Publié dans Politique

Parking et trottoirs - Les provocations de trop de Lalao Ravalomanana

Publié le mercredi, 28 août 2019

La conférence de presse tenue avant-hier 27 août 2019 par la Maire de la Capitale, Lalao Ravalomanana, et censée rassurer sur sa gestion de la Ville des Mille a eu l'effet inverse : celui d'exacerber davantage chez la population tananarivienne le sentiment d'être pris pour des canards sauvages. Les déclarations de bonnes intentions de cette élue en fin de mandat est en effet confrontée à une actualité encore criarde.

 

Car lorsque Lalao Ravalomanana soutient qu'à travers ses décisions, elle ne vise que l'intérêt de ses concitoyens, ces derniers ont encore en travers de la gorge la scène surréaliste des agents de la commune matérialisant la décision de la Commune Urbaine d'Antananarivo (CUA) d'autoriser le plus officiellement du monde les marchands informels à occuper les trottoirs, ne laissant aux piétons qu'une partie incongrue de cet aménagement qui leur est pourtant destiné. Le fait est d'autant plus scandaleux que c'est la cellule de communication de la mairie elle-même qui a diffusé les images choquantes en question sur les réseaux sociaux. Si ce n'est pas du foutage de gueule, Dieu que ça y ressemble. Quoi qu'il en soit, il faut s'attendre à ce que, fort de ce feu vert de la municipalité, tous les marchands à la sauvette que compte la Capitale envahissent la moindre parcelle de trottoir pouvant accueillir leurs étals, obligeant ainsi les piétons à se disputer la chaussée avec les automobilistes.

Mais c'est peu avant cette conférence de presse de la mairie également qu'est apparu le scandale de la descente d'Ambatonakanga où un établissement hôtelier riverain s'est approprié plusieurs dizaines de mètres de bord de rue pour lui servir de parking, le tout semble-t-il avec la bénédiction de la CUA. Le hic, c'est que cette cession se serait faite au détriment et à l'insu du fokontany dont relevait officiellement l'endroit auparavant et qui, de ce fait, n'a nullement l'intention de se laisser faire. L'indignation est à son comble lorsque l'on sait que la portion de rue concernée, venant tout juste d'être débarrassée de ses pavés et goudronnée entièrement par l'Etat central, est actuellement en partie charcutée en profondeur et pavée de nouveau par l'établissement hôtelier en question dans le simple souci de matérialiser « son » parking. Le cas n'est pas sans rappeler celui d'un autre établissement hôtelier sis à Ambohidahy, lequel a pu s'offrir les deux trottoirs de chaque côté de la rue sur toute leur largeur pour les besoins de sa clientèle.

Mauvais calcul

Beaucoup se perdent en conjectures sur ce qui apparaît comme de véritables provocations lancées par les actuels dirigeants de la Capitale à l'endroit des Tananariviens. En ce qui concerne les marchands de rue, certains estiment que la brusque bienveillance manifestée à leur égard relève d'un vulgaire clientélisme politique du TIM en perspective des prochaines élections communales. Ce qui peut se révéler être un mauvais calcul. Non seulement, comme le concède l'équipe de la mairie elle-même d'ailleurs, beaucoup de commerçants informels viennent des périphéries et de ce fait, ne sont pas de potentiels électeurs de la CUA, mais il se trouve également que, bien même s'ils l'étaient, leur nombre peut très bien ne pas compenser celui, croissant ces derniers temps, des mécontents des décisions controversées de Lalao Ravalomanana.

Quant aux privatisations de bord de rue ou de trottoirs au profit d'établissements riverains, beaucoup soupçonnent qu'elles n'auraient pu être obtenues qu'à coups d'âpres négociations où il est question de plusieurs dizaines de millions de francs. A l'image des « pas-de-porte » qui seraient réclamées pour les emplacements dans les périmètres des marchés communaux d'Anosibe et d'Andravoahangy qui ont défrayé les chroniques dernièrement. La question qui se pose est de savoir où peuvent bien atterrir les recettes afférentes à ces rackets déguisés.

La Rédaction

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Editorial

  • L’inévitable rappel !
    La Présidence fonce dans le tas. Conscient du degré alarmant du laxisme dans certains secteurs de l’administration, le sommet de l’Etat se décide, enfin, à prendre la situation en main. Un ministre fait même l’objet d’un rappel à l’ordre de la Présidence. Il fallait à tout prix prendre le taureau par les cornes.

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