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Après avoir reçu les 30.000 doses pour Madagascar, la vaccination ciblée contre le Mpox a commencé le 5 mars dernier, notamment dans les Districts sanitaires où le virus circule. Le directeur du Programme élargi de vaccination (DPEV) auprès du ministère de la Santé publique, Dr Paubert Tsivahiny, apporte des éclaircissements sur les groupes cibles, les précautions et la conservation du vaccin Imvanex.

La Vérité Hebdo (+) : Pourquoi la vaccination est-elle considérée comme un outil important pour maîtriser l’épidémie de Mpox ?

DPEV (=) : La vaccination joue un rôle essentiel dans la prévention de la maladie et dans la maîtrise de l’épidémie de Mpox. Elle peut être administrée avant l’exposition au virus pour protéger les personnes à risque, mais aussi après un contact avec un cas confirmé. Cette stratégie permet de réduire les risques d’infection et d’interrompre la chaîne de transmission du virus. Bref, la vaccination contribue à limiter la propagation de la maladie au sein de la population.

(+) : Qui sont les groupes cibles de cette vaccination ?

(=) : La vaccination cible principalement les groupes les plus exposés au risque d’infection. Il s’agit notamment de 8.239 agents de santé en première ligne, 514 personnes ayant eu un contact récent avec un cas confirmé, ainsi que de 11.305 travailleurs du sexe. 14.387 personnes vivant avec le VIH/Sida et 8.976 transporteurs figurent également parmi les groupes prioritaires. Au total, environ 43.421 personnes sont ciblées dans 53 Districts, mais ces chiffres peuvent évoluer en fonction de la dynamique de l’épidémie.

(+) : Quels sont les effets secondaires ou les contre-indications de ce vaccin ?

(=) : Jusqu’à présent, aucun effet secondaire majeur n’a été observé avec ce vaccin, y compris dans les autres pays où il est utilisé. Les réactions signalées sont généralement légères et se limitent le plus souvent à une petite douleur au point d’injection. Ces effets disparaissent généralement en peu de temps. Le vaccin est donc considéré comme sûr et bien toléré.

(+) : Existe-t-il des précautions spécifiques pour les personnes qui souhaitent se faire vacciner ?

(=) : Certaines précautions doivent être prises pour des groupes spécifiques, notamment les enfants âgés de moins de douze ans et les femmes enceintes. Dans ces cas, la vaccination doit se faire uniquement après un avis médical. Par ailleurs, la vaccination peut être reportée chez les personnes souffrant de maladies graves non stabilisées. L’objectif étant de garantir que la vaccination se fasse dans les meilleures conditions de sécurité.

(+) : Comment garantissez-vous la bonne conservation du vaccin ?

(=) : La conservation du vaccin respecte des normes strictes tout au long de la chaîne du froid. Au niveau central, les vaccins sont stockés à une température comprise entre -15 °C et -25 °C, tandis que dans les centres de vaccination, ils sont conservés entre +2 °C et +8 °C. Environ 98 % des réfrigérateurs utilisés dans le programme fonctionnent à l’énergie solaire. De plus, les personnels de santé ont reçu une formation spécifique pour assurer une gestion correcte et sécurisée des vaccins.

Propos recueillis par Andry Niaina

 

Pour ceux qui ont grandi dans le quartier d'Antohomadinika durant les années 80, le nom de Désiré Ramelison, alias Ngovitra, évoque des souvenirs puissants et contrastés. A l'évocation de ce nom, certains ressentent une montée d'émotions, presque palpables, tant il a marqué les esprits et suscité des légendes. Rétrospectives et témoignages.  

 

A l’approche de la soixantaine, Ngovitra était bien plus qu’un homme influent car il exerçait une grande influence tant spirituelle que politique. Cette dualité en faisait un personnage fascinant, imprégné d’un mysticisme qui continue de captiver les esprits.

 

Une figure redoutée

 

« Rien qu'à entendre son nom faisait frissonner plusieurs habitants d'Antohomadinika. Je n'ai jamais eu l'occasion de croiser notre ancien voisin en chair et en os. 

