Publié dans Editorial

Il fait chaud !

Publié le jeudi, 21 septembre 2023

« Il pleut dans la rue comme il pleut dans mon cœur ». Cette célèbre phrase, tirée du poème de Jean Jacques Rousseau (1762), nous inspire. Il fait chaud dans le pays comme il fait chaud dans l’arène politique.

En cette deuxième moitié du mois de septembre, la météo glisse tout doucement vers le chaud. La température monte de plusieurs crans. Le froid glacial de juin, juillet et d’août des Hautes terres centrales n’est qu’un mauvais souvenir. Les frileux retrouvent peu à peu leur joie de vivre. Mais attention, une autre adversité d’ordre climatique pointera son nez d’ici peu : la pluie ! Et soyons prêts à la recevoir. Le cauchemar des bas-quartiers sera de retour. Autorités et divers responsables doivent s’apprêter à « accueillir » les eaux. Le sinistre principe de travail, à savoir le « médecin après la mort », ne sera plus de mise ni toléré. Contrôle des canaux d’évacuation d’eaux usées et de pluie et renforcement des digues relèvent des actes à prioriser ! L’APIPA, l’autorité chargée de la Police, des contrôles contre les remblaiements, se doit de veiller au respect de la loi.

Sur le plan politique, la tension monte aussi de plusieurs crans. Le pays s’achemine dangereusement vers la surchauffe. Le doute semble planer. Le crucial scrutin de novembre aura-t-il réellement lieu ? Plutôt, on fait malicieusement planer le doute ! Des candidats, une dizaine, s’évertuent à fragiliser la certitude selon laquelle l’élection du 9 novembre se trouve dans … l’incertitude ! Ils persistent et signent l’inadmissibilité de la candidature de Rajoelina Andry Nirina, en cause, sa double nationalité. Ils véhiculent à tort, évidemment, le principe selon quoi un étranger, vazaha en l’occurrence, ne mérite pas le droit de présider la destinée des Malagasy en se référant à l’Art 46 de la Constitution de la Quatrième République. Quels que soient les arguments avancés par les proches du régime comme quoi la double nationalité n’est pas un délit justifiant le rejet d’une candidature. D’ailleurs, des milliers de Malagasy résidant en France ou ailleurs jouissent de ce droit sans qu’ils aient des problèmes particuliers vis-à-vis de la loi de leur pays hôte ou celle en vigueur dans la Grande île. Il se trouve qu’un autre candidat ayant une double nationalité figure sur la liste des prétendants et que personne n’y trouve aucun inconvénient. Ces postulants regroupés au sein du « Collectif des candidats » persistent et signent mordicus en rejetant la constitutionalité de la décision de la HCC en remettant le pouvoir aux mains du Gouvernement collégial après que le président du Sénat renonce à exercer l’intérim du Chef de l’Etat, suite à la démission du Président qui se porte candidat à l’élection de novembre. Les émissions « angaredona » initiées par les ténors de l’Opposition, des élus parlementaires notamment, mettent de l’huile sur le feu. L’objectif ultime, sinon final, consiste à reporter l’élection présidentielle de novembre. Le spectre de la déroute se précise à l’horizon. Et donc, on joue l’imbécile !

De leur côté, les tenants du régime rassurent avec de la plus grande fermeté que le scrutin présidentiel se tiendra, contre vents et marées, à la date prévue ! La Communauté internationale leur emboîte le pas. Il n’y a aucune raison justifiant tout report.

 

Ndrianaivo

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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