Publié dans Société

Emeute à Ambilobe - Rumeur à l’origine de la rébellion des habitants

Publié le lundi, 17 février 2020

Depuis qu’une nouvelle, se rapportant sur l’arrestation supposée de l’auteur présumé  du meurtre d’une femme enceinte de 7 mois, a été propagée sur Facebook, la ville d’Ambilobe est en ébullition. Notons que la victime a commencé à ne plus donner aucun signe de vie depuis le 3 février dernier avant que son cadavre atrocement mutilé ne soit retrouvé récemment. Or, une vérification faite ultérieurement  auprès de différentes sources, dont celles de la Gendarmerie, a confirmé que ladite arrestation n’était qu’une rumeur. Et que sur le terrain, une atmosphère de rébellion régnait. Elle  a provoqué une colère sans précédent chez la population de Mantaly, District d’Ambilobe, localité où les faits s’étaient déroulés.

 

Dimanche dernier, des émeutiers s’étaient alors  rués sur le bureau de la compagnie de Gendarmerie locale avant qu’ils ne s’aperçoivent que le suspect n’était pas sur place. Du coup, ils ont alors convergé vers le commissariat de Police pour  le mettre à sac. Le local fut assiégé à coups de pavés, et des voitures dont celles de la Police garées sur le parking furent incendiées. Motif : toujours cette colère et cette frustration de ne pas pouvoir faire la peau  au prévenu  chez les émeutiers. La Gendarmerie a immédiatement déployé un dispositif afin de protéger le personnel du commissariat. Entre-temps, les Forces de l’ordre ont appelé les habitants au calme en leur promettant que l’affaire est déjà entre leurs mains, et que tout le monde a intérêt à garder le calme jusqu’à la fin de l’enquête qui doit se poursuivre.

Hier, la situation était encore explosive sur le terrain. Ce qui a poussé les autorités de cette ville à convoquer une réunion d’urgence pour tenter de trouver un compromis avec les manifestants afin de les apaiser. Ainsi  le chef de district, les enquêteurs et la Justice ont déjà pris leurs responsabilités. Une fois de plus, ces derniers insistent  qu’il n’appartient pas aux simples citoyens d’agir en justiciers devant un suspect car il existe une loi pour le faire. Parallèlement à cela, les proches de la jeune mère de famille, victime de ce meurtre crapuleux, ont procédé à son inhumation  dans une commune non loin d’Ambilobe.

Maintes fois, ce genre de rumeur a déjà occasionné des conséquences désastreuses dans d’autres villes du pays. Des émeutiers réclament la peau de tel ou tel individu soupçonné d’atrocité ou de meurtre semblable à celui arrivé à cette jeune mère à Mantaly Ambilobe. Ce qui s’est exactement passé à Sainte-Marie, en novembre 2019, lorsque des émeutiers ont saccagé le commissariat de Police locale. En effet, une habitante avait été également assassinée sauvagement. Le bruit a circulé que l’auteur supposé de l’acte a été arrêté et placé en garde à vue dans le commissariat. Les manifestants ont alors réclamé à la Police de le livrer à eux afin de le lyncher. Comme il n’y a eu, en réalité, d’arrestation, ni de détention policière, les gens s’en étaient violemment pris au bureau de la Police. Enfin, les faits survenus à Mananara Nord en avril 2019 fut sans doute le plus grave car ils ont fait 4 morts dans une émeute, toujours liée à de la rumeur. Des individus mécontents ont attaqué le bureau de la Gendarmerie où ils pensent s’en prendre à un opérateur économique local soupçonné du meurtre de son employé.

Franck R.

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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