Et d'ailleurs, cela ne m'a jamais tenté par la peur qu'il inspirait », se souvient Bakoly, 64 ans, fonctionnaire à la retraite. Ce qui a fait monter M. Ramelison, qui n'est autre que le fils sur le créneau. Dans son commentaire sur un post d'un Facebooker, ce dernier dément totalement les légendes entourant Ngovitra, souvent associées à des récits horrifiques, tels que des enlèvements pour le vol d'organes, voire des histoires incroyables selon lesquelles son père aurait caché des centaures, ces créatures mi-hommes, mi-animaux, lâchées la nuit pour traquer des victimes dans le cadre des rituels supposément diaboliques.

Les témoignages d'autres habitants esquissent un portrait plus nuancé de cet homme hors normes. Certains le voient comme un mentor spirituel, un mystique dont les pouvoirs étaient au service d'une personnalité influente du pays. D'autres évoquent son rôle crucial au sein des dynamiques politiques du régime de l'époque. Ce mélange de respect et de fascination témoigne de l’impact profond de Ngovitra sur la communauté locale, avec un héritage qui continue de perdurer dans les mémoires.

 

Un mélomane passionné

 

Malgré la réputation douteuse de Ngovitra, il apparaît comme un homme d’une grande sensibilité artistique. Passionné par la musique, il s’est constitué un orchestre complet, engageant des musiciens talentueux pour jouer pour son propre plaisir. D'après toujours l'éditorialiste du quotidien « Madagascar Matin », l'orchestre 

de ladite « secte » de Ngovitra, s'appelait « Les roses noires ». C'était une mini-entreprise musicale qui recrutait ses éléments parmi la crème de la musique de la capitale, un peu à la façon des Rafales Music 2000, le must des orchestres tananariviens dans les années 80.

« Au moins une fois par semaine, il nous invitait chez lui pour que nous interprétions ses morceaux préférés. Il préparait déjà sa « playlist » ou commandait le titre souhaité selon son humeur », raconte Haja., bassiste ayant collaboré avec lui.

Les anecdotes sur Ngovitra proviennent souvent de musiciens qui l’ont côtoyé. « Je me souviens qu'il buvait du thé, servi par sa bonne », déclare Jocelin., un claviériste. De son côté, Dolin., saxophoniste maintenant établi à l'étranger, se souvient d’une mésaventure : « Un jour, mon saxophone était défectueux. Ngovitra l’a remplacé et en a acheté un nouveau le lendemain ». La richesse de Ngovitra était manifeste, à en croire ce témoin : « L’argent qu’il nous donnait était tout neuf. Avec sa flotte de bus, il aurait dû partager ce qu’il gagnait ».

Ce même musicien a pourtant sa propre vision de son ex-employeur. « Cet homme était un vrai snob, et à l'époque, il était très connu comme le visionnaire ou medium d'un Président. Notre interlocuteur a même relaté ce qu'il a vécu chez Ngovitra à l'époque : « Nous avons été bien accueillis. Je me suis dit que tout était très paisible là-bas, et je n'y voyais rien d'anormal ».

Un soir, j'ai eu toutefois peur, car il a dit : « N'ayez pas peur, il y aura un "Afon-dolo" dans le quartier d'un ancien roi d'Analamanga sis à Ambohimanga. Son âge m'a vraiment effrayé à l'époque, mais on peut dire qu'il était encore jeune ! Il avait peut-être 57 ans ».

 

Un homme d'affaires engagé

 

Ngovitra commandait également le respect en tant que leader du parti politique « Sakelimihoajoro », portant le curieux sigle Ss. Dans son éditorial, un hebdomadaire local datant de 2012 parlait d'une secte d'extrême droite. Plus tard, il fonda la branche politico-culturelle « Jahavanay », qui aspirait à promouvoir un retour aux valeurs ancestrales malgaches. On se rappelle encore des efforts du parti durant la première moitié des années 90 pour revitaliser l'usage de l'antique rite et langue malagasy.

Enfin, Ngovitra possédait une imposante flotte de bus, des Renault Super Goélette SG 2, reconnaissables à leurs petits drapeaux noirs fixés aux pare-chocs avant, et les initiaux Ss assurant des lignes entre Tanà et Mahitsy, ainsi qu'entre Tanà et Ivato jusque vers le début des années 90.

