Publié dans Editorial

Tontons makouts

Publié le mercredi, 01 décembre 2021

Le règne des Duval en Haïti des années 50-70 resurgit-il à Madagasikara une quarantaine d’années plus tard ! Les vingt ans de dictature du régime Duvalier, de papa Doc à Bébé Doc, de 1957 à 1977, soutenu jusqu’au bout par des puissances étrangères de la région dont les Etats-Unis faisaient subir aux haïtiens les pires tourmentes en cause les frasques des tristes célèbres « tontons makouts ». En effet, le régime Duvalier pour asseoir le pouvoir laissait libre ses sbires à faire régner la terreur aux populations. Des brutalités, des assassinats qui défient le sens moral et laissant les autorités légales sur toute l’étendue du territoire haïtien à côté de la plaque.
A Madagasikara, les agissements de certains parlementaires sinon de leurs assistants provoquent l’indignation de l’opinion. Ils se conduisent en vrais « tontons makouts ». Des parlementaires, souvent de Tsimbazaza,  qui se croient totalement au-dessus de la loi sèment la terreur voire l’arrogance auprès de la population. Dans le Sud, des parlementaires font parler d’eux-mêmes. Et le drame, ils se seraient mêlés dans des affaires douteuses, entre autre les trafics illicites d’espèces protégées en faune et flore. Ces indélicats élus ne cachent pas leurs affinités avec les dahalo de la région. De ce fait, ils entrent parfois en collision avec les Forces de l’ordre. On se rappelle de ces  prises de bec entre le patron de la Gendarmerie nationale et cet élu de la partie Sud de la Grande île. Une vive altercation qui illustre les tensions qui existent entre les Forces de l’ordre et de sécurité et certains élus ou leurs collaborateurs. Dans certaines localités, des parlementaires ne se privent pas d’afficher des conduites totalement contraires à l’éthique d’élu du peuple au sein du Parlement. On se souvient d’un élu du Nord-ouest qui avait osé abuser d’une mineure dans sa propre circonscription. L’affaire a failli être étouffée mais des concitoyens courageux s’étaient levés et avaient osé porter le « crime » devant les autorités compétentes.
Mais le comble dans tout cela, des assistants parlementaires se comportent aussi de façon ignoble envers la population. Eux également, ils se croient tout permis ! A Antsohihy, un assistant parlementaire d’un député de la place a osé s’en prendre en public à l’appareil photo d’un journaliste. Un geste suivi des propos éhontés. Tout récemment, un autre assistant parlementaire d’un député d’une autre localité (Ihosy), sans peur ni reproche, se permet de lever la main contre un invité de marque lors d’une cérémonie. Il a giflé le directeur régional de la Police nationale de la Région d’Ihorombe. Mais quel toupet ! En somme, ce sont de vrais « tontons makouts » qui défient l’ère duvalierienne.
Mais pourquoi ces gestes indélicats et scandaleux de ces élus et leurs proches collaborateurs ? La réponse la plus probable réside du fait de l’immunité parlementaire qu’ils jouissent. Une fausse interprétation d’un droit acquis qui fait honte à l’honorable Institution qu’ils représentent.
 Ndrianaivo

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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