Charnière, l’année 2024 est à marquer d’une pierre blanche pour Hassanein Hiridjee qui s'est imposé au fil des années comme une figure incontournable du monde des affaires à Madagascar et dans l’océan Indien. Né à Antananarivo en 1975, il rejoint le groupe familial en 1997 après des études à l'« ESCP Business School ». Sous son impulsion, cette entreprise s'est transformée et a évolué pour devenir Axian en 2015, un groupe aujourd’hui actif dans des secteurs clés tels que les télécommunications, l'énergie, l'immobilier et les services financiers à travers l'Afrique.
En 2024, la scène culturelle malagasy a été marquée par de nombreux événements et personnalités, mais c'est une talentueuse jeune fille qui a particulièrement captivé le cœur des téléspectateurs et des internautes. Il s’agit de Filamatra Matokia Randriamampionona. A seulement 11 ans, cette artiste prometteuse a remporté le Prix du public lors de la finale du concours international de chansons d’auteurs pour enfants. Cette compétition, baptisée « Our Generation », s’est déroulée à Kazan, en Russie. Sa victoire a été une source de joie pour sa famille et une fierté pour tout un peuple.
Il est difficile de contester qu’en cette fin d’année 2024, le titre de personnalité politique malgache revienne de manière évidente à Andry Rajoelina. Depuis sa réélection en décembre 2023, le Président malgache a mené une année d’action et de réformes marquantes.
L’année a démarré sur une note solennelle, avec la réélection de Rajoelina en décembre 2023, une victoire qui a renforcé sa position sur la scène politique malgache. Mais, loin de se reposer sur ses lauriers, il a mis les bouchées doubles pour répondre aux attentes des malgaches cette année.
En 2024, Edgar Razafindravahy, leader du parti ADN (Antoka sy Dinan'ny Nosy), a su se démarquer sur la scène politique malagasy et régionale. Sa nomination au poste de secrétaire général de la Commission de l’océan Indien (COI) a marqué un tournant significatif, faisant de lui un acteur clé dans la gouvernance régionale. Le 15 juillet 2024, Edgar Razafindravahy a été installé à la tête de l’exécutif de la COI pour un mandat de quatre ans. Cette nomination est d'autant plus symbolique qu'elle fait suite à celle de Monique Andreas Esoavelomandroso, qui avait occupé ce poste il y a vingt ans et d’Henri Rasolondraibe, premier SG de la commission (1989).
Après la saisie de 112 tortues protégées à Antehiroka, le soir du 24 décembre dernier, le député et non moins inspecteur de police impliqué dans l'affaire a été déféré devant le Parquet, hier. Ses présumés complices dont ses assistants parlementaires et ses conseillers techniques, ont été soumis à cette même procédure judiciaire. Et cette dernière s'est poursuivie jusque très tard dans la soirée d'hier.
A l'heure où nous écrivions ces lignes (Ndlr, vers 22h hier), l'élu de l'hémicycle de Tsimbazaza et ses collaborateurs en cause, n'en finissaient pas d'avoir été auditionnés par le procureur. Mais faisons un bref rappel des faits.
Lors d’une opération de patrouille, les gendarmes de la Brigade d'Antehiroka ont en effet observé deux véhicules stationnés sur le bord de la route, dans le Fokontany de Morondava. Des individus transféraient une valise d’un véhicule de marque Audi vers un autre de marque Jeep, ce qui a attiré l’attention des Forces de l’ordre.
Les gendarmes ont immédiatement procédé à l’identification des occupants des véhicules. L’un d’eux s’est présenté comme un député, affirmant bénéficier de l’immunité parlementaire. Après une résistance initiale, il a finalement accepté de suivre les gendarmes au poste où une fouille de son véhicule a révélé la présence de 112 tortues protégées, rangées dans une valise.