LA UNE HEBDO DU 210326

Publié le jeudi, 19 mars 2026

Laifara Yersin Connor, un jeune homme non-voyant, vient de marquer l’histoire de la faculté EGS – Economie, gestion, sociologie de l’université d’Antananarivo. Lundi dernier, il a soutenu avec succès son mémoire de Master 2 en économie, parcours Monnaie – banque – finance, sur un thème à la fois moderne et ambitieux : « Algotrading de cryptomonnaies via l’intelligence artificielle ». Ce dernier a obtenu la mention Très bien, une distinction méritée pour un étudiant au parcours exceptionnel. Derrière cette réussite se cache une histoire pleine de courage. Laifara a perdu la vue à l’âge de 13 ans, à la suite d’un incident médical qu’aucun médecin n’a su expliquer. Mais il n’a jamais baissé les bras. « Je me suis rendu compte que la vie continue, je ne devais pas la terminer en versant des larmes », raconte-t-il. Il apprend à lire et à écrire en braille, poursuit ses études et garde toujours sa place de premier de la classe. Au lycée, il obtient deux baccalauréats : d’abord un Bac série A2 avec mention Bien, puis un Bac série C l’année suivante. « J’ai toujours voulu prouver que le handicap ne veut pas dire incapacité », dit-il avec le sourire. 

 

Persévérance

Passionné de chiffres, Laifara a choisi l’économie pour donner vie à ses compétences en mathématiques. « Je voulais que les maths ne restent pas juste des théories compliquées. L’économie me permettait de les utiliser pour comprendre le monde réel », a-t-il annoncé. Ce dernier s’est ensuite tourné vers la finance, un domaine qu’il juge à la fois exigeant et stimulant. Selon lui, « J’aime les choses qui font réfléchir et qui me poussent à aller plus loin. La finance est un monde imprévisible, il faut toujours être prêt à analyser et à s’adapter ». Son mémoire en est la preuve. A travers le thème « Algotrading de cryptomonnaies via l’IA », il s’est intéressé à l’utilisation d’algorithmes et d’intelligence artificielle pour automatiser le trading sur les marchés financiers. « Quand on parle de finance, on pense souvent à la statistique ou à l’économétrie. Moi, je voulais apporter une autre vision : celle de la programmation et de l’algorithme. Celui qui maîtrise le code, maîtrise la machine », explique-t-il avec passion. Son parcours n’a pas été facile. Le manque de matériels adaptés pour les étudiants non-voyants à l’université d’Antananarivo reste un vrai problème. « Il n’y a pas de livres scientifiques en braille. Alors, j’empruntais les cahiers de mes camarades et je demandais à mes amis de me lire les textes. Ensuite, je les traduisais moi-même en braille », raconte-t-il calmement. Malgré ces difficultés, il garde le sourire et remercie sa faculté pour l’avoir toujours soutenu. Il espère que, dans l’avenir, les universités malgaches seront plus accessibles pour les étudiants handicapés. En effet, après cette réussite, Laifara ne compte pas s’arrêter là. Pour l’instant, il souhaite se lancer comme freelance dans le domaine de l’administration système Linux et du data science, afin d’économiser et de créer sa propre entreprise d’algotrading. « L’étude n’est pas seulement un moyen d’avoir un travail. Pour moi, c’est une seconde nature. J’aime apprendre et je continuerai toujours », a conclu Connor.

Carinah Mamilalaina

 

