver toutes ses décisions, mais au moins reconnaître la nécessité de remettre de l’ordre dans une Capitale qui suffoque sous l’anarchie urbaine.
Faut-il en conclure que certains tirent avantage du désordre ambiant ? Ou bien est-ce simplement un manque de courage politique ? Toujours est-il que cette réorganisation des marchés, loin d’être une simple affaire municipale, devrait être un enjeu collectif. Mais pour l’instant, Harilala Ramanantsoa et son équipe doivent y faire face seules. A moins que la classe politique ne daigne enfin assumer ses responsabilités…
L.A.