Un accent particulier aux secteurs sociaux. La Banque mondiale a approuvé, hier, un prêt-programme à l’appui d’une politique publique de développement de 100 millions de dollars afin de soutenir les investissements de l’Etat malagasy dans le capital humain. Plus précisément, le financement servira à améliorer les ressources humaines dans les secteurs de la santé et de l’éducation, garantir la disponibilité des ressources budgétaires des secteurs sociaux et renforcer la protection juridique des femmes et des enfants. Selon l’indice du capital humain établi par la Banque mondiale, actuellement, un enfant né à Madagascar n’atteindra que 37 % du potentiel productif qu’il aurait obtenu s’il avait bénéficié d’une instruction complète et de soins de santé adaptés.

Entre 2012 et 2017, l’indice du capital humain de la Grande île est passé de 0,39 à 0,37, le plaçant en dessous de la moyenne en Afrique subsaharienne. Les enfants malagasy peuvent espérer terminer 7,5 années de scolarité lorsqu’ils auront atteint l’âge de 18 ans. Un chiffre ramené à 4,2 ans, si l’on tient compte de la qualité de l’apprentissage. A l’échelle mondiale, Madagascar est le quatrième pays avec un taux de retard de croissance le plus élevé chez les enfants de moins de cinq ans (42 %). De plus, le système de protection sociale dans le pays n’existe pas depuis longtemps et demeure sous-financé. Ce système ne touche que 5 % des personnes extrêmement pauvres. « En soutenant la volonté du Gouvernement d’investir dans la population, cet appui budgétaire vise à inverser la tendance inquiétante en matière de pauvreté », a déclaré Marie-Chantal Uwanyiligira, responsable des opérations de la Banque mondiale pour Madagascar.

30 000 ménages

Par ailleurs, cette opération permettra de mieux gérer les ressources financières affectées aux secteurs sociaux afin de fournir des filets de protection sociale à 30 000 ménages supplémentaires et de rendre l’exécution du budget plus transparente, conformément aux principes du libre accès aux données budgétaires publiques. « Les ressources humaines et financières avec lesquelles ils opèrent sont les deux éléments les plus importants pour les écoles et les centres de santé à Madagascar », explique Peter Holland, chef d’équipe de cette opération au sein de la Banque mondiale. « Le Gouvernement a lancé d’importantes réformes sur la formation et la sélection des enseignants et des professionnels de la santé. Ce sont les premières étapes importantes pour assurer l’avenir du capital humain de Madagascar ».

En effet, certaines actions ont déjà commencé à être menées, notamment l’approbation des normes pour le métier d’enseignant, le déploiement des mesures pour contrôler la qualité du recrutement des enseignants communautaires, le renforcement de la formation initiale des agents de santé. Par ailleurs, un guichet unique a été créé pour améliorer la gestion des ressources humaines dans l’ensemble de la fonction publique. Cela permettra de rationaliser le système afin de réduire considérablement les mauvaises affectations des fonctionnaires et de s’assurer qu’ils soient déployés en fonction des besoins.

