Publié dans Société

Suicide chez les jeunes - Les raisons économiques amplifient le phénomène

Publié le jeudi, 13 avril 2023

 

Le nombre de cas de suicides chez nos jeunes commence à devenir inquiétant. Actuellement, le contexte socio-économique et la cherté de la vie s'ajoutent aux causes du désespoir menant vers le suicide des adolescents à Madagascar.

Les jeunes, âgés de 18 à 23 ans, prennent de plus en plus conscience très tôt de la situation financière de leurs parents et familles. Par conséquent, ils en arrivent à la conclusion de ne jamais pouvoir s'en sortir et décident d'en finir avec leur vie. Les jeunes sont enclins à la dépression et sont plus fragiles que les adultes. Cette dépression, issue des besoins matériels  non assouvis, est de plus en plus palpable et vient s'ajouter à la déception amoureuse.

La mise en avant du « paraître » marque la génération actuelle. En voyant tout le temps les richesses exposées sur Internet et les réseaux sociaux ou celles arborées par des amis, l'envie de ressembler aux autres est encore très fort pour les jeunes en quête d'identité. Faute de moyens et d'un champ d'action limité à cause de la pauvreté dans laquelle ils se trouvent, les jeunes ne voient que le suicide comme porte de sortie.

Selon l'Observatoire de la jeunesse (OJ), « à notre connaissance, 15 jeunes ont déjà mis fin à leur jour. Néanmoins, de nombreux messages envoyés par des jeunes nous arrivent continuellement. Ils y exposent leurs problèmes financiers et amoureux, leur mal-être et évoquent souvent le recours au suicide ».

Problèmes affectifs, combinés au confort matériel, les jeunes perdent facilement leur raison d'être. Ils n'ont plus rien à attendre de la vie et leur désespoir pourrait conduire à l'ultime acte. Quatre Régions, notamment Analanjirofo, Analamanga, Vakinankaratra, Amoron'i Mania sont les plus touchées par l'augmentation du nombre de cas de suicide chez les jeunes.

Face à ce drame, l'OJ lance un appel pour la remise en fonction des centres d'écoute réservés aux jeunes. « De notre côté, nous ferons tout notre possible pour être à l'écoute des jeunes face à leur désespoir. Mais nous avons besoin de l'aide venant de l'Etat pour bien réaliser notre mission. Nous ne pouvons pas prendre en main tous les cas de tentative de suicide chez les jeunes. En outre, il faut que le ministère de tutelle multiplie les campagnes de sensibilisation sur l'utilisation des réseaux sociaux à des fins bénéfiques ».

Plusieurs moyens sont aussi avancés pour limiter le nombre de suicides. D'abord, il faudra restreindre l'accès aux méthodes les plus souvent utilisées pour mettre fin à ses jours, entre autres l'absorption de pesticides ou certains médicaments. Ensuite, favoriser l'interaction avec les médias, en multipliant les reportages et articles qui évoquent le terme « suicide ». Puis, avantager les compétences de vie socio-émotionnelle chez les adolescents. En dernier lieu, et non des moindres, identifier les signes avant-coureurs, évaluer, gérer et suivre rapidement toute personne touchée par des comportements suicidaires, tels que le repli sur soi, le mutisme et autres changements de vie soudains.

 

Nikki Razaf

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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