Boungnavanh Rafidimanana

Vingt ans au service des litchis malgaches

Installée à Madagascar depuis plus de vingt-cinq ans, Boungnavanh Rafidimanana, surnommée Titi, consacre sa vie à l’exportation de litchis. D’origine laotienne et mariée à un Malgache, cette dernière dirige Fruid’îles Export, basée à Toamasina. L’entreprise envoie chaque saison ce fruit emblématique de la côte est vers plusieurs pays. Chaque mois de novembre, la saison des litchis change complètement le rythme de l’entreprise. « L’équipe permanente compte une dizaine de personnes, mais pendant la récolte, plus de 1 000 personnes travaillent », explique l’entrepreneure. Cette période permet à de nombreuses familles de gagner un revenu. Récemment, le cyclone Gezani a frappé Toamasina. L’entreprise a subi des dommages matériels : toiture abîmée, clôture détruite, rideaux métalliques endommagés. Mais Titi reste concentrée sur l’essentiel. « Beaucoup de nos collaborateurs et leurs familles ont perdu leur toit. Les dégâts de l’entreprise restent secondaires », confie-t-elle. Elle insiste sur la solidarité nécessaire pour aider la ville à se relever et à reconstruire ses activités. Au-delà du commerce, elle soutient l’entrepreneuriat féminin. Titi fait partie des femmes mises à l’honneur par le Groupement des femmes entrepreneurs de Madagascar, avec une exposition visible à l’aéroport international d’Ivato. D’abord surprise par cette reconnaissance, elle y voit aujourd’hui une mission : encourager les femmes à croire en elles et à entreprendre. Pour Boungnavanh Rafidimanana, Madagascar est devenu un pays de cœur. Son parcours montre que le travail et la persévérance ouvrent des possibilités. « Si mon exemple peut inspirer d’autres femmes et montrer que tout est possible, alors cela aura un vrai sens », dit-elle avec conviction.

 

Naomy Rasolofonirina 

La vanille malgache sous les projecteurs internationaux

 

A Sambava, au cœur de la Région productrice de vanille à Madagascar, Naomy Rasolofonirina perpétue un héritage familial vieux de trois générations. Fondatrice et CEO de Pure Vanilla Madagascar, elle a transformé l’entreprise de ses parents, autrefois centrée sur le stockage et le conditionnement local, en une société tournée vers l’exportation internationale. Il y a plus de dix ans, Naomy décide de revenir dans sa Région natale pour reprendre l’entreprise familiale. Elle lui donne un nouveau souffle en la rebaptisant Pure Vanilla Madagascar et en se lançant dans l’exportation. Pour développer son réseau, elle entreprend plusieurs voyages, notamment aux Etats-Unis et dans plusieurs pays, afin de rencontrer des partenaires et trouver des clients. « Mes parents n’avaient jamais pu exporter cette épice malgache à cause de la langue et des défis du marché. J’ai voulu continuer leur travail et aller plus loin », explique-t-elle. Le parcours ne se révèle pas simple. Entre les cyclones qui frappent régulièrement la Région, les fluctuations du marché et le travail exigeant derrière chaque gousse de vanille, l’entrepreneure doit affronter de nombreux défis. « C’est un travail passionnant, mais chaque jour apporte son challenge », confie-t-elle. Issue d’une famille de producteurs, Naomy souligne toutefois que son engagement dans la filière dépasse largement la dimension commerciale. Cette dernière souhaite contribuer à une chaîne de valeur plus juste pour les producteurs, qui constituent la base de cette filière, tout en portant la vanille malgache sur la scène internationale. Son action se traduit également par un engagement social au sein des communautés rurales. L’entrepreneure soutient notamment l’éducation des enfants et s’intéresse particulièrement à la santé des femmes dans les zones productrices. « Pour moi, il ne s’agit pas de charité, mais de construire un système plus équitable où chacun peut vivre dignement de son travail », explique-t-elle. Aujourd’hui, Pure Vanilla Madagascar exporte ses produits vers plusieurs marchés internationaux et contribue à faire découvrir la qualité exceptionnelle de la vanille malgache à travers le monde. Comme elle aime le rappeler : « La vanille malgache n’est pas seulement une épice d’exception. Derrière chaque gousse, il y a des familles, des femmes et des enfants. Si la vanille de Madagascar est reconnue dans le monde, il est essentiel que les communautés qui la produisent puissent en vivre dignement ».

 

Rasolofoarisoa Lydia 

Les saveurs authentiques d’Amoron’i Mania en bouteille

 

Originaire de la Région d’Amoron’i Mania, dans le District d’Ambositra, Rasolofoarisoa Lydia transforme sa passion pour les fruits et légumes en une entreprise florissante. Fondatrice de Lydia Tsiro en 2013, elle se fait surtout connaître grâce à ses confitures artisanales, son vinaigre de cidre et son jus de raisin concentré. En 2015, elle rejoint le Groupement des femmes entrepreneurs de Madagascar (GFEM), qui l’accompagne dans le développement de son activité et la structuration de son équipe, dont la taille varie selon les saisons de récolte. « Ma mission, c’est de valoriser les produits locaux et le savoir-faire malgache », confie-t-elle. Aujourd’hui, Lydia Tsiro ne représente pas seulement une entreprise. Il s’agit également du symbole d’une ambition locale portée par une femme déterminée, qui inspire d’autres entrepreneures à cultiver leur passion et à faire rayonner Madagascar à travers ses saveurs authentiques.

