Publié dans Politique

Filière vanille - Les collecteurs dictent le marché

Publié le mercredi, 19 mai 2021


Bras de fer en début de campagne. L’instauration du prix de référence de la vanille fait une des stratégies adoptées par l’Etat afin d’apporter une certaine stabilité au marché. Pourtant ce prix de référence provoque, chaque année, des discordes entre tous les acteurs de la chaîne de valeur. A commencer par le difficile consensus entre les producteurs et les collecteurs à chaque début de campagne comme présentement dans la zone littorale de la Région Diana dont la campagne de récolte commence aujourd’hui même.
« Les collecteurs nous proposent des prix dérisoires qui sont beaucoup trop loin de ce qui a été annoncé par les autorités, il y a quelques mois à l’ouverture de la campagne. Face à cette situation, les plus démunis d’entre nous sont bien obligés de vendre à ce prix imposé par les collecteurs dans la logique de la loi du marché », déplore Lydia Rasoalalaina, productrice et membre d’une petite coopérative de producteurs dans le nord du pays.
La plupart de ces petits producteurs sont contraints de céder le kilo de la vanille verte à un prix bien en deçà de la moitié du référant annoncé par les autorités centrales. D’ailleurs, la majorité de ces collecteurs ont acheté la vanille verte à seulement 25.000 ariary le kilo lors de la campagne de l’année dernière. De leur côté, des producteurs confirment les propos de la productrice en suggérant des prix du kilo de la vanille verte à 30.000 ariary si les autorités préconisent 75.000 pour cette denrée.
Contrôle
La fragilité de la filière réside surtout dans l’instabilité des prix qui représente pourtant sa force aussi. Le Conseil National de la Vanille (CNV) ambitionne ainsi de pérenniser la filière de la vanille en mettant en place un meilleur dialogue et une meilleure synergie des forces de toutes les parties prenantes. Notamment en renforçant le contrôle des prix au niveau des marchés en ces débuts de campagne.
Pour cela, une initiative visant à instaurer l’octroi de carte digitalisée pour les producteurs est mise en place selon les autorités ministérielles. Cette carte individuelle, propre à chaque planteur de vanille, permettra de suivre la quantité, la qualité et le statut du producteur. « L’initiative est louable, pourtant jusqu’à présent, seuls les membres de la fédération Sahanala Vanille ont ces cartes en leur possession à notre connaissance », explique Lydia Rasoalalaina. Le Conseil National aura ainsi la lourde tâche de trouver un consensus de prix et de condition de vente raisonnable tant pour les producteurs que pour les collecteurs.
A rappeler que la vanille reste le produit phare de Madagascar. Sur le plan économique, ce produit d’exportation maintient encore sa place sur le marché avec mille deux cent trente tonnes exportées durant la campagne précédente mais que les phénomènes d’instabilité qui reviennent chaque année se situent toujours au niveau de ces prix minima fixés sur papier et rarement respectés dans la réalité et dans les campagnes.
 Hary Rakoto

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  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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