Jusqu'en 1979, la capitale malgache attirait des orchestres talentueux qui égayaient les soirées dansantes et autres événements festifs. Du côté des instruments, ces musiciens étaient dotés de guitares électriques, de basses et de batteries. Parfois, l'ajout de saxophones et de trompettes apportait une dimension supplémentaire à leur performance. Cependant, pour donner du corps à leurs petites formations, ils se contentaient souvent d'un orgue électrique professionnel de jazz. Ce dernier, bien qu'intransportable en raison de son poids de près de 80 kilos, produisait une sonorité agréable, mais qui, au fil du temps, a uniformisé le son des orchestres à Madagascar. Parmi les modèles en vogue à l'époque, l'orgue de jazz Yamaha YC 30, équipé d'une cabine Leslie pour un effet vibrato, s'est imposé tant en studio que sur scène. Les disques de variétés malgaches des années 70 étaient empreints de ce son légendaire, une véritable alternative au piano acoustique.
A partir de 1980, l'émergence des synthétiseurs a profondément transformé le paysage musical d’Anananarivo. Les orchestres les plus prisés, tels que les Rafales 2000, Ny Oro, et Lill's Music, se livraient à de âpres compétitions pour acquérir le matériel dernier cri, afin d'animer les soirées sélectes de la ville. En plus du piano électrique Fender Rhodes, des grands synthétiseurs analogiques polyphoniques tels que la Solina Behringer ou l'Arturia faisaient leur apparition, offrant des sonorités de violon typiques des orchestres symphoniques. Au fil des années 80, d'autres synthétiseurs analogiques monophoniques comme le Korg MS 10 et MS 20 ont été progressivement remplacés par des modèles plus performants de la marque Roland, tels que le Juno 60, le Juno 106, et le Jupiter 6. Bema, un musicien de studio et de variété, se faisait un nom en tant que spécialiste de ces instruments.
L'année 1986 a marqué l'entrée fracassante du Yamaha DX7, un synthétiseur polyphonique numérique basé sur la modulation de fréquence, sur les scènes de la capitale, notamment grâce aux Rafales 2000. Bien que le DX 7 ait été prisé pour ses sonorités de piano électrique, utilisées par des artistes internationaux tels que Whitney Houston, ainsi que pour ses imitations d'orgue Hammond B3, son potentiel restait limité par rapport à ses concurrents comme le Roland JX 8P ou le Roland D50, apparu en 1988, enfin le Korg M1.
Parallèlement à cela, les musiciens d'orchestre locaux se perfectionnaient, tant sur le plan technique que musical. L'intérêt grandissant pour le jazz, notamment la fusion et le jazz-rock, marquait cette période. Ny Oro et les Rafales 2000 émergeaient comme les deux plus grands orchestres des années 80 à Antananarivo, comptant parmi leurs rangs les meilleurs instrumentistes de la ville. Les Rafales 2000 étaient particulièrement sollicités pour les soirées dansantes, consolidant leur réputation. Lila Rabary, journaliste et musicien ayant côtoyé cette formation, se remémore : « A la batterie, nous avions Son, au clavier Vévé, et John à la basse, également membre du groupe Redona. Mais feu Alain Razafinohatra, pilier du groupe, jouait du clavier et du saxophone ».
D'autres artistes comme Ny Andry Zazamarolahy évoquent également le talent des Rafales : « Eva était la choriste, tandis que Gérard, éternellement jeune, était à la guitare. Haja Andrianary (flûte traversière et basse) a également fait ses armes auprès des Rafales ». Concernant Ny Oro, des musiciens de haut niveau tels que Solo Andrianasolo, Rolly, et Harly Rajaobelina ont été des figures marquantes de la scène musicale, propulsant l'orchestre vers le succès avec des tubes comme « Kiakin'ny manina" » du bassiste Rolly et « Isaky » de Solo Andria en 1981.
Au cours de cette période, Ny Oro a également accompagné Mamy Ralaivita dans son titre « Tanalahy », qui a remporté le prix Découverte RFI en 1982. Parmi les autres formations emblématiques, Lill's Music, avec Tiana au chant, Bema aux synthés, et des frères Elysé et Lalah à la batterie et au saxophone, ont également marqué les esprits, tout comme les Stars de Datita Rabeson et les Cadences Bleues de Samy Rakoarimalala, et enfin Ny Antsiva de Samy Andriamanoro.