 

 

Tantely Rakotomalala 

De la communication de crise au sommet régional de leaders

 

Le parcours de Tantely Rakotomalala débute tôt. A seulement 19 ans, fraîchement diplômée d’un Master, elle fait ses premiers pas dans le monde professionnel et découvre les coulisses des initiatives entrepreneuriales. Cette dernière comprend alors qu’entreprendre est une voie possible, une intuition qui deviendra rapidement une ambition. En 2011, elle se lance dans l’aventure professionnelle, et avec son mari Toky Rajaona, fonde l’agence de communication Becom en 2013. Suivent Masterlife Company en 2018 et Foodmark en 2021, en pleine crise pandémique. A la tête de ces entreprises, Tantely Rakotomalala déploie son talent dans l’événementiel et les campagnes de communication complexes. Elle organise des événements régionaux et internationaux et accompagne entreprises et institutions dans leurs projets. Pour elle, entreprendre n’est pas seulement un projet personnel. « Bien que j'ai été élevée dans la Capitale, il faut comprendre que mes villages d'origine sont dans de contrées profondes, loin de la richesse et de la modernité. Je pense que l'entrepreneuriat est le levier que je cherchais pour créer de la valeur, du développement et combattre plusieurs générations de précarité de notre lignée. Aujourd'hui, à travers mon métier, j'ai l'opportunité de soutenir des entreprises et des institutions dans leurs campagnes ; j'aspire à faire rayonner notre pays au-delà de ses propres frontières, à travers nos savoir-faire mais également nos produits de la terre dont nous pourrions être si fiers », a-t-elle expliqué.  En parallèle, Tantely est co-fondatrice du CEO Summit Indian Ocean, qui réunit plus de 600 leaders de la Région pour échanger et partager de nouvelles idées. La dirigeante milite également au sein du Groupement des femmes entrepreneures de Madagascar pour donner plus de place aux femmes dans les sphères de décision économique. Introvertie assumée, elle montre qu’un leadership efficace ne se mesure pas à la voix la plus forte. Pour elle, réussir signifie être constant, clair et oser avancer malgré les difficultés.

Par Carinah Mamilalaina

 

De nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer ce qu’elles considèrent comme une atteinte au Palais de la Reine, en raison d’une infrastructure récente. Cependant, il est facile d’oublier que les colonisateurs ont commis des actes encore plus graves sur l’emplacement de l’actuel stade Barea, également connu sous le nom de stade de Mahamasina. 

 

Il est erroné de condamner l’édification d’un colisée romain dans l’enceinte du palais de la Reine, simplement parce qu’il ne s’inscrit pas dans une tradition royale, et serait donc contre les valeurs de la royauté malgache. Pourtant, on peut se demander si les rois et reines successifs lors du XIXème siècle à Madagascar ont eu tort d’accepter la construction d’une église chrétienne dans l’enceinte même du palais de Manjakamiadana. Ce type de question se pose également à propos de l’actuel stade de Mahamasina. En effet, cette plaine, au cœur de la capitale, était véritablement un sanctuaire pour le royaume malgache. Radama 1er y utilisait la plaine de Mahamasina pour ses manœuvres militaires. C'est également le lieu où se trouve la « Vatomasina » ou pierre sacrée. Plusieurs couronnements ont eu lieu sur ce site (Radama II, Ranavalona II et III). D'ailleurs, Mahamasina, qui signifie littéralement « ce qui rend sacré », était un lieu public (« kianja ») où les discours des souverains merina étaient délivrés au XIXème siècle. C'est ici que le souverain venait se présenter au public. En 1862, en raison du nombre élevé d'invités et de l'importance de la cérémonie, Radama II a rompu la tradition et est devenu le seul souverain couronné à Mahamasina. Les deux dernières reines de Madagascar y ont également prononcé plusieurs discours, appelés « kabary ».

