Publié dans Société

Vague de kidnappings d’Indopakistanais - Les huit principaux accusés ont comparu au PAC

Publié le mercredi, 11 novembre 2020


Les affaires concernant la vague d’enlèvements d’Indopakistanais et de blanchiment d’argent, ayant défrayé la chronique, et qui se déroulaient entre 2014 et 2018 dans la Capitale, ont été jugées à la Cour criminelle du pôle anti-corruption ou PAC aux 67 Ha, hier. Huit accusés, qui font partie de la famille ou de l’entourage de feu Samuel Rabearisoa alias Rasamy présumé commanditaire de tous ces enlèvements, ont comparu alors devant la barre. Quatre sont des femmes dont l’épouse même du défunt Rasamy. Le réseau a demandé de fortes rançons aux proches des victimes, dont une bonne partie de l’argent obtenu a fait l’objet de blanchiment. Il a servi à différentes acquisitions pour les membres du réseau : des voitures, des maisons, etc. La présidente de la Cour et les assesseurs ont délibéré l’affaire jusque très tard dans la soirée d’hier. Ces bandits sont incriminés des rapts d’Ianish Ismaël en mai 2014 à Ilafy, de Sabera Vasram en juillet 2018, de Chandarana à Ambohidratrimo, de Sabir Molou en octobre 2018, d’Andriantsitohaina, l’enfant du patron d’entreprises médiatiques locaux et non moins actuel maire d’Antananarivo, de Zivjee Nazir à Ambohibao mais aussi de Malik et de Sofiane à Soavina.
Durant les débats à l’audience d’hier, la majorité des incriminés ont nié les accusations de terrorisme et complicité, de recel de malfaiteurs, de fournisseurs d’armes, de port d’armes sans autorisation, d’association de malfaiteurs et de blanchiment de capitaux. De leur côté, les avocats de la partie civile ont représenté les plaignants ou les victimes dans l’affaire dont Ianish Ismaël, Sabera Vasram, Sabir Molou et Zivjee Nazir. Lors de la plaidoirie d’un avocat, il a particulièrement mis l’accent sur le préjudice moral de ces enlèvements sur les otages, encore traumatisés. “Jusqu’à présent, certains perdent encore subitement connaissance en voyant une moto passer à leur hauteur, croyant qu’il s’agit de ravisseurs”, déclare l’avocat à l’intention de la Justice. Les avocats de la partie civile ont demandé l’équivalent de la rançon empochée par le gang comme dommages et réparations.
Les aveux
Seuls deux accusés ont reconnu les faits, du moins leur pleine participation dans tous ces enlèvements d’Indopakistanais de la Capitale. Il s’agit de Christophe Ramasy, alias Tony. Actuellement, il est amputé d’une jambe, séquelle de tir lors de son arrestation par les gendarmes. L’accusé déclare avoir perçu 38 millions d’ariary comme salaire. Ce veuf, avec deux enfants à sa charge, jouait le rôle de chauffeur. Il a reconnu sa participation dans trois enlèvements dont celui de Sabera Vasram en octobre 2018 à Ivandry, de Malik et de Karmaly Sofiane à Soavina, mais surtout aussi d’Ianish Ismaël à Ilafy en 2014. “C’était moi qui conduisait la fourgonnette Renault Express ayant servi à barrer la voie à la voiture transportant la victime”, a-t-il déclaré à la présidente de la Cour. En revanche, il a rejeté l’accusation qui pèse sur lui à propos de l’enlèvement survenu à Ambohidratrimo, ni celui d’Andranobevava dont la victime était le rejeton de Naina Andriantsitohaina, encore moins de celui du fils du propriétaire de la société Eden, à Ambohibao. “J’ai fait la rencontre de Rasamy à Ambanja où il m’a proposé de conduire uniquement, mais aussi de récupérer la voiture devant transporter les otages depuis le Nord, pour finalement les ramener au même point, une fois la mission accomplie”, a-t-il ajouté.
Onjanirina Andriamampionona est le deuxième accusé ayant reconnu les torts. De toute façon, c’est un récidiviste qui a déjà purgé en octobre 2017 une peine pour une autre affaire de kidnapping à Antsirabe. Dans la bande, il fut la sentinelle. “Rasamy me conseillait de le signaler quand telle ou telle voiture passait à un endroit perçu”, confie-t-il au juge. Son salaire : 30 millions d’ariary. Mais il a accepté son implication dans les rapts survenus au Pullman (Vasram) à Ivandry, (Sabir Molou), et à Soavina (Sofiane).
Preuves formelles
Toujours est-il que les aveux de l’accusé ont permis de savoir que Sabera Vasram a été séquestrée à Ambodimita Andranomena, mais aussi de deux autres à Andoharanofotsy dont les otages sont cette fois des hommes. Onjanirina a ajouté qu’il a pu faire l’acquisition d’une Renault Clio au nom de son épouse, grâce à l’argent du kidnapping.  “Rasamy me payait dans la maison où on avait caché les otages”, continue-t-il.
Quant à l’épouse du défunt Rasamy, elle a rejeté toutes les accusations qui pèsent sur elle dont notamment le blanchiment d’argent. Elle a fait l’acquisition de maisons à Ankadiefajoro Morarano ou à Ambohijanahary. “Notre cliente fait de la fourniture dans le domaine de la confection. Elle a touché en moyenne 150 000 ariary par jour, un montant qui est à multiplier par 25. Ce qui fait qu’elle gagne plus d’un milliard l’année, lui permettant de construire ces maisons”, déclare son avocat.
Quant au reste du groupe, il est constitué du neveu de Rasamy, de sa sœur et le compagnon de celle-ci, un gendarme. Ils ont rejeté l’accusation en arguant avoir été entraînés, malgré eux, dans l’affaire à propos d’une histoire de puces compromettant de téléphone.
Franck Roland

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Editorial

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    Madagasikara se trouve à la croisée des chemins pour le recrutement de certains postes-clés et hautement stratégiques. D’emblée, une cynique mais légitime question intervient : « le pays dispose-t-il suffisamment de matière grise pour satisfaire ses besoins ? ». La Compagnie nationale malagasy de transport aérien « Air Madagascar » recrute son directeur général (DG). Elle est à la recherche depuis une semaine d’un oiseau rare. Depuis le départ volontaire du DG Besoa Razafimaharo en décembre 2019, Air Mad n’a plus de DG titulaire. La Direction générale a été assurée par une intérimaire, en la personne de Hanitra Rasetarinera, et ce depuis le 15 janvier 2020. Elle n’est autre que le directeur général adjoint, chargé de la finance. Evidemment, la mission que le Conseil d’administration entend confier à l’oiseau rare (le DG) consiste à relever la Compagnie. En effet, le divorce forcé avec la Compagnie réunionnaise Air Austral portait un…

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