Le nouveau Premier ministre de la République de Madagascar s’appelle Herintsalama Andriamiasy Rajaonarivelo. Sa nomination, annoncée hier à Iavoloha, fait suite à l’investiture du président de la Refondation de la République, intervenue en fin de semaine dernière. Conformément à la Constitution, c’est manifestement la majorité des députés de l’Assemblée nationale – issus aussi bien du Firaisankina, des indépendants que des élus sous les couleurs de la plateforme IRMAR – qui a proposé son nom pour diriger le Gouvernement de la Refondation.
Préparer la relève. Face à l'échéance de son mandat et dans un souci de continuité du service, l'Ordre des journalistes de Madagascar (OJM) a officialisé, ce lundi, l'instauration d'un organe provisoire chargé d'assurer la transition. Cette décision, prise lors d’une réunion collaborative au siège d’Ambohidahy, fait suite à une large consultation des acteurs médiatiques malagasy tenue le 10 octobre, rassemblant une quinzaine d'associations professionnelles (dont l'AFJM, le CRIMAD, l'ACCROPOL et l'AJDM).
« Du bon et mauvais usage sociétal des plantes : le khat comme enjeu de durabilité au Nord de Madagascar ». Tel est le thème choisi pour l’édition de la conférence baptisée « Les voix du vivant », laquelle s’est déroulée à Antsiranana, le 24 septembre dernier. Cette conférence thématique vise à instaurer un espace de réflexion collective pour identifier les défis sociétaux et les facteurs de succès ou d’échec des initiatives locales de gestion des ressources naturelles.

La FJKM appelée à se lever pour soutenir le pays et à corriger ses dirigeants.
C’est dans un contexte solennel et une ambiance d’engagement civique que le colonel Randrianirina Michaël, Président de la refondation de la République de Madagascar, a lancé un appel vibrant à l’église FJKM (Eglise de Jésus Christ à Madagascar). L'événement, tenu hier lors de la cérémonie d'intronisation des nouveaux responsables du centre FJKM à Ambohimalaza - Firaisana, a souligné le rôle essentiel que les institutions religieuses doivent jouer dans l'avenir du pays. Le Chef de l'Etat a explicitement exhorté la FJKM à « se tenir debout et à rester constamment aux côtés de la Nation ». Cette demande ne se limite pas à un simple soutien spirituel ; elle confère à l'église une mission de vigilance et de partenariat actif dans le développement malgache. L’aspect le plus marquant du discours présidentiel fut la reconnaissance du rôle moral que doit endosser le clergé. S’adressant directement aux « pères et mères spirituels », le colonel Randrianirina Michaël les a pressés de ne pas hésiter à guider et, plus important encore, à corriger les nouveaux responsables étatiques en cas de dérive ou d’erreur.
Concours ENMG 2025 maintenu comme prévu. Pas de trêve pour la relève judiciaire, administrative et financière. L'Ecole nationale de la magistrature et des greffes (ENMG) confirme les dates tant attendues du prochain concours national de recrutement d'élèves-magistrats. Contrairement à d'éventuelles spéculations, le calendrier reste inchangé : les épreuves se dérouleront du 28 au 31 octobre 2025. Cette confirmation, adressée aux nombreux candidats dans l'attente, vise à apaiser les inquiétudes suite au précédent concours qui s'était tenu en août 2022. Les rouages de l'organisation sont d'ores et déjà en marche. Dès le 19 septembre, les convocations ont pris leur envol, signalant l'intensification des préparatifs. L'ENMG a tenu à souligner l'importance d'une collaboration intergénérationnelle pour le bon déroulement de cet événement crucial. Au total, ce sont 150 places qui seront ouvertes pour former la future génération de magistrats. La répartition sera la suivante : 100 postes pour la filière judiciaire, pilier traditionnel de la Justice, complétés par 25 postes pour la filière administrative, essentielle à la gestion de l'Etat, et 25 postes pour la filière financière, de plus en plus stratégique dans le paysage juridique actuel.
La DGSF à l'écoute des citoyens lors de la semaine pour le foncier. Du 20 au 24 octobre, la Direction générale des services fonciers (DGSF) lance "Une semaine dédiée à l'écoute des citoyens sur le foncier", une initiative inédite pour rapprocher l'administration foncière de ses usagers. Consciente des difficultés d'accès et des demandes de transparence accrues, la DGSF ouvre grand les portes de ses services régionaux, centraux et des circonscriptions domaniales. L'objectif est d’améliorer l'accessibilité et la compréhension des procédures foncières, tout en renforçant la confiance par la transparence. Les citoyens pourront ainsi obtenir des réponses claires, déposer leurs réclamations et suivre l'évolution de leurs dossiers. Pour les habitants de la Capitale et ses environs, un point d'accueil privilégié sera mis en place au Bâtiment Topo à Anosy. Des représentants de tous les services fonciers seront présents pour une prise en charge efficace et personnalisée.
