Publié dans Société

Destruction de l’environnement - 60 années de régression

Publié le jeudi, 01 décembre 2022

En matière d’environnement, le bilan actuel pour la Grande île n’est pas rose. En effet, depuis le retour de l’indépendance en 1960, la situation environnementale à Madagascar n’a cessé de s’empirer. Les pratiques destructrices de la population et l’inconscience ont été aussi amplifiées par le changement climatique au niveau global. Ces deux facteurs, internes et externes, font qu’en matière de lutte, il reste encore tant de nouveaux défis à relever chaque année.

Selon le bilan de la stratégie nationale d’approvisionnement en bois et énergie 2018, « 87 % de la population malagasy auraient utilisé le bois comme combustible et cela implique une consommation de plus de 18 millions de m3 par an ». La déforestation est bien réelle, selon les affirmations. Il s’agit d’un problème persistant depuis plusieurs années à Madagascar.

La couverture forestière de l’Ile Rouge a enregistré une perte de l’ordre de 44 %, selon le ministère de l’Environnement et du Développement durable, lors du Salon international de l’environnement et des alternatives écologiques qui s’est déroulé le 1er décembre.

Les luttes sérieuses n’ont commencé que depuis peu. Auparavant, on se contentait de sensibiliser les gens à propos des conséquences désastreuses de certaines pratiques comme les « tavy », le défrichement dans les aires protégées, l’exploitation illicite de bois précieux et la coupe des arbres ou au pire emprisonner les coupables. Depuis, la politique a connu quelque changement. En effet, c’est la racine même du problème qu’il faut attaquer, à savoir la pauvreté et les moyens de subsistance. La destruction des forêts est liée principalement à la recherche de nouvelles terres fertiles et de bois de chauffe  avec l’augmentation du nombre de la population. 

Des projets comme le « Fitantanana Maharitra Holovain-jafy » afin d’améliorer le revenu des ménages vivant dans les zones limitrophes des aires protégées ont commencé à porter leurs fruits. Un léger, mais important recul de la destruction dans des aires protégées a été aussi constatée. Il y a aussi le renforcement de la vigilance pour détecter à temps les feux de forêt grâce à la mise en place du CCO-Feux. Grâce à la réalisation de ces programmes et la prise de conscience de la majorité des gens, 70 % de la population de l’île sont actuellement conscients du danger du changement climatique, ce qui représente une petite lueur d’espoir dans la lutte.

En outre, l’Etat malagasy a clairement inclus dans sa politique la lutte contre le changement climatique et ses effets sur la population. Il s’est engagé à faire de la reforestation son cheval de bataille, mais aussi à se tourner le plus rapidement vers l’utilisation des énergies renouvelables.

La pollution accroit les maladies respiratoires

Sur le plan sanitaire, « en 2015, plus de 46.000 personnes sont décédées à Madagascar à cause de la pollution. 1.620, soit 4 % d’entre elles, ont perdu la vie en raison de la pollution chimique liée au plomb », a affirmé le ministère de la Santé publique. Il faut savoir que neuf millions de personnes meurent chaque année dans le monde à cause de la pollution, l’exposition à de l’air malsain, une eau ou des sols contaminés par des substances toxiques. 

Un décès sur six (16 %) est ainsi attribuable à la pollution. C’est trois fois plus que le nombre de morts cumulé des suites du Sida, de la tuberculose et du paludisme. Ces chiffres sont tirés d’une publication du 18 mai de la revue « The Lancet Planetary Health ».

 

Nikki Razaf

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Editorial

  • Problématique nationale ?
    La Grande île manque d’eau ! Contradictoire ! L’eau, cet élément le plus précieux parmi les quatre essentiels pour la vie, à savoir la terre, l’air, le soleil et évidemment l’eau, semblerait nous faire défaut en ces temps-ci ? Pour en devenir une problématique nationale. Le conditionnel est de rigueur. Quelque part, on doute sur la pertinence de la chose. On confond, semble-t-il, la situation naturelle du pays avec les dysfonctionnements de la compagnie nationale JIRAMA et du département de l’eau sur la gestion de cet élément indispensable à la vie. En fait, ce n’est pas l’eau qui manque, c’est la gestion rationnelle qui fait défaut. On n’est pas dans les pays du Golfe où l’océan du sable domine l’environnement ou en plein désert du Sahara où l’eau n’existe pas. Certes, il y a le grand Sud où les pluies se font rares, mais de là à dire que l’eau…

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