La grande faucille de la Refondation continue de faucher sans … pitié ! Elle n’a pas fait de détail sur un des domaines clé de l’Etat. La diplomatie, la dernière victime en date, vient de faire les frais d’une relation extérieure tous azimuts.
La fauche du Conseil des ministres du mercredi dernier frappe quatre chefs de mission d’Ambassades qui ne sont pas des moindres Dr Louis Robinson en République Populaire de Chine, Johary Rajobson au Maroc, Dr Alain Tehindrazanarivelo auprès de l’ONU, de l’Autriche et de la Suisse et Yvette Sylla auprès de l’UNESCO à Paris. Bien avant, d’autres représentations diplomatiques n’ont été épargnées à l’exemple de Paris, du Japon, de l’île Maurice. Et la faucille ne s’arrêtera pas tant que des « restes » du régime précédent tapissent quelque part. Sans insister sur les limogeages sans fin touchant d’autres départements.
La diplomatie, un domaine délicat de la République, doit capter notre attention. La diplomatie gère les relations étrangères d’un pays. La diplomatie englobe la stratégie générale de la politique extérieure du pays. Le locataire d’Iavoloha, le colonel Michaël Randrianirina, en sa qualité de Chef de l’Etat annonçait clairement la donne en matière de diplomatie en ce sens que Madagasikara appliquera le principe de « tous azimuts ». Aucune préférence particulière dans nos relations avec tous les Etats membres de l’ONU. Une politique étrangère qui rappelle celle prônée par un certain Didier Ratsiraka annoncée dans le « Boky Mena » ! Mais, au cours de son long règne sans partage, l’Amiral Rouge n’a pas fidèlement tenu son pari. La République Démocratique de Madagasikara pêchait surtout par un rapprochement tacite vers l’Est, auprès des Républiques socialistes et démocratiques de Chine, de la Corée du Nord et de l’URSS. En réalité, il se trouve très difficile d’être à la fois et au même moment attaché à tout le monde ! Il va falloir maîtriser la gymnastique - acrobatique de grand écart pour mieux exécuter le numéro.
En fait, la diplomatie doit être un domaine de l’administration échappant à l’emprisonnement idéologique. Elle doit être là où il y a intérêt majeur de la Nation. La diplomatie a un intérêt à se trouver au-dessus de la mêlée … politique. Ailleurs, dans les grandes nations où la vertu de la démocratie s’impose comme loi inaltérable, la diplomatie est incolore, inodore ! Les locataires des Palais présidentiels peuvent changer, par le respect de la loi d’alternance, mais la ligne directrice de la diplomatie reste inchangée. Démocrate ou Républicain à la Maison Blanche, les Etats-Unis d’Amérique gardent la même constante sur leurs relations extérieures à quelques exceptions près ! Même schéma pour les pays de l’Union européenne, on adopte une ligne générale valable à tous les régimes en place. Dans ces pays dignes des Etats stables et souverains, on ne change pas les chefs de mission diplomatique à tous les tournants du pouvoir !
Une diplomatie – pirouette ne servira à rien sur les intérêts supérieurs d’un pays. La maturité, la stabilité et notamment la continuité guident le système de gouvernance. Il suffit de transmettre les nouvelles consignes, les nouvelles donnes à toutes les représentations diplomatiques. Le plus important consiste à ce qu’on parvient à dynamiser davantage la diplomatie.
Refondation ne signifie pas couper des têtes mais plutôt les mieux encadrer.








