Publié dans Société

Trafic de tortues « radiata » - Recrudescence alarmante du commerce illégal « en ligne »

Publié le vendredi, 03 mars 2023

De plus en plus fructueux. Le commerce illégal des tortues « Sokake », de l’espèce « Radiata », est actuellement en plein essor à Madagascar. Cette espèce endémique est même devenue un nouveau produit phare dans le commerce en ligne, à en croire Herilala Randriamahazo, coordonnateur de l’ONG « Turtal Survival Alliance » ou « TSA Madagasikara ». En moyenne, ladite ONG œuvrant pour la protection des tortues recense 7 publications de vente par semaine, avec encore un nombre accru de demande. Ces acheteurs potentiels sont surtout intéressés, selon leur commentaire, par les « vertus thérapeutiques » et pour faire de ces espèces sauvages, des animaux de compagnie ou de décor. Ces demandeurs sont attirés par les « sokake » de taille moyenne « juvénile » compte tenu que les autres âges ont déjà été majoritairement exportés illégalement ou domestiqués, ce qui constitue l’une des plus grandes menaces de ce commerce illégal aujourd’hui. Cette situation pourrait nuire à la reproduction de ces tortues et qui peut être considérée comme une « génocide » de cette espèce, voire son extinction dans un futur proche.

La hausse accrue des demandes et les différents groupes de vente sur les réseaux sociaux emmènent à croire l’existence d’un réseau de trafiquants probablement opérationnel. Les tortues « Sokake » sont même livrées sur commande par certains, même avant la publication d’une offre. Ce braconnage a surtout commencé quand des voyageurs dans le Sud rencontraient beaucoup de « Sokake » dans cet axe routier et ramenaient ces derniers en guise de cadeaux à leur famille. Ces précieux « cadeaux à la fois illégaux » sont aujourd’hui considérés comme des héritages familiaux.

Des tentatives échouées et démantelées

Une espèce de convoitise sur le marché noir international. Le trafic de tortures « Sokake » reste d’actualité en ce moment. Le 29 janvier dernier, une seconde tentative de trafic de 20 tortues « Sokake » a été démantelée à Fianarantsoa, dans la Commune d’Ankidona, à bord d’un véhicule de transport de marchandises en provenance d’Ambovombe. C’était lors d’une fouille systématique effectuée par la Police nationale que le chauffeur a été surpris en flagrant délit de transport des tortues qui ont été dissimulées dans deux sacs de charbon. Les agents de police ont immédiatement alerté la Direction de l’environnement et du développement durable de la Région de Matsiatra-Ambony, d’après Mamisoa Rabotovao, premier responsable. Plutôt en 2022, ce même genre de fait a été identifié sur les sols africains comme la Tanzanie ou le Mozambique. 150 « Sokake » sont également aujourd’hui en cours de rapatriement sur leur terre mère provenant des Comores, saisies par les autorités locales. Un record pour ce pays voisin avec quatre arrestations à leur actif, suite à une exportation illégale de ces animaux en quelques années seulement.

Au niveau national, les sanctions applicables aux auteurs d’infractions à la commercialisation de cette espèce vont de 4 à 20 ans de prison et des amendes de 100 à 400 millions d’ariary, selon la loi en vigueur.

 

Recueillis par Patricia Ramavonirina

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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