Recueillis par Solange Heriniaina



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Sitôt après la déclaration du premier cas confirmé d’un sujet contact, hier dans l’après- midi, les Forces de l’ordre ont renforcé le contrôle dans les rues de la Capitale. En effet, durant les deux derniers jours, les Tananariviens ont négligé le confinement et sont sortis dans les rues, comme si de rien n’était.
Face à ce relâchement, les éléments des Forces de l’ordre se sont mobilisés et ont renforcé la surveillance. Tout le centre-ville ainsi que certains endroits comme Ankazomanga, 67 Ha, Antanimena et Alarobia ont été fermés à la circulation. Tous les véhicules qui devraient emprunter ces routes devront trouver d’autres issues, puisque tous les passages ont été bloqués. Face aux grognes des automobilistes, les policiers ont avancé qu’ils ont reçu l’ordre de fermer plusieurs axes. Seuls, les journalistes et les agents du Centre de commandement opérationnel Covid-19 ont le droit de circuler librement durant la journée.
D’après le directeur du ministère de la Communication et de la Culture, l’autocollant de l’Ordre des journalistes de Madagascar (OJM) doit figurer sur les véhicules concernés et les journalistes doivent également se munir de leur carte de presse. Durant son intervention au Centre de commandement opérationnel Covid-19, le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation a d’ailleurs rappelé qu’Antananarivo est en état d’urgence sanitaire. Par conséquent, ils sont obligés de sanctionner tous ceux ne respectent pas les dispositions mises en place. Hier matin, il a de nouveau invité les Tananariviens à rester chez eux, particulièrement ceux qui circulent encore au marché des « Petites vitesses ». Effectivement, des commerçants y ont encore poursuivi leurs activités, malgré l’interdiction. Sur ce, les Forces de l’ordre ont été obligées de passer à la vitesse supérieure en fermant le marché.
Face à la menace de propagation de cette pandémie, la population n’est pas toujours consciente du danger qui pèse sur elle. D’ailleurs, c’est à cause de l’entêtement des habitants à sortir de leur domicile que beaucoup de pays dans le monde se trouvent actuellement dans un état critique où des centaines de morts sont recensés chaque jour.
Anatra R.
 

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Madagascar a enregistré hier le 26ème cas confirmé au Covid-19 dont l’un est sujet contact c’est-à-dire une personne contaminée qui ne figure pas parmi les arrivés des derniers vols à l’Aéroport international d’Ivato.  Les deux autres cas sont des passagères arrivées le 18 mars dernier. « De décembre 2019 jusqu’à ce mois de mars 2020, ce cas témoin n’a pas quitté Madagascar mais a quand même contracté le virus. C’est ainsi qu’il l’a attrapé en étant en contact avec une personne contaminée.  Quant aux deux autres personnes testées positives, l’une d’elle est âgée de 21 ans et a pris le vol de la compagnie aérienne Kenya Airways KQ 256. L’autre victime a voyagé à bord du MH 288 de l’Air Mauritius », explique le Professeur Vololontiana Hanta Marie Danielle, porte-parole du Centre de commandement opérationnel Ivato (Covid-19) lors du rapport récapitulatif à la Télévision nationale malagasy, hier vers 17 heures. Parmi les cas positifs, 4 présentent des symptômes à savoir la fatigue, des toux sèches et des difficultés respiratoires.
Dans son intervention, Vololontiana Hanta Marie Danielle a avancé que le sujet contact a été identifié hier matin. Entre 8h du matin du 26 mars jusqu’à hier vers midi, 223 individus ont passé le test.  Tandis qu’hier après-midi, 120 prélèvements ont été effectués. L’Institut Pasteur ont été déjà fait parvenir les résultats d’analyse de 11 cas dont deux parmi eux se sont révélés positifs. « J’appelle à tous les citoyens de rester calme. La contamination du sujet contact doit conscientiser la population sur l’importance du confinement et du respect de l’état d’urgence sanitaire mis en place par le Gouvernement », lance le Professeur.
En ce qui concerne l’individu comme un cas suspect, identifié à Fianarantsoa et récemment évacué à Antananarivo, la porte-parole dudit centre a confirmé la stabilité de son état de santé. « Des prélèvements ont été réalisé sur cette personne et nous attendons encore le résultat de son test », confirme le Professeur Vololontiana Hanta Marie Danielle.
K.R.

