Publié dans Politique

Cryptomonnaie africaine - Des souscripteurs de Madagascar victimes

Publié le mardi, 04 octobre 2022

 « Tout ce qui brille n'est pas or », disait un écrivain français du 18e siècle. Une expression qui reprend tout son sens avec l'avènement de la FinTech et où la cryptomonnaie règne en maître depuis plusieurs années un peu partout dans le monde. Promesse de gains rapides et faciles, hameçonnage sur les réseaux sociaux, usurpation d'identité, les escrocs profitent de l'essor des crypto-actifs pour multiplier les arnaques en tout genre. Et le continent noir n'échappe pas non plus à cette généralité puisque l'explosion du cours du Bitcoin, il y a quelques années, a donné des idées à certains entrepreneurs qui proposent à présent des monnaies numériques dédiées à un certain groupe de personnes ou des populations d'un continent entier.

 

A l'image la firme Global Investment Trading (GIT) qui vantait les mérites de ce qui devait être la première cryptomonnaie Africaine baptisée « SimbCoin » créée il y a près de trois ans par le Camerounais Emile Parfait Simb. Se disant entrepreneur, promoteur d'investissements à haut rendement, il crée en 2019, cette cryptomonnaie qui avait pour raison d'être de simplifier les échanges entre les Africains. Mais depuis, les souscripteurs ayant investi dans ce projet patientent toujours en attendant leur retour sur investissement, en vain. Présentée à Madagascar en 2020 par le GIT, la cryptomonnaie africaine a eu sans doute ses adeptes dans le pays. Seulement ces derniers n'osent pas actuellement se manifester, ayant honte d'avoir été roulés, comme ceux qui ont été victimes de l'Antares. D'ailleurs, ils ne savent pas comment et à qui s'y prendre devant une telle situation. D'après des sources, une personnalité économique malagasy, en fuite actuellement à l'étranger, aurait fait des pieds et des mains pour que les autorités de Madagascar accordent un entretien à l'initiateur de « Simbcoin » lors de sa venue au pays. Une demande sans réponse, peut-être que les institutions financières malagasy sentaient à mille lieux l'arnaque. 

En effet, bien que les possibilités d'application des cryptomonnaies soient incontestables, de nombreux risques doivent être pris en considération. Notamment sur la complexité même du concept pour les non-initiés. Contrairement aux monnaies fiduciaires, elles n'ont pas de version papier et aucune banque centrale ne contrôle, pour le moment, leur approvisionnement. Un aspect qui inspire de la réticence chez certaines personnes à l'idée d'investir dans cette monnaie virtuelle. 

Frauduleux

Pourtant, les arnaques aux placements ne sont pas nouvelles. Et les cryptomonnaies n'y échappent pas, loin s'en faut. Profitant de l'engouement autour de cette classe d'actifs émergente, les escrocs recèlent d'ingéniosité pour tenter de tromper épargnants et utilisateurs de jetons numériques. Une pratique facilitée par le fonctionnement complexe des divers crypto-actifs, le manque de connaissance de certains investisseurs et le faible encadrement du secteur crypto. Un modus operandi que l'on retrouve plus loin dans l'histoire avec la méthode de Ponzi, inventée au début des années 1900 par Charles Ponzi et qui consiste à un montage financier frauduleux qui consiste à rémunérer les investissements des clients essentiellement par les fonds procurés par les nouveaux entrants. Une méthode que le créateur du SimbCoin a repris à la lettre en recrutant des investisseurs un peu partout en Afrique à travers des matraquages sur le web. Une pratique qui lui aura valu le surnom de « Madoff Camérounais » par des médias européens quand il a été accusé d'opérations financières irrégulières ou frauduleuses par les gendarmes financiers de plusieurs pays et par des entreprises de la crypto monnaie. D'ailleurs, à cause de cela, il est poursuivi pour escroquerie au Cameroun. Des plaintes pour fraude massive ont été déposées à son encontre par ses clients en Amérique du Nord et en Europe. De plus, la commission de surveillance du marché financier de l'Afrique centrale mettait en garde contre Global Investment Trading et son SimBcoin, dénonçant des campagnes frauduleuses de collecte de fonds.

La Rédaction

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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