Ces tortues, probablement des tortues radiées ou des tortues-araignées, espèces endémiques et menacées de Madagascar, sont fréquemment visées par des réseaux de transport illégal pour le marché noir international. Ces espèces sont protégées par la Convention sur le commerce international des espèces menacées d’extinction (CITES).
Les autorités cherchent à déterminer l’origine exacte des tortues qui pourraient avoir été capturées dans des Régions du sud de Madagascar. Leur destination finale reste incertaine, et il n’est pas exclu qu’elles puissent être destinées à l’exportation.
La Rédaction
De nombreux commentaires ont été vus depuis hier sur le réseau social Facebook. Ils mettent en cause une coopérative de renom à Madagascar, notamment sur la page « Sahy Miteny ». Selon l’administrateur de la page, plusieurs plaintes ont été reçues via des messages privés. L’affaire a pris une tournure dramatique après la mort tragique d’un enfant de moins de 10 ans. Il a été victime d’un accident impliquant un véhicule appartenant à cette coopérative. A par cela, selon la publication, un autre accident s’est produit le 18 décembre dernier sur le trajet Antananarivo-Fianarantsoa. Ce voyage a été marqué par une série d’incidents techniques : crevaison, portes et freins bloqués, ainsi que cinq pannes successives. Deux situations auraient même pu conduire à des situations graves, mettant en péril la vie des passagers. Quelques jours plus tard, le 23 décembre, un autre incident est survenu sur le trajet Antananarivo-Morondava, amplifiant l’inquiétude des usagers. Ce voyage a été prolongé de plusieurs heures en raison de pannes du turbo. Le chauffeur a forcé un arrêt dans une zone dangereuse, exposant les passagers à des risques importants dans une Région connue pour la présence de bandits.
Vigilance
Alors que les déplacements se multiplient en cette période de fêtes, ces événements ont suscité une vive réaction des internautes. Beaucoup appellent à une vigilance accrue pour garantir la sécurité des voyageurs. « Il existe de nombreuses coopératives à Madagascar, offrant ainsi à chacun la liberté de choisir », a annoncé une responsable sur sa publication. Elle a également affirmé que ses services sont « irréprochables » et que des mesures correctives ont été mises en place. Par ailleurs, elle a ajouté être prête à « affronter la concurrence ». Les usagers espèrent des changements rapides pour éviter d'autres drames et renforcer la sécurité des transports en cette période de forte affluence.
C.M
Le prince William du Royaume-Uni a été l’une d’importantes figures bien connues derrière le démantèlement du réseau de trafiquants ayant exporté des animaux sauvages de Madagascar en Thaïlande cette année. Leur rapatriement a aussi porté les traces des mains de son altesse sans que le grand public l’ait connu. L’affaire qui a défrayé la chronique à Madagascar et à l’étranger a été l’une des marquantes de cette année finissante.
Le 1er mai, les autorités thaïes, sur la base de renseignements fiables, ont intercepté dans la province de Chumphon 1 234 tortues en vie et mortes avec 48 lémuriens. Parmi les reptiles saisis en Thaïlande, 357 sont des tortues radiées (Astrochelys radiata) et 877 tortues araignées (Pyxis arachnoides), des espèces en danger critique selon la Liste Rouge de l’UICN.
Les lémuriens confisqués sont 16 lémurs catta (Lemur catta) et 32 lémurs bruns (Eulemur fulvus), respectivement en danger et vulnérables, selon la Liste Rouge. Six personnes ont été arrêtées avec ces animaux inscrits à l’Annexe I de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). La survie des espèces dans cette catégorie est la plus compromise.
Des informations ont rapporté que ces animaux en provenance de Madagascar ont transité par l’Indonésie avant d’atterrir sur le sol thaï. L’affaire de grosse prise à l’étranger a généré des discours enflammés. Antananarivo, sous la pression des défenseurs de la nature et des mouvements citoyens, a négocié auprès de Bangkok le rapatriement des animaux qui font partie intégrante du patrimoine naturel de Madagascar et appartiennent de fait aux Malagasy. A cette fin, le ministre de l’Environnement et du Développement durable Max Andonirina Fontaine s’est déplacé à Bangkok en début juin.