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Le secrétaire général du ministère des Postes, des Télécommunications et du Développement numérique, Ranesa Firiana, a rassuré que les citoyens peuvent appeler sans ménagement les numéros verts 910 et 913 dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. Il demande aux citoyens de faire preuve de patience puisque ces numéros verts sont saturés, vu le nombre d’appels reçus quotidiennement.
910 et 913. Ce sont les numéros verts mis par le Gouvernement à la disposition de la population dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. Le secrétaire général du ministère des postes, des télécommunications et du développement numérique, Ranesa Firiana, a affirmé que « les citoyens peuvent appeler gratuitement ces numéros pour toutes informations qu’ils jugent utiles ou pour toutes informations qu’ils veulent porter à la connaissance de l’exécutif ». L’on peut appeler ces numéros gratuitement pour demander des conseils sur les bonnes pratiques à adopter pour endiguer la propagation du coronavirus.
Outre ces deux numéros, le secrétaire général a affirmé qu’il y a également un troisième numéro vert, le 914. Les citoyens peuvent appeler gratuitement ce numéro dans le cas où ils connaissent des personnes ayant séjourné à l’étranger et qui ne se soumettent pas aux procédures de confinement. Si ces situations sont vérifiées, l’Exécutif prendra les mesures adéquates, a assuré le secrétaire général. Quoi qu’il en soit, ce dernier a reconnu qu’il est difficile de contacter ces numéros verts. La raison en est que le réseau se trouve saturé et que la plateforme n’arrive presque pas à gérer les appels qui montent, en effet, jusqu’à 160 000 par jour, reconnait le secrétaire général.
La mise à disposition de la population de ces numéros verts aidera celle-ci à rester chez elle durant la période confinement, notamment pour la Région Analamanga et les Districts de Toamasina I et II. L’Exécutif déploie des moyens permettant aux citoyens de ne pas sortir chez eux, de limiter les contacts humains, stoppant ainsi la propagation du virus dans le reste de l’île. Pour ce faire, tous les ministères ont leur rôle à jouer.

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vendredi, 27 mars 2020

A la maison !

La Terre tourne. Le soleil, fidèle à son poste, apparait à l’est et brille le matin. Et la vie continue !
Il y a une semaine exactement, le Chef de l’Etat annonçait l’existence de trois cas de contamination du Covid-19. Désormais Madagasikara est tâché de rouge. Sans frapper à la porte, coronavirus débarque avec fracas. Du coup, la terre semble s’arrêter de tourner et la vie de son train-train quotidien. Pris de court, on s’affole. Au marché, les citrons, les oignons, les « kininina fotsy », les « ravintsara », le riz « vary mena » ou le « makalioka » s’arrachent comme des petits pains. Les stations d’essence débordées et les officines de pharmacie prises d’assaut ! En un temps record, les masques à bouche disparaissent. Dans les grandes surfaces, les rayons des produits de première nécessité quotidienne sont vidés. C’est l’affolement total sinon la panique générale en particulier, au niveau d’une certaine frange de la population. A la maison, dans les rues, au marché, partout ailleurs, on n’en parle que du coronavirus. Certains le prennent au sérieux, d’autres en dérision !
Les autorités tentent de rassurer et de calmer les esprits mais en vain. Les réseaux sociaux s’emballent et déversent des « informations » souvent farfelues. Dans la plupart des cas, ces informations ont été montées de toutes pièces pour créer des tensions et surtout pour pouvoir accuser davantage les autorités publiques notamment le Président Rajoelina d’être à l’origine du mal.
L’Etat annonce un train de mesures drastiques, et ce, afin de maîtriser le plus rapidement la propagation de ce virus … de la mort. Mais, il semble qu’une certaine catégorie de la population, le « Vahoaka tsy mandady harona », ait la tête ailleurs. Elle ne prend pas au sérieux la dangerosité de ce virus. Parfois, on se trompe et pense tout bas que « ça n’arrive qu’aux autres » !
Il a fallu que le Président de la République en personne crève l’écran de la Télévision nationale et ébranle les antennes de la Radio nationale tous les soirs à 20 heures pour qu’on commence à s’en rendre compte. Rajoelina tente sans relâche de convaincre « Monsieur Tout le Monde » sur la nécessité vitale de respecter, à la lettre, les consignes données, en particulier le confinement. Certes, ce n’est pas évident d’imposer aux gens à rester chez soi notamment ceux qui doivent se débrouiller « au jour le jour » pour trouver de quoi à manger. Or, la grande partie de la population se trouve dans cette catégorie sociale.  C’est ici que le bât blesse ! De toute façon, avec ce confinement imposé et renforcé, la vie semble vraiment s’arrêter.
Dans le monde, alors que le bilan s’alourdit au fil des jours, la propagation menace dangereusement. Selon les dernières informations, trois milliards de personnes sont contaminées à travers le monde. Ainsi, Covid-19 fait des ravages. Italie, Espagne et la France sont les plus touchés en Europe. Dans le Nouveau Monde, aux Amériques, les Etats-Unis dont New-York enregistrent le maximum de victimes.
Et l’horloge de la Terre paraît stopper, le temps de se débarrasser de ce vilain virus. Mais la Terre tourne toujours. Ainsi va le monde. Et la vie continue … à la maison !

