Publié dans Société

Viol d’une fillette de 5 ans - Un religieux suspect acquitté à Fort-Dauphin

Publié le mercredi, 23 juin 2021

Tout s’est passé en mars 2020. F. a été violée par un religieux alors qu’elle regardait un film chez lui, un mercredi après-midi. Les résultats de l’enquête et de l’expertise médico-légale, menées auprès du Centre Vonjy à Fort-Dauphin ont confirmé un viol par pénétration anale de la fillette âgée de 5 ans. L’affaire a aussitôt passé devant le Parquet, après duquel le suspect a bénéficié d’une liberté provisoire.

Le procès s’est tenu 13 mois et quelques jours plus tard et au final, le religieux a été acquitté purement et simplement. « Tous les leaders religieux et les fidèles de la circonscription de l’auteur du viol ont été présents au Tribunal lors du procès, le 25 mai 2021 », se souvient Christopher Rebasa, sous brigadier de police. Un appel s’est ensuite tenu, mais aucune réponse jusqu’à maintenant. « Je suis meurtrie par cette situation, d’autant plus que ma petite fille reste traumatisée par ce qui s’est passé. Malheureusement, nous n’avons pas les moyens de mener le combat jusqu’au bout ni d’user d’une quelconque position et non moins de faire pression, contrairement à l’auteur », déplore H.R., grand-mère de la victime.

Ce suspect auteur du viol n’est autre que celui qui a pris en charge sa scolarité, d’après la grand-mère de F. « En rentrant à la maison vers 16h, F. s’est plainte d’avoir des douleurs atroces à cause d’une plaie dans son anus. Choquée, j’ai immédiatement vérifié et grande fut ma surprise en constatant son anus dilaté et blessé. Pourtant, elle ne m’a jamais dévoilé l’auteur du viol, sûrement suite à des menaces. Le lendemain, on s’est rendu à son école pour avoir plus de renseignements. Les responsables nous ont orientés et accompagnés au centre Vonjy où le viol a été confirmé », se rappelle-t-elle. Ce centre implanté dans l’enceinte du Centre hospitalier de référence régional (CHRR) Philibert Tsiranana s’est assuré d’une prise en charge intégrée de la victime. « Outre la réquisition et l’expertise médico-légale, nous nous chargeons également de l’enquête et de l’arrestation des auteurs de viols sur mineurs, suivis par la présentation de l’affaire devant la Justice », confirme Béatrice Sarah Miandrirazana, inspecteur de Police. A cela s’ajoute l’accompagnement psychologique et la réinsertion sociale des victimes, assurés par les intervenants sociaux.

F. se remet petit à petit de ce drame, après 3 mois d’accompagnement des assistantes sociales. « Il a fallu plusieurs visites à domicile pour la prise en charge psychosociale de la fillette et de sa famille. Elle arrive maintenant à jouer avec ses amis. Elle a dû changer d’école et est actuellement scolarisée auprès d’un centre d’orphelinat », rapporte Haingotiana Carole Raharimamy, intervenante sociale. Pour information, F. fait partie des 43 enfants âgés de 3 à 17 ans reçus par le Centre Vonjy de Fort-Dauphin depuis son ouverture en février 2020 jusqu’au 23 juin 2021. Il s’agit du 6è centre Vonjy mis en place dans le pays, dans le cadre du projet « améliorer les conditions de vie et la croissance inclusive des filles grâce à une éducation et des services de santé de qualité à Madagascar ». Sur un financement de l’Agence coréenne de coopération internationale (KOICA) et mis en œuvre par l’UNICEF, en collaboration avec des acteurs issus de 3 ministères.

Patricia Ramavonirina (Taolagnaro)

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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