De son côté, l’Indonésie a exigé des preuves scientifiques par le test ADN pour corroborer l’origine malagasy de ces reptiles et mammifères. Une telle réaction a été appréhendée comme une aberration. La partie malagasy a répliqué qu’une telle exigence est un non-sens dans la mesure où ces animaux sont réellement endémiques de Madagascar.
Entre-temps, un comité scientifique incluant des représentants du Groupe d’étude et de recherche sur les primates de Madagascar (GERP) et de la Turtle Survival Alliance (TSA) Madagascar et des techniciens du ministère de l’Environnement et du Développement durable (MEDD) ainsi que ceux d’autres départements a été créé pour accompagner les négociations en vue de l’accueil des animaux confisqués en Thaïlande à leur retour au pays.
Une délégation de la justice thaïe, dirigée un procureur d’investigation spéciale, est venue à Antananarivo en août afin de discuter du démantèlement d’un réseau de trafiquants international derrière l’exportation illégale des espèces sauvages. Un taskforce regroupant la Thaïlande, la Malaisie, l’Indonésie, le Taiwan et Madagascar a également vu le jour dans ce sens. Finalement, le rapatriement a été rendu possible fin novembre et début décembre.
En novembre, les autorités thaïes, représentées par le Department of National Parks, Wildlife and Plant Conservation, ont décidé de restituer à Madagascar les animaux survivants, au nombre de 963 dont 48 lémuriens et des tortues terrestres. Le ministre Max Andonirina Fontaine lui-même a supervisé le processus de rapatriement de ces animaux. Un protocole strict a été appliqué à leur retour au pays d’origine.
Trois vols de Qatar Airways Cargo ont gratuitement embarqué les cargaisons animalières à destination d’Afrique du Sud, d’où elles ont été généreusement ramenées à Antananarivo par des vols de la compagnie sud-africaine Airlink. Les deux compagnies aériennes sont membres de l’United for Wildlife Transport Taskforce et leur implication montre combien coopération internationale joue un rôle vital dans les efforts de conservation.
Quant au prince William, son organisation, United for Wildlife, a joué un rôle déterminant dans la capture de ces animaux malagasy illégalement exportés en Asie du Sud-Est. Une collaboration avec diverses entités internationales, entre autres, l’United Nations Office on Drugs and Crime, l’United States Fish and Wildlife Service et la Wildlife Justice Commission, a permis aux autorités thaïes de mettre la main sur les paquets parvenus à leur sol.
Six personnes ont été arrêtées et emprisonnées en Thaïlande dans le cadre de cette affaire. Neuf individus sont aussi détenus à Madagascar et trois autres font l’objet d’un mandat d’arrêt international. Il est impérieux de démanteler les réseaux de trafiquants des espèces sauvages. Leur trafic est classé parmi les crimes transnationaux organisés dont la neutralisation nécessite l’intervention des services de renseignements financiers et de toute une ramification d’organes de lutte anti-corruption.
M.R.
Les agents des douanes malgaches multiplient les succès dans la lutte contre l’exportation illicite d’or. En l’espace de quinze jours, deux importantes saisies ont permis d’intercepter un total impressionnant de 67,565 kg d’or sur le point de quitter illégalement le territoire. Ces opérations, fruit d’une vigilance accrue et d’une coopération renforcée entre services, témoignent de l’efficacité des dispositifs récemment mis en place à l’aéroport d’Ivato.
La dernière interception, réalisée le 23 décembre 2024, a permis de saisir 53,7 kg d’or dissimulés dans une « valise diplomatique ». Un passager, en partance pour Dubaï via un vol Ethiopian Airlines avec escale à Addis-Abeba, avait tenté d’utiliser cette couverture ainsi que des documents falsifiés pour contourner les contrôles. Cette tentative a impliqué un fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères (MAE), sans autorisation officielle, qui aurait aidé à la préparation des faux papiers. Trois individus, dont deux employés du MAE et le passager ont été déférés devant le Pôle anti-corruption ce jeudi 26 décembre. Le principal suspect, haut fonctionnaire au sein du MAE, auteur des falsifications, reste activement recherché.