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Pour faire face au Covid-19 et limiter les interactions durant la période de confinement, la Direction générale des Impôts (DGI) en collaboration avec la Direction générale des douanes a pris des mesures concernant l’importation d’alcool et de tabac. Selon un communiqué, publié hier, le dépôt préalable de la demande sur papier n’est plus obligatoire pour la validation de l’importation de ces produits, et cela à cause de la fermeture des bureaux. Toutefois, ce dossier sera exigé dès le retour à la normale de la situation. Toutefois, la délivrance d’autorisation relative à l’importation d’alcool, de produits alcoolisés et de tabac ainsi que la validation de l’Acompte sur l’impôt sur le revenu et les impôts synthétiques (AIRS) restent fonctionnelles sur la plateforme en ligne Ministères Départements et Agences de Contrôle (MIDAC). « Les informations concernant les autres produits importés tels que les produits alimentaires sont tous consultables sur cette plateforme MIDAC », avance un responsable auprès de la direction technique. Pour rappel, la plateforme MIDAC a été mise en place pour faciliter le processus de dédouanement en matière d’octroi d’autorisations, de certificats et/ou d’attestations.
Solange Heriniaina

Publié dans Economie

Quand les enseignants-chercheurs malgasy se mobilisent, c’est toujours pour des revendications. Cette fois-ci, ils réagissent pour une bonne cause, c’est-à-dire qu’ils contribuent actuellement aux recherches scientifiques afin de préserver la santé de la population face au coronavirus. Bien avant que la pandémie ait touché la Grande île, ces scientifiques malagasy ont déjà fait travailler leurs méninges. Et actuellement, ils proposent des solutions qui pourraient bien être efficaces. Hier, lors d’une conférence de presse, des enseignants-chercheurs de la Faculté des sciences, membres actifs du laboratoire de chimie des substances naturelles, chimie organique et biologique, ont partagé des astuces de remèdes  naturelles afin de renforcer les défenses immunitaires. 
Le Professeur Rasoanaivo Herilala Léa, enseignant-chercheur en mention Chimie, pour sa part, a évoqué une formule à base de feuilles de mûrier. « Pour obtenir une infusion, vous prenez trois feuilles, de préférence cueillies avant le lever du soleil. Ne pas oubliez de les nettoyer. Après, vous les faites passer dans de l’eau bouillante entre 80 et 90 C° pendant environ 10 à 15 minutes », explique-t-elle. Et d’ajouter que cette plante médicinale renferme des protéines, de l’huile et du sucre. Elle répare également les cellules avec les Zinc et Calcium. Outre les vitamines C et Pro A, les fibres qui y sont présentes aident surtout à la bonne digestion.
Quant à Razafiarimanga Zara, une docteure de la mention Biochimie fondamentale et appliquée, elle a conseillé sur l’amélioration de la santé et du bien-être à partir du gingembre et du « Ravintsara » pour les Hautes terres et du « Mandravasarotra » pour la partie Ouest. « Ces éléments contribuent à la destruction des microbes à travers une aéro-diffusion. Les recherches  en laboratoire ont révélé qu’il suffit de prendre quelques tiges  et de les pilonner pour ensuite les faire bouillir dans 3 litres d’eau à feu moyen. Ensuite, il faut fermer toutes les zones entrouvertes pour laisser circuler la vapeur dans toutes les pièces », avance-t-elle. 
Une autre scientifique a proposé également une astuce pour garder la forme. « Trempez les pieds dans de l’eau chaude tout en bien enveloppant le corps. Vous pouvez rajouter de l’eau jusqu’à ce que vous dégagiez des sueurs. Mais il faut quand même attendre 10 à 15 minutes après cette étape avant d’en sortir », avance le Professeur Ramavololona perle, spécialiste en Biologie et écologie végétale. 
« Outre la prise de repas trois fois par jour, consommez des aliments colorés qui renferment du fer et du zinc. N’oubliez pas aussi les légumineuses, les brèdes et tant d’autres aliments variés. La vitamine C  présente dans les citrons, oranges ou encore les goyaves, demeure aussi primordiale. Il existe aussi le Spiruline qui est fort en protéine et fer », suggère Rakotondrazafy Jennie, du département Physiologie animale, option Nutrition.
K.R.