Descente de police chez le VPAN et à Malagasy TV. Hier soir, un événement inattendu a secoué la scène politique et médiatique malgache. La résidence d'Augustin Andriamananoro, vice-président de l'Assemblée nationale (VPAN), à Ampitatafika, a été perquisitionnée par la police. Simultanément, les studios de Malagasy TV, situés au Royal Park, ont également été l'objet d'une opération similaire. Selon M. Andriamananoro, le motif invoqué par les Forces de l'ordre était une "atteinte à la sûreté de l'Etat", un chef d'accusation grave qui suscite de nombreuses interrogations. L'opération, d'après les informations disponibles, s'est déroulée dans le calme et n'a révélé aucun élément suspect au domicile du VPAN.
Lors d’une conférence de presse tenue hier après-midi au siège du Pôle anti-corruption (PAC) à Antananarivo, la procureure générale du PAC, Elysée Rasoahanta, a tenu à mettre les points sur les « i ». Face à la prolifération d’informations sur les réseaux sociaux évoquant un prétendu mandat d’arrêt international visant l’homme d’affaires Maminiaina Ravatomanga, la magistrate a fermement démenti ces allégations.
« Ce n’est pas vrai. Il n’existe pas, au niveau du PAC, de dossier judiciaire ouvert contre M. Maminiaina Ravatomanga, en dehors d’une seule affaire où son nom a été mentionné par un mis en cause dans le dossier du Boeing 777 », a-t-elle précisé d’entrée de jeu.
Selon ses explications, le dossier en question est actuellement entre les mains du doyen des juges d’instruction, qui en assure le suivi. L’enquête n’en est encore qu’à ses débuts, a-t-elle rappelé, et « de nombreuses mesures d’investigation » restent à mener. En clair, aucune inculpation n’a été prononcée, et par conséquent, « aucun mandat d’arrêt, encore moins international, ne saurait être émis à ce stade ».
Des documents falsifiés circulent
Réagissant à la diffusion d’un tel document judiciaire sur Internet, la procureure générale a dénoncé une manipulation dangereuse. « L’acte diffusé n’a aucune authenticité », a-t-elle déclaré. « S’il y avait eu un véritable mandat, il ne se serait pas retrouvé sur les réseaux sociaux. Les actes juridictionnels sont des documents confidentiels, manipulés par des professionnels ayant prêté serment ».
Pour appuyer ses propos, elle a cité un article publié le même jour par le quotidien mauricien L’Express.mu, où le procureur général de Maurice affirmait que « le mandat d’arrêt international évoqué n’en est pas un », soulignant qu’il n’avait aucune valeur légale sur le territoire mauricien. Et le chef du ministère public près le PAC de soutenir par ailleurs qu’une enquête est diligentée pour déterminer d’où vient le document falsifié.
Au-delà de cette mise au point, Elysée Rasoahanta a profité de son intervention pour défendre l’intégrité du PAC, souvent accusé, à tort selon elle, d’être politisé ou corrompu. « Le PAC n’a pas de coloration politique. Nous n’avons ni orientation ni objectif politique. Si cette institution devenait un instrument de manipulation, cela diviserait les magistrats alors qu’aujourd’hui, le pays a besoin de rassemblement », a-t-elle insisté.
Elle a également rappelé que le système judiciaire dispose de mécanismes de contrôle et de recours, citant les inspections internes, comité de suivi et d’évaluation ou encore le Conseil supérieur de la magistrature (CSM)… « Tout cela est vérifiable, à condition que ces organes fonctionnent correctement », a-t-elle souligné.
L.R.
