Publié dans Editorial

Démocratie constructive

Publié le lundi, 12 octobre 2020

La Nation commémore en ce jour, 13 octobre, le troisième anniversaire du décès du premier Président de la Troisième République, le Professeur Zafy Albert, qui incarne la lutte démocratique.
Eminent spécialiste en cage thoracique, formé sous la barbe du célèbre cardiologue français  le Professeur Chabrol, Zafy Albert fut l’une des élites nationales du pays. Nommé ministre de la Santé dans le Gouvernement Ramanantsoa suite aux soulèvements populaires de 1972, Zafy Albert entretenait en lui une aspiration profonde à libérer son pays du joug du colonialisme et rejetait toute dictature.
Le Professeur Zafy, avec d’autres leaders politiques tels Andriamanjato Richard, le Général Rakotoarison dit « Voaibe », conduisit les mouvements de contestation populaires de 1990-1991. Après six mois de grève générale qui paralysa entièrement la machine administrative, l’Amiral rouge Ratsiraka dut se rendre à l’évidence et lâcha le pouvoir. La « Convention du 31 octobre 1991 » à l’Hôtel Panorama, organisa la mise en place d’une Transition démocratique que le Pr Zafy Albert allait diriger. Le référendum du 18 septembre 1992 mit en place la Troisième République. Elu à la plus haute magistrature de l’Etat, Zafy Albert devient le premier Président de la 3ème République le 27 mars 1993. Un mandat qu’il n’avait pas pu achever jusqu’au bout.
Durant son court mandat, le Professeur fit preuve de respect de l’Etat de droit et porta haut le flambeau de la démocratie. Il ne broncha pas face aux critiques parfois virulentes de ses détracteurs. Il priorisa particulièrement les contacts directs avec la population. En authentique démocrate, le Président Zafy parcourut, à travers son « Mada raid », le pays entier et écouta son peuple. Mais certains domaines échappèrent à la vigilance du Prof. Il quitta le pouvoir après le vote de déchéance à l’Assemblée nationale que même son propre parti UNDD adopta. Le Professeur agrégé de médecine, Zafy Albert, se plia au verdict et abandonna son fauteuil présidentiel. N’y a-t-il pas d’autres options que de déchoir un Chef de l’Etat démocratiquement élu au suffrage universel direct ? L’Histoire retient de lui, un Président élu qui respecte la sentence de la majorité. Unanimement, la classe politique et l’opinion lui attribuèrent l’honorable titre de « Père de la démocratie ».
Le cas Zafy Albert ouvre le débat sur les limites de la démocratie. Zafy n’est-il pas victime de sa propre conviction ? L’UNDD détenait la majorité à l’Assemblée nationale. Une opportunité pour le Président de la République de défendre la cause de son régime. Mais les députés UNDD, majoritaires, se croyaient tout permis même à l’encontre de leur chef. C’est bête ou anachronique de se faire renverser par sa propre majorité ! Le mauvais usage de la démocratie met en péril l’avenir du pays.
Une stèle qu’on va inaugurer ce jour est dédiée en l’hommage du Père de la démocratie à Ambohijatovo. Le 17 janvier 2009, le maire de la Capitale, un certain Rajoelina Andry baptisa ce lieu « Place de la démocratie ». Mais, tenant les rênes de la Transition, deux mois après, Rajoelina n’a jamais autorisé les frondeurs issus du MAGRO à occuper ce lieu mythique. Toute manifestation destructive est à bannir.
En phase de reconstruction, le pays ne peut pas autoriser à manifester sur la place publique sauf qu’en l’honneur de la démocratie constructive.
Ndrianaivo

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Editorial

  • Jeu interdit !
    A quoi joue-t-on là-haut ? Immaturité politique ou gaminerie mal assimilée ! En tout cas, quelque chose pas très catholique du moins déconcertant se produit dans les rangs des dirigeants du régime en place. Totalement inconscients de l’impact nocif de leurs actes, certains s’amusent à s’adonner à un certain jeu dangereux, guerre entre frères d’armes. Non seulement un jeu dangereux mais plutôt interdit. Des observateurs avisés redoutent l’éclatement.

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