Publié dans Société

Le ton monte chez les autorités étatiques. A J+6 de l’application des mesures de confinement contre la propagation du coronavirus à Antananarivo et Toamasina, le laisser aller se fait encore sentir au sein de la population tananarivienne. Bon nombre de citoyens osent encore braver les interdictions de sortir et de circuler dans les rues. Une disposition qui constitue pourtant le seul moyen d’endiguer la prolifération du Covid-19. Les efforts déployés par l’Etat et l’ensemble du corps médical ne seront que vains si les gens continuent encore de multiplier les contacts dans les lieux publics comme les marchés, entre autres. La publication émanant du Centre de commandement opérationnel (CCO) d’Ivato sur un nouveau cas confirmé qui touche une personne contact a suscité l’inquiétude chez la population. Cela signifie, en effet, que des personnes autres que celles qui ont pris des vols en provenance des pays européens sont à risque et peuvent à tout moment être porteuses du virus.
Pour renforcer les dispositions de l’Etat, les principaux responsables concernés au sein du Gouvernement ont haussé le ton lors de leurs interventions sur la chaîne nationale, hier. A l’instar du ministre de l’Intérieur, Tiana Harivelo Razafimahefa qui a réitéré les consignes à l’endroit de la population. « Restez chez vous », a presque supplié le ministre à plusieurs reprises. Il n’a pas manqué d’en appeler à la prise de responsabilité de certains parents qui laissent encore leurs enfants dans les rues. « Protégez – vos enfants, ne les laisser pas sortir », a – t – il affirmé.
Après l’avertissement, place à la répression
Pour sa part, le ministre de la Défense nationale, le Général Rakotonirina Léon a prévenu, de manière claire et stricte, ceux qui s’entêtent encore à enfreindre les règles. Après plusieurs jours de sensibilisation et d’avertissement, les Forces de l’ordre passent désormais à la répression. Par conséquent, un renforcement des dispositifs de restriction ont été observées, depuis hier à midi. Les éléments de l’Armée ont désormais grossi les rangs des agents de la Police nationale et de la Gendarmerie qui sont postés dans plusieurs coins de la ville afin de dissuader les gens de sortir dans les rues.
Un déploiement impressionnant d’hommes en treillis a été observé au niveau du centre – ville où toute personne tentant de sortir ou de circuler a été systématiquement renvoyé à son domicile. En quelques minutes, l’endroit a pris l’allure d’une ville morte car déserté par les piétons. Idem pour les quelques conducteurs de véhicules ayant encore tenté le déplacement dans les rues de la Capitale mais qui ont été contraints de s’arrêter ou de rebrousser chemin.
La Rédaction