La zone suspecte qui évolue dans l'océan Indien s'est intensifiée en tempête tropicale modérée. Elle a été baptisée Chenge par le service météorologique de l’île Maurice, hier à 3 heures du matin. A 9 heures locales, son centre se trouvait à environ 2.319 km à l'Est-Nord-Est d'Antsiranana. La tempête tropicale Chenge génère des vents moyens de 75 km/h, avec des rafales atteignant 105 km/h près de son centre. Le phénomène se déplace vers l’ouest-nord-ouest à une vitesse d’environ 24 km/h. Il conservera son intensité actuelle pendant trois à quatre jours avant de s’affaiblir progressivement. Chenge n’exercera pas encore d'influence sur le temps à Madagascar pour les cinq prochains jours. Au cours des prochains jours, aucune alerte cyclonique n’est en vigueur. Les habitants des Régions DIANA et SAVA, en particulier les pêcheurs en mer, sont néanmoins invités à suivre attentivement les bulletins météorologiques à venir.
La chaleur s’installe
Pour la semaine du 20 au 26 octobre 2025, des cumuls de précipitations modérés allant de 50 à 150 mm sont prévus dans les Districts des Régions SAVA, Ambatosoa, Analanjirofo et les Districts d’Ambanja, Analalava, Bealanana, Befandriana-Avaratra, Mandritsara, Andilamena, Toamasina et Brickaville.
Selon le service météorologique de Madagascar, l’atmosphère sera localement instable sur l’île au cours de cette semaine. Des averses localement orageuses sont attendues sur les hautes terres centrales ainsi que les parties sud et sud-est du pays. Elles pourraient s’étendre sur la partie nord et le centre ouest en fin de semaine. Concernant les températures, aucun changement significatif n’est attendu sur l’île au cours de la semaine. Les températures minimales varieront de 12 à 25° C, tandis que les valeurs maximales oscilleront de 25 à 40° C, dont la plus chaude sera ressentie dans la partie nord du pays.
Anatra R.
Les riverains en alerte. Une partie de l’aire protégée de Menabe-Antimena a été touchée par un incendie, dans la matinée du samedi 18 octobre dernier. Selon le bilan provisoire émanant de la Direction régionale de l’Environnement et du Développement durable (DREDD) de Menabe, environ 7 ha de savane, de forêt sèche de jujubier ainsi que de zone de reboisement et de pâturage ont été réduits en cendres en quelques heures. « Les flammes provenaient du hameau d’Ankatrafay, situé à 3 km à l’ouest de l’Allée des Baobabs. Les feux se sont rapidement propagés avec les coups de vent et la végétation sèche. Après quelques heures de mobilisation collective, nous avons fini par les maîtriser, en épargnant le noyau dur de l’Allée des Baobabs. Autrement dit, aucun baobab géant n’a été touché », rapporte un responsable auprès de l’ONG Fanamby.
Mobilisation collective
Riverains, autorités locales et partenaires mobilisés. Les feux menaçant l’Allée des Baobabs ont pu être maîtrisés après quelques heures de mobilisation collective. « Nous avons lancé un appel d’urgence aux communautés pour pouvoir contenir les feux. D’ailleurs, participer à ce genre de mobilisation étant obligatoire pour toute personne âgée de plus de 18 ans », informe notre source de l’ONG Fanamby. Dans tous les cas, cet élan de solidarité a permis de contenir les feux, épargnant la zone touristique. Jusqu’à hier après-midi, les responsables locaux étaient encore en train d’évaluer les dégâts avant de mettre à jour un bilan.
Pour sa part, le ministère de tutelle reste vigilant et appelle à la responsabilité de tout un chacun en cette période des incendies forestiers. D’ailleurs, ce département ministériel publie régulièrement sur sa page Facebook des cartes sur les points de feux et sur les risques d’incendie afin d’informer la population et de prévenir ce danger. Aussi, le numéro 955 reste opérationnel pour signaler un incendie ou une exploitation illégale afin de permettre une intervention rapide.
Recueillis par P.R.
Un terrible accident de la route s’est produit hier vers 15 heures dans la localité de Menagisy, à quelques kilomètres de Brickaville sur la RN 2, Région d’Atsinanana. Un camion semi-remorque, chargé d’une cargaison destinée à être livrée dans la capitale, a fait une sortie de route avant de plonger dans un ravin d’environ huit mètres de profondeur.
Le bilan est lourd : trois personnes ont perdu la vie, dont une fillette de trois ans, une femme adulte et le chauffeur du poids lourd. Les opérations de secours, menées jusqu’en début de soirée, ont permis de désincarcérer les corps des victimes, coincés dans la cabine du véhicule - complètement broyée sous la violence du choc.
Selon les témoins sur place, la cabine du camion a été écrasée par la masse de la remorque après l’impact. Deux autres occupants, une fillette âgée de neuf ans et l’aide-chauffeur, ont toutefois survécu. Ils ont réussi à s’extraire du véhicule au moment de l’accident et ont été pris en charge à l’hôpital de Brickaville.
