Publié dans Editorial

Reboiser autrement !

Publié le mercredi, 18 décembre 2024

La campagne nationale de reboisement de 2025 débute. Un peu en avant du calendrier habituel, le lancement officiel a eu lieu à Andekaleka le lundi 16 décembre en présence du Président de la République Rajoelina Andry Nirina. En effet, le Chef de l’Etat conduisant une forte délégation présidait la cérémonie du coup d’envoi officiel. Une cohorte de personnalités civiles et militaires participait à cet acte citoyen de portée nationale pour l’avenir des générations à venir. 

Le choix du site, Andekaleka, revêt une importance cruciale. Il ne résulte point d’une circonstance fortuite. Dans la précédente édition, en lieu et place dans cette colonne, l’occasion nous a été offerte d’évoquer le pourquoi du site d’Andekaleka. 

 

Juste un bref rappel. La localité d’Andekaleka, Commune rurale de Lohariandava, District de Brickaville, Région Atsinanana, fut un bled inconnu et paisible jusqu’au moment où le projet de la construction d’un grand barrage sur la rivière Vohitra financé par les Canadiens (SCANCA) à hauteur de 40 millions de dollars au début des années 80 sous le régime socialiste du feu Amiral Didier Ratsiraka apparut. Une grande fierté de la République Démocratique de Madagasikara (RDM) du fait que ce fut, à l’époque, un des plus grands financements en Afrique. La construction de la centrale hydroélectrique fut confiée aux ingénieurs canadiens en tandem avec les ingénieurs malagasy de la JIRAMA. Les ressources obtenues serviront à alimenter le Réseau interconnecté d’Antananarivo (RIA) jusqu’à Antsirabe et le réseau Ouest. En vingt ans, la Capitale et les régions concernées furent servies à … satiété d’électricité. Mais, à partir des années 2000, victime de vieillesse et de faiblesse d’étiage qui s’aggrave d’année en année, le barrage n’arrive plus à fonctionner plein régime. D’où, l’apparition des délestages et autres ennuis. Présentement, en raison du retard « flagrant » de la tombée de la pluie, le flux de la rivière Vohitra se dessèche inexorablement,  les techniciens de la JIRAMA annoncent le retour inévitable des délestages. Et bonjour la galère !

Le choix d’Andekaleka coule de source. La solution durable pour le site du barrage consiste à le re-couvrir de forêt. Le besoin de reboiser la Grande île s’inscrit dans une priorité vitale.

Et si on repense à nos actes de reboisement effectués jusqu’à l’heure. D’entrée, il faudrait nécessairement envisager de « reboiser autrement » ! Abstraction faite de ressasser les données statistiques ahurissantes sinon alarmantes voire alarmistes, la couverture forestière du pays se dégarnit au fil des années. Une réalité vécue et constatée ! Alors que chaque année, on effectue des reboisements et ce en grandes pompes !

Le jeune patron du ministère de l’Environnement, Max Andonirina Fontaine de rappeler que « le reboisement n’est pas une simple activité de tourisme ni une excursion ni une banale  randonnée ». Il faut s’assurer que les jeunes  plants poussent réellement. C’est un acte citoyen de grande envergure. Que chaque département veille durant toute l’année que le reboisement effectué a porté son fruit. Que les arbres poussent. Les prises de photos traditionnelles doivent être réservées aux jeunes arbres qui poussent ! Si tel est le cas, il n’y aura pas de gaspillage de l’argent du peuple. Et la forêt re-couvrira les sols nus du pays.

Il est grand temps que l’on revisite nos approches. Une nouvelle approche s’impose ! 

 

Ndrianaivo

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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