Publié dans Economie

Cimenterie d’Ibity - 40 ans de feu et de pierre pour les fondations du pays

Publié le lundi, 23 juin 2025
« On a vu l’usine grandir, et nous avec », selon Andry Nirina Andriamanantena, directeur d’usine à Ibity « On a vu l’usine grandir, et nous avec », selon Andry Nirina Andriamanantena, directeur d’usine à Ibity Crédit photo : Alpha Ciment

Fierté nationale. Dans le calme majestueux des hauteurs du Vakinankaratra, l’usine d’Ibity, berceau du ciment « vita gasy », fête cette année ses 40 années d’activité industrielle. Cela fait donc quarante ans que cette cimenterie, unique en son genre à Madagascar, transforme le calcaire de ses collines en matière première essentielle pour bâtir routes, écoles, hôpitaux et maisons. Ce site, fondé en 1985, symbolise bien plus qu’une prouesse industrielle : il s’agit d’un repère dans le paysage économique et social de la Région.

A travers cette célébration, Alpha Ciment, anciennement Holcim, puis Cementis, rend hommage à une aventure à la fois technique, économique et profondément humaine. Et pour cause, malgré les rachats successifs, les noms qui changent et les évolutions technologiques, l’usine d’Ibity n’a jamais cessé d’évoluer. Sa capacité de production, initialement de 60.000 tonnes par an, atteint aujourd’hui les 180.000 tonnes grâce à une série d’améliorations internes, sans abandonner ses fameux fours verticaux. « C’est ce qu’on appelle un barbecue géant », plaisante Vincent Blanchet, directeur général d’Alpha Ciment, en évoquant la fournaise de 1.450° C, nécessaire à la cuisson du clinker. Mais au-delà des anecdotes, cette montée en puissance témoigne d’une résilience industrielle peu commune à Madagascar. Des systèmes de filtration des gaz ont été installés, les chaînes d’ensachage modernisées, les commandes centralisées dans une salle de pilotage dernier cri. Résultat : une production plus propre, plus régulière, et mieux adaptée aux exigences actuelles de qualité et d’environnement. « On s’efforce de faire de l'industrie responsable, même ici à Ibity », résume un technicien du site.

Communauté fusionnelle

 

Mais au-delà des machines et des chiffres, ce sont les hommes et les femmes d’Ibity qui sont au cœur de cette célébration. « Travailler ici, c’est plus qu’un boulot. C’est comme une deuxième maison. On a vu l’usine grandir, et nous avec », confie Andry Nirina Andriamanantena, directeur d’usine à Ibity. Ce lien entre l’entreprise et la communauté locale est presque fusionnel car plus de 70 % des salariés viennent des alentours immédiats du site, et beaucoup y font carrière. « Mon père était là lors de la mise en service de l’usine. Et aujourd’hui, c’est moi qui continue son travail », raconte un employé affecté à l’ensachage, visiblement fier. La Direction d’Alpha Ciment n’a pas manqué de souligner cet attachement, en organisant une soirée en interne début juin, avec un concours de logo et une remise de trophées aux salariés ayant plus de 20 ans d’ancienneté. Un avant-goût des grandes festivités prévues pour le second semestre 2025, qui mettront à l’honneur non seulement l’usine d’Ibity, mais aussi les 40 années d’existence de l’entreprise à Madagascar. « Ce n’est pas tous les jours qu’on célèbre une usine de 40 ans qui tourne encore, et qui innove », souligne une ingénieure en visite sur le site. Dans un contexte où la concurrence par l’importation est rude et où le secteur du bâtiment et travaux publics (BTP) est en proie à de nombreuses incertitudes, Ibity reste un point d’ancrage. A travers sa devise « Ensemble, construire pour durer », Alpha Ciment affirme une volonté claire de bâtir avec et pour les Malagasy. Et si les défis ne manquent pas, tels que l’accès à l’énergie, le coût du transport, ou le besoin de renouveler certains équipements, l’optimisme reste de mise. Le ciment d’Ibity, lui, n’a pas fini de couler dans les fondations du pays. Le meilleur reste à venir, disent-ils.

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Editorial

  • Diplomatie
    La grande faucille de la Refondation continue de faucher sans … pitié ! Elle n’a pas fait de détail sur un des domaines clé de l’Etat. La diplomatie, la dernière victime en date, vient de faire les frais d’une relation extérieure tous azimuts. La fauche du Conseil des ministres du mercredi dernier frappe quatre chefs de mission d’Ambassades qui ne sont pas des moindres Dr Louis Robinson en République Populaire de Chine, Johary Rajobson au Maroc, Dr Alain Tehindrazanarivelo auprès de l’ONU, de l’Autriche et de la Suisse et Yvette Sylla auprès de l’UNESCO à Paris. Bien avant, d’autres représentations diplomatiques n’ont été épargnées à l’exemple de Paris, du Japon, de l’île Maurice. Et la faucille ne s’arrêtera pas tant que des « restes » du régime précédent tapissent quelque part. Sans insister sur les limogeages sans fin touchant d’autres départements. La diplomatie, un domaine délicat de la République, doit…

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