Ces musiciens d'exception se produisaient à la fois lors de concerts de jazz et dans des orchestres pour les soirées exclusives du « jet set tananarivien », notamment au Hilton d’Anosy, au Cercle Franco-Malagasy sis à Anosy ou au SOLIMOTEL, situé à Ampefiloha. Ils accompagnaient également des stars locales comme Nônô, Kelly Rajerison, Henri Ratsimbazafy. Ces instrumentistes ont été aussi appelés par les Surfs, Serge et Nivo Rahoerason pour les accompagner lors de leur passage à Antananarivo en 1981. A partir de 1989, beaucoup de ces instrumentistes ont choisi de poursuivre leur carrière à l'étranger, en particulier en France et à La Réunion.
D'autres orchestres tels que « Traits-d'union », « Tsikadraha », Papa James, les « Bérets noirs », le DAAP CAPSAT et la Police nationale ont également marqué les soirées des vendredis et samedis de la décennie 80 dans la ville des mille, contribuant ainsi à l'effervescence musicale de cette période inoubliable.
L’ancienne icône du tennis malgache livre un diagnostic sans concession sur l’état actuel de la discipline dans la Grande île. Elle détaille les exigences immenses du haut niveau mondial tout en analysant les trajectoires de réussite des joueuses de la diaspora. Désormais engagée auprès de la fédération, elle expose les solutions stratégiques pour réveiller un tennis national.
La Vérité (+) : Devenir joueur pro en tennis n’est pas facile?
Dally R. (=) : Non, le haut niveau n'est facile dans aucun domaine. Il faut une combinaison de plusieurs facteurs pour réussir. Pour ne citer que quelques-uns : l'amour ; la passion même je dirai, sans cela les entraînements intensifs seraient insurmontables ; les formateurs car sans cela c'est l'égarement garanti ; les moyens financiers, il faut se démarquer pour attirer les dénicheurs de talents et sponsors prêts à investir ; et des qualités personnelles de talent, physique, mental et intellectuel car haut niveau veut dire intégrer les 500 meilleurs joueurs au monde quand on sait qu'il y a des millions de joueurs.
(+) : Après vous, c'est le vide total pour les Malgaches dans la catégorie professionnelle ?
(=) : Pour les Malgaches de nationalité malgache, qui jouent pour notre pays, oui, nous avons du travail pour sortir des joueurs pros du top 500.
(+) : Les gains obtenus dans les tournois pros surviennent aux dépenses sportives et familiales?
(=) : Pour un seul individu, il est possible de vivre du tennis en étant dans le top 300 et en faisant des circuits parallèles de certains pays en plus des matchs par équipes. Même au- delà de 300 si on se débrouille bien, mais pour faire des économies pérennes, il faut intégrer le top 200.
(+) : Expliquez la réussite de Sarah Rakotomanga, Tessah Andrianjafitrimo, Irina Ramialison…des Françaises d’origine malgache dans la discipline.
(=) : Tessah a été formée par son père qui a été élu meilleur entraîneur de France, il fut un temps.
Ils disposaient des fonds propres et un coup de pouce de la fédération française, qui est puissante, il en va de même pour Irina.
Pour Sarah, au- delà de toutes ses qualités personnelles, le mérite revient aussi à son coach qui l'a prise en charge sur les plans tennistique et financier, jusqu'à son éclosion.
(+) : Dans un passé pas lointain avec Zarah et d’autres, Madagascar flirtait avec l’élite continental, ce n’est plus le cas maintenant pourquoi?
(=) : J'ai un peu perdu de vue le tennis local pendant un long moment. Le directeur technique national en place durant une décennie, Dina Razafimahatratra, l'expliquerait mieux que moi.
(+) : Le tennis de la Grande île est dans une profonde léthargie, mourante ou en vie?
(=) : Elle est très vivante chez les U 12, il y a une pépinière, reste à proposer un plan pour la faire émerger, on s'y attable pour notre mandat de 4 ans à la fédération.
(+) : Quelles sont les solutions pour qu’il retrouve sa notoriété ?
(=) : Par la Direction technique nationale, un programme d'émulation et de redynamisation à travers les regroupements, la démultiplication de tournois ainsi que des échanges entre formateurs de la diaspora et ceux locaux sera mis en place.
(+) : Le padel à Madagascar pourrait- il détrôner un jour le tennis?
(=) : Le padel est très bien pris en main avec le MPPT Tour, les mécènes et des communicants de premier ordre. Nos meilleurs éléments sont partis au Padel, parce qu'on a laissé dépérir le tennis. Raison pour laquelle Hary Andriantefihasina nouveau pdt de la FMT, avec toute notre équipe, avons décidé de nous retrousser les manches pour faire revivre la discipline au niveau national.