Publié dans Société

Violences en ligne - De nombreux cas, considérés comme « ordinaires » à Madagascar

Publié le lundi, 24 novembre 2025
Toute personne partageant les photos intimes d’une autre personne sans son consentement, et même si la personne qui les partage n’est pas l’auteur initial du délit, se rend coupable de violence Toute personne partageant les photos intimes d’une autre personne sans son consentement, et même si la personne qui les partage n’est pas l’auteur initial du délit, se rend coupable de violence

« Mon compte Facebook a été piraté par mon ex. Il a publié mes « nudes » et autres photos sexy ainsi que nos anciennes conversations coquines, à travers des captures d’écran. Je me sentais tellement honteuse puisque la plupart de mes amis et proches m’ont jeté la faute et m’ont jugé, sans parler des nombreux partages. Après avoir demandé un signalement de mon compte, j’ai aussi porté plainte, mais en vain ». Malala H., fonctionnaire à Anosy, témoigne de ce cas de violence en ligne qu’elle a subi en 2024. Il s’agit d’un des cas fréquents mais souvent considérés comme ordinaires à Madagascar. 

 

« On m’a traité d’arnaqueur sur les réseaux sociaux, avec mes photos publiées et partagées sur tous les plateformes. Pourtant, je suis tout autant victime que les autres puisqu’on a usurpé mon identité numérique. Après avoir apporté des explications et porté plainte auprès des autorités compétentes, j’ai décidé d’ouvrir une page pour mon business et de verrouiller mon compte personnel », témoigne Sandratra N., vendeur en ligne. Comme ces deux témoins, beaucoup de personnes sont victimes de ces genres de cas, sans savoir qu’il s’agit de formes de violences virtuelles. Bon nombre de victimes n’osent même pas en parler et s’isolent. D’autres deviennent dépressifs ou suicidaires, notamment les adolescents et jeunes. 

 

16 jours d’activisme

 

Cette année, les 16 jours d’activisme pour la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG), du 25 novembre au 10 décembre, seront axés sur les violences en ligne. Une occasion d’en parler ouvertement et de renforcer les sensibilisations. Le but étant non seulement d’informer le public sur les diverses formes de violences virtuelles, mais aussi sur la gravité des cas. Les victimes, témoins et internautes, pourront ainsi signaler, se plaindre et prendre leur part de responsabilité pour limiter les dégâts.

 

Selon les chiffres avancés dans la vidéo de sensibilisation sortie par le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), la prévalence mondiale des violences virtuelles faites aux femmes, victimes ou témoins, s’élève à 85 %. Aussi, 58 % des adolescentes et jeunes femmes âgées de 15 à 25 ans dans 31 pays ont déjà subi du cyber harcèlement. Une femme sur 6 ayant subi des violences numériques ont vu leurs données et informations personnelles divulguées publiquement. D’un autre côté, 47 % des ados et jeunes femmes font face à des violentes réactions en ligne parce qu’elles abordent des questions de politique, de féminisme ou de Droit et santé sexuel et reproductive (DSSR). Ce dernier cas demeure très fréquent à Madagascar, où plusieurs sujets relatifs au DSSR restent tabous. D’ailleurs, les femmes ont 27 fois plus de chances d’être victimes de harcèlement en ligne que les hommes, selon les informations recueillies. Dans tous les cas, Madagascar a encore du pain sur la planche dans la lutte contre les violences en ligne...

P.R.

 

Des formes de violences virtuelles, selon l’UNFPA

 

- Doxing : le fait de publier des infos personnelles sensibles, notamment l’adresse des lieux de résidence, de travail, le numéro de téléphone, l’adresse électronique et le nom de famille, sans l’autorisation de la personne concernée. 

- Cyber-intimidation : le fait d’infliger des préjudices au moyen de technologie numérique en vue de miner l’estime de soi

- Sextorsion : le fait de demander de l’argent ou images explicites ou solliciter des rapports sexuels en échange de la non-diffusion d’images intimes ou d’infos personnelles, un genre de chantage électronique. 

- Cybermobilisation : un large groupe d’agresseurs menacent et insultent une cible sur Internet, souvent sous forme d’attaque organisée et coordonnée.

- Usurpation d’identité numérique : le fait de créer un faux profil et de se faire passer pour une autre personne à des fins malveillantes, notamment pour nuire à sa réputation et à sa sécurité.

- Shallowfake : une image truquée, souvent réalisée à l’aide d’un logiciel d’édition permettant, par exemple, de coller le visage d’une personne sur le corps de quelqu’un d’autre. Un « deepfake » est un trucage plus réaliste et plus sophistiqué, réalisé grâce à l’apprentissage automatique.

- Harcèlement en ligne : des agissements répétés, qui menacent, importunent, effraient ou maltraitent une personne (par exemple envoi d’image ou de messages dégradants, blessants ou insultants). Il touche principalement les filles, les femmes et les personnes membres de la communauté LGBTQI.

- Cyberharcèlement : une surveillance, poursuite ou contact persistant non désiré ou menaçant, par des moyens technologiques. Il peut se transformer en harcèlement dans le monde réel et inversement. 

- Abus basé sur l’image : l’utilisation d’images, souvent de nature sexuelle, pour objectifier, humilier, exploiter ou harceler, par exemple le partage non consensuel d’image intimes (ou de pornographie non consensuelle) et de supports pédopornographiques (mettant en scène des mineurs dans des situations sexuelles explicites).

- Vengeance pornographique : une forme d’abus basé sur l’image, « partage non consensuel d’images intimes » est l’expression  privilégiée. Le terme est un effet contestable car il laisse entendre que la survivante était consentante et qu’elle a commis une faute, ce qui aurait provoqué des représailles.

 

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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