Publié dans Politique

Ministre Vahinala Raharinirina - La souveraineté nationale avant tout

Publié le dimanche, 08 novembre 2020

Le domaine de la foresterie relève de la souveraineté nationale. Une cérémonie en présence d’une équipe gouvernementale conduite par le Premier ministre Christian Ntsay à Angavokely Manjakandriana vendredi après-midi a été pour les autorités une occasion de le rappeler. Il s’agit de la sortie de promotion de 25 agents forestiers, six femmes et dix neuf hommes, au Centre national de formation de technicien forestier (CNTFT) qui a ouvert ses portes dans cette localité située à l’est d’Antananarivo dès l’époque coloniale.

 

C’est une grande première sous l’ère postcoloniale, suivant la ministre de l’Environnement et du Développement durable Baomiavotse Vahinala Raharinirina. « La dernière des promotions, ayant suivi des formations au sein de cette structure mise en place sous la colonisation, date de 1959 », devait-elle souligner. Ceci veut dire que Madagascar était incapable de former des agents forestiers après le départ des colonisateurs.

Manque d’effectifs

La donne doit changer dorénavant. La sortie de la promotion baptisée appelée « Santatra » dénote une fois de plus la volonté du pouvoir de prendre en main le destin du pays. « Nous ne pouvons plus attendre les autres pour former des techniciens œuvrant dans le domaine de l’environnement », a insisté la locataire d’Antsahavola. En effet, le milieu de l’administration forestière malagasy souffre d’un manque chronique d’effectifs.

« Pour un pays ayant la même préoccupation forestière que le nôtre, un ingénieur forestier travaille en moyenne avec quatorze techniciens forestiers. Cette proportion est ramenée à 0,8 technicien forestier pour un ingénieur forestier chez nous », a rappelé la ministre. Du coup, la Grande île a besoin de former 25 techniciens forestiers par an. Ce nombre pourrait être révisé à la hausse s’il est nécessaire de le faire.

Solution inhérente

La recrudescence des crimes environnementaux sur l’île est due en majeure partie à l’impossibilité pour l’administration forestière de tout contrôler. En moyenne, un agent du ministère s’occupe de 200 000 hectares de forêt. La comparaison de Guy Laurent Rakotondranony, ancien directeur général du CNTFT et non moins ancien DG de l’environnement, est éloquente.

Selon ses révélations, Madagascar et l’île de La Réunion possèdent le même effectif de techniciens forestiers. Pourtant, la Grande île dispose de superficie 262 fois supérieure à celle de son voisin réunionnais. Madagascar a aussi des blocs forestiers à superviser 74 fois supérieurs à ceux de l’île sœur qui a des terrains à reboiser 476 fois inférieurs à ceux des Malagasy. L’expert en foresterie regrette ainsi le manque flagrant de ressources humaines pour ce domaine au pays en mettant en exergue la solution inhérente à l’existence du CNTFT.

Incontournables

La redynamisation des activités de cette structure de formation avec les partenaires gouvernementaux et étrangers accompagne outre mesure le plan de reverdissement de l’île préconisée par le Président Andry Rajoelina. « Nous avons, pour la première fois après le Président Philibert Tsiranana, un Président qui aime la forêt. Il faut en profiter », a observé Paul Raonintsoa, un autre ancien DG du CNFTF et président en exercice de l’Association des ingénieurs des eaux et forêts de Madagascar (AIFM).

L’exécution de l’initiative présidentielle requiert une stratégie spécifique. L’intesectorialité et la promotion des filières respectant l’environnement sont incontournables. L’économie verte et l’économie bleue y tiennent une place de choix. La lutte contre la corruption liée à la gouvernance de l’environnement est aussi une composante essentielle. Ainsi est-elle créée une unité de lutte contre ce fléau au sein du département ministériel sous la férule de la jeune Vahinala Raharinirina depuis janvier.

M.R.

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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