D’après les premières constatations, une défaillance mécanique serait à l’origine du drame. Le système de direction et de freinage aurait cessé de répondre, rendant impossible toute manœuvre de contrôle effectuée par le conducteur.
Les recherches relatives à l’identification des victimes ont été largement relayées sur les réseaux sociaux dans la soirée d’hier. Il a été confirmé que la fillette survivante a perdu sa mère et sa petite sœur dans l’accident.
La Gendarmerie, chargée de l’enquête, n’a pas encore officiellement communiqué à propos des circonstances exactes du drame.
Franck R.
Malgré les défis économiques et sociaux, la Grande île continue d’attirer les entreprises turques et africaines. Lors du Forum d’affaires et économique Türkiye-Afrique (TABEF), les 16 et 17 octobre à Istanbul, le stand de Madagascar a reçu au moins 30 entreprises. Elles venaient de secteurs variés comme la construction, le santé, l’énergie, le textile, le transport et le numérique. Selon Selçuk Mert, conseiller commercial de l’ambassade de Türkiye à Madagascar, les entreprises turques ont exprimé un fort intérêt pour l’environnement des affaires et les opportunités d’investissement. « Elles ont posé des questions sur les principaux secteurs d’activité, les produits échangés entre les deux pays, les taxes à l’exportation, les droits de douane, le système bancaire et la sécurité », a-t-il souligné. L’intérêt ne s’est pas limité aux aspects réglementaires : plusieurs entreprises se sont également renseignées sur les atouts du pays, notamment le tourisme et les produits locaux. Sennur Kaya Dede, propriétaire de l’entreprise turque Biocharm, explique : « J’ai déjà découvert la beauté de Madagascar à la télévision et sur YouTube. Le tourisme est l’un de vos plus grands atouts. Madagascar a une beauté naturelle unique ». « L’île est très intéressante pour le secteur du tourisme », a-t-elle ajouté. Au-delà du tourisme, la Türkiye s’intéresse aussi au renforcement du système de santé à Madagascar à travers le numérique. L’entreprise turque Akgün, spécialisée dans les services digitaux appliqués à la santé, envisage d’étendre ses activités dans la Grande île. « Nous avons déjà discuté avec le ministère de la Santé et proposé un projet de téléradiologie pour relier tous les hôpitaux à un seul système », a expliqué Göker Pekder, directeur commercial. Akgün offre aussi des solutions pour la gestion des hôpitaux, des laboratoires et de la radiologie. La société compte plus de 40 ans d’expérience, plus de 600 employés et une soixantaine de produits numériques dans le domaine médical. Lors de ce forum, le monde des affaires turc a été informé du potentiel de la Grande île. Une nouvelle porte d’opportunité s’ouvre désormais, qu’il conviendra d’exploiter au mieux pour le pays.
Gagnant-gagnant
Selon Selçuk Mert, l’objectif est d’augmenter le volume des échanges commerciaux entre Madagascar et la Türkiye. En septembre 2022, ces échanges s’élevaient à 82 millions USD. A la fin de la même année, ils ont atteint 102 millions USD. En 2023, ils ont doublé pour atteindre 203 millions USD. En 2024, ils sont retombés à 83 millions USD. Pour relancer le commerce et les investissements, il est nécessaire de mettre en place des mesures facilitatrices et incitatives. A une échelle plus large, les échanges entre la Türkiye et l’Afrique ont dépassé 37 milliards USD en 2024. L’objectif est de 40 milliards USD en 2025, selon Omer Bolat, ministre du Commerce. « Les entrepreneurs turcs ont réalisé des projets d’une valeur de 100 milliards USD à travers l’Afrique. Cela contribue à renforcer les infrastructures et le partenariat avec la Türkiye », précise-t-il. Le Président turc Recep Tayyip Erdogan souligne l’importance d’un partenariat basé sur l’égalité et le respect avec l’Afrique. « Nous partageons notre expérience et notre patrimoine politique et culturel. Nous agissons sur la base de principes gagnant-gagnant, sans distinction ni préjugé, et sans imposer quoi que ce soit », déclare-t-il. Pour sa part, Nail Olpak, président du Conseil des relations économiques extérieures (DEIK), indique : « Durant ces deux jours, nous avons accueilli 4 000 participants et des représentants du monde des affaires de 50 pays africains ».
Carinah Mamilalaina