 

« Sous les gradins »

Cependant, en 1897, les colonisateurs français ont construit un premier stade de 3.000 places à cet emplacement. Tout au long de la période coloniale, jusqu’au début des années 30, Mahamasina a été le théâtre de courses de chevaux. Ceci est déploré par les traditionalistes malgaches et d'autres historiens de la royauté, qui constatent que les célébrations d’autrefois n’ont laissé derrière elles qu’une pierre sacrée, désormais dissimulée sous les gradins. Ainsi, il apparaît clairement que Mahamasina a perdu son caractère sacré et profondément royal durant la période coloniale, devenant d’abord un hippodrome, puis un stade municipal.

Et la suite est bien connue. Pour le pouvoir colonial, Mahamasina est devenu un symbole politique majeur car en 1958, le Général de Gaulle y annoncait la souveraineté malgache. En 1960, le Président de la République Tsiranana Philibert y proclamait l’indépendance de Madagascar. Depuis, ce lieu reste le site des défilés de la Fête nationale du 26 juin.

Tout cela démontre que la sacralité de cet endroit, considéré comme un sanctuaire royal de l’ancien Antananarivo, est aujourd’hui définitivement perdue. Et il serait peu probable que les descendants de la lignée royale contredisent ce constat.

Par FR

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Publié le lundi, 09 mars 2026

Antananarivo, Madagascar – 9 mars 2026

GetHumanCall accélère le développement de l’externalisation de la relation client à Madagascar

Implantée à Antananarivo depuis 2021, l’entreprise GetHumanCall confirme sa croissance et son positionnement parmi les acteurs dynamiques de l’externalisation (BPO) à Madagascar. Fondée par Jonathan Da Costa et Gérald Rambeloson, la structure déploie un modèle d’outsourcing combinant performance opérationnelle, qualité de service et création d’emplois qualifiés.

Une expertise aux standards internationaux

Positionnée auprès d’entreprises européennes et internationales, GetHumanCall s’appuie sur un modèle hybride garantissant flexibilité et scalabilité. Le pilotage de l'activité répond aux exigences de la norme ISO 18295, avec des résultats probants enregistrés en 2024 :

Volume d'activité : Plus de 2,5 millions de demandes clients traitées.

Indicateurs Qualité : Un score qualité de 95 % et un taux de présentéisme de 99 %.

Pilotage de la performance : Suivi rigoureux du CSAT, du FCR et respect strict des SLA pour une expérience client optimisée.

Une infrastructure dimensionnée pour la croissance

L’entreprise dispose désormais de plus de 300 positions opérationnelles actives. Cette capacité est soutenue par l’exploitation d’un nouveau site de 5 000 m² à Antananarivo, conçu pour offrir un environnement de travail structuré et accompagner l'expansion des activités de ses partenaires.

Un impact économique local

Au-delà de ses résultats opérationnels, GetHumanCall contribue activement au développement économique de la région et au positionnement de Madagascar comme destination compétitive pour l’outsourcing à l’échelle internationale.

À propos de GetHumanCall

Fondée en 2021 et basée à Antananarivo, GetHumanCall accompagne des entreprises internationales dans la gestion de leur service client multicanal grâce à des équipes dédiées et formées selon des standards internationaux.

 

LA UNE VERITE HEBDO 0008

Publié le jeudi, 05 mars 2026

De nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer ce qu’elles considèrent comme une atteinte au Palais de la Reine, en raison d’une infrastructure récente. Cependant, il est facile d’oublier que les colonisateurs ont commis des actes encore plus graves sur l’emplacement de l’actuel stade Barea, également connu sous le nom de stade de Mahamasina. 

 

Si la future destruction du colisée dans l’enceinte du Palais de la reine a suscité de nombreux débats ces derniers temps, il existe aussi des patrimoines à sauver de la destruction et de l’oubli.

Sous le vacarme incessant des klaxons et la fureur de vivre d’Antananarivo, des géants de l’histoire s’éteignent dans l’indifférence. Tandis que les projecteurs se tournent vers les grands monuments de la Haute-ville, d’autres trésors - tombeaux de grands officiers ou demeures de bois bicentenaires - s’effritent au coin d’une rue ou derrière des étals de marchands. Voyage au cœur de cette mémoire en sursis, là où l’histoire des grands hommes de Madagascar lutte contre l’érosion du temps et l’oubli des vivants. 

 

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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