Cette saisie s’ajoute à celle du 11 décembre dernier, au cours de laquelle 13,865 kg d’or, répartis en trois lingots, avaient été interceptés. Un passager malgache avait tenté de les faire passer dans ses bagages. Après un contrôle initial ne révélant rien de suspect, son comportement dans la salle d’embarquement, où il avait été rejoint par un complice dans les toilettes, avait éveillé les soupçons des agents. Une fouille ciblée avait permis de découvrir les lingots, entraînant l’arrestation des deux individus.
Ces succès ne doivent rien au hasard. Ils résultent directement de la « réunion tactique » initiée par la Douane la semaine précédente, en collaboration avec plusieurs partenaires stratégiques à l’aéroport d’Ivato. Les autorités malgaches, confrontées à des réseaux de contrebande sophistiqués, démontrent ici leur capacité à réagir avec efficacité et détermination.
Conformément aux lois en vigueur, l’ensemble des 67,565 kg d’or saisis a été confié à la Banque centrale. Ces opérations exemplaires renforcent l’engagement des autorités dans la lutte contre l’exportation illicite des ressources nationales, un enjeu crucial pour la souveraineté économique du pays.
Recueillis par L.A.
Toamasina continue de s’affirmer comme une destination phare pour le tourisme maritime à Madagascar. Après l’escale du navire « Hebridean Sky » le 18 décembre dernier, le port accueillera prochainement le navire « Peaceboat Voyages ». Celui-ci séjournera du 31 décembre 2024 au 1er janvier 2025, selon une information partagée par le gouverneur de la Région d’Atsinanana. Ce navire transportera à son bord 1 800 passagers venus explorer les trésors de la Grande île. Parmi les destinations phares figure la réserve naturelle d’Ivoloina, réputée pour sa biodiversité exceptionnelle. Les paysages enchanteurs de Tapakala séduisent également les visiteurs. Les célèbres baobabs de Morondava attirent quant à eux les aventuriers désireux de prolonger leur découverte à travers l’île. Selon le responsable « Cette affluence touristique illustre le rôle incontournable de Toamasina dans l’attractivité de Madagascar ». Toutefois, les acteurs du secteur soulignent l’importance de développer davantage d’infrastructures modernes, à l’instar des standards internationaux, pour tirer pleinement parti de ce potentiel. Ils font notamment référence à des modèles comme celui de Miami. La société Ariane Tourisme a confirmé sa collaboration pour assurer un accueil de qualité à ces visiteurs.
Opportunité
A part cela, le navire « Le Dumont D'Urville », transportant 127 touristes, a quitté le port de Toamasina hier. Il se dirige vers l’île de La Réunion. « Ce paquebot reviendra dans les eaux malgaches début 2025, en mettant le cap sur la Région sud-ouest de l’île », selon le ministère du Tourisme. Selon Vahisoa, une habitante locale « La venue régulière de ces navires de croisière est une véritable opportunité pour nous. Non seulement cela dynamise l’économie locale grâce aux ventes de nos produits artisanaux et aux services que nous proposons. Mais cela nous permet aussi de faire connaître nos traditions et notre culture aux touristes. Si les infrastructures s’améliorent encore, nous pourrons attirer davantage de visiteurs et créer plus d’emplois pour la communauté. » Ces escales répétées des croisières internationales témoignent de l’intérêt grandissant pour Madagascar sur la scène touristique mondiale. Avec une stratégie concertée entre les autorités locales et les acteurs privés, Toamasina pourrait devenir un hub incontournable. Ce développement renforcerait la position de la ville dans le tourisme maritime de l’océan Indien.
Carinah Mamilalaina