Publié dans Editorial

Impunité parlementaire ?

Publié le mercredi, 04 décembre 2019

Les députés ont adopté, en séance plénière, une résolution pour la libération de leurs pairs Hasimpirenena Rasolomampionona, élu à Fandriana et Raveloson Ludovic élu à Mahabo, incarcérés pour des affaires qui les concernent personnellement. Suite à la recommandation de la Commission permanente chargée de l'examen des demandes de suspension de la détention, des mesures privatives et restrictives de liberté ou de la poursuite d'un député présidée par Rakotomalala Lucien, député élu à Morombe, les députés ont pris la résolution de libérer les deux élus. Le Bureau permanent est chargé de le transmettre à qui de droit. A charge pour le Gouvernement et la Justice de prendre leurs dispositions. Evidemment, le comportement pour le moins corporatiste crée des vagues.

 

En effet, des questionnements fusent en particulier de la part des observateurs avertis de la vie nationale. Pas plus tard que le 14 novembre dernier, de notre côté, à travers nos colonnes « Corporatisme et impunité » nous avions déjà tiré la sonnette d'alarme, sur le risque d'un Corporatisme déplacé érigeant en système l'Impunité.

Rappel des faits. Hasimpirenena Rasolomampionona, inspecteur des Domaines de son état,  directeur général des Services fonciers, à l'époque des faits, est accusé de complicité de vente de la Villa Elisabeth, à Ivandry, avec un membre du Gouvernement de la Transition. Une affaire qui défrayait la chronique en son temps ! De ce fait, il a été placé en détention préventive. Les faits se sont produits bien avant le début même de la campagne électorale des Législatives. Etant entendu que l'affaire ne se trouvait qu'au stade des procédures d'accusation avant jugement, le dossier de candidature de l'accusé pour les Législatives, en vertu du principe de la présomption d'innocence, a été maintenue. La demande de liberté provisoire déposée par son avocat reste sans réponse. Au final, Hasimpirenena a remporté le scrutin à Fandriana.

Pour sa part, Raveloson Ludovic, ancien député de Mahabo, a été reconnu coupable entre autres de la destruction de la forêt d'une aire protégée d'Antanimena Menabe, de complicité de meurtre et de détention illégale d'armes. L'affaire a fait des vagues aussi. Il a été condamné à 5 ans d'emprisonnement ferme. Les faits reprochés se sont déroulés bien avant les échéances électorales des Législatives. En tout cas, son dossier de candidature maintenu, Ludovic gagna pour la seconde fois l'élection du député à Mahabo.

Le président de la Commission chargée d'étudier les cas de ces deux élus, à problèmes, n'est pas allé sur le dos de la cuillère pour clamer qu'il s'agit ici d'  « acharnement politique » ! Il demande leur libération pure et simple ! A souligner que Lucien fut élu député à Morombe sous la couleur Orange au même titre que les deux (Hasimpirenena et Ludovic) élus impliqués et coincés dans la tourmente de la Justice. Ceci expliquerait-il cela ?

Il importe au régime IEM, qui prône la tolérance zéro à la corruption et qui combat fermement contre l'impunité, de prêter fondamentalement attention aux décisions à arrêter. Les tenants du pouvoir marchent sur des œufs, la moindre erreur risque de coûter cher. Il faut respecter strictement le principe sacro-saint de la séparation des pouvoirs. A l'allure où va cette « affaire », le pays risque de courir tout droit vers l'impunité parlementaire. Un très mauvais exemple pour d'autres.

Ndrianaivo

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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