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Demain, nous célébrerons le 73e anniversaire de la lutte pour la libération nationale. Mais la commémoration des événements les plus douloureux de l’histoire contemporaine du pays se déroulera dans une ambiance morose imposée par la propagation du Covid-19. En effet, les cérémonies, sur l’étendue du territoire, sont annulées à l’exception d’une seule au Mausolée sis à Avaratr’Ankatso mais avec des mesures de restriction et de sécurité très strictes.
Selon l’historien Solofo Randrianja, l’érection de la première stèle commémorative du 29 mars 1947 et la commémoration de la journée du 29 mars 1947 par l’Etat, avec le changement des noms de rue dans les grandes villes malagasy, étaient décidées lors du 10e congrès du parti gouvernemental – Parti social démocrate (PSD) – tenu en septembre 1966, sur proposition de « l’aile marchante du PSD », courant du parti mené par André Resampa, ministre d’Etat chargé de l’Intérieur.
« Par la force des choses, la commémoration de 1967 a eu le mérite important d’avoir créé le précédent qui permettra d’engager des débats sur des questions longtemps tabou. Mais le "travail de mémoire" plus que le "devoir de mémoire" est un travail collectif de deuil, s’y soustraire expose au "cercle infernal de l’inculpation-disculpation". Elle a permis de poser la nécessité d’ériger la stèle comme un lieu de mémoire à fréquemment visiter car incarnant ce travail collectif », note l’auteur.
Marque extérieure et palpable
Mais le choix du lieu à Antananarivo créait des polémiques. L’historien, dans un écrit, les relate de cette façon : « Cette aile semble de plus en plus s’imposer au sein du parti comme en témoignent les réactions dans Ny Marina (PSD) du 2 octobre 1964, l’érection d’une stèle à la mémoire de ceux qui sont morts pour l’indépendance de Madagascar a été décidée par le conseil municipal de Tananarive. La stèle sera érigée là où se dressait autrefois la statue de Gallieni. Nous nous élevons contre, car c’est là une idée de gens pourris d’orgueil. C’est la ville de Moramanga qui devait être choisie et non Tananarive où il n’y a pas eu un seul nationaliste tué en 1947. Nous demandons au ministère de l’Intérieur de rejeter cette décision ».
Le chercheur rapporte aussi des passages, lus dans le journal Hita sy Re du 27 janvier 1968, suivants : « L’acceptation par le gouvernement malgache de faire de la journée du 29 mars une journée nationale du souvenir célébrée chaque année plaît énormément. Mais la commémoration en pensée... ne suffit pas. On a besoin... d’une marque extérieure et palpable d’un monument concret... Chaque année, des dirigeants malgaches en compagnie de représentants du gouvernement français, etc. déposent des gerbes au monument élevé à la mémoire des soldats morts pour la France... On éprouve un tiraillement à cœur en voyant cela ». Cette année, tous les Malagasy se commémoreront à juste titre le 29 mars 1947 avec « un tiraillement à cœur ».
L’acte citoyen le plus important
La célébration de premier anniversaire du Tagnamaro initié par le ministère de la Communication et de la Culture est un autre acte citoyen suspendu par la pandémie à coronavirus. La cérémonie prévue à cet effet était prévue se tenir le 21 mars dernier dans l’enceinte du lycée d’enseignement général Jean-Joseph Rabearivelo à Analakely. La date a coïncidé avec la journée des poètes où l’érection d’une stèle était au programme, outre une opération de reboisement. La situation d’exception a poussé les responsables à tout ajourner.
Le confinement total met également en stand-by le processus de Révision annuelle de la liste électorale (Rale) enclenché depuis le 1er décembre. Du 10 mars à la fin de ce mois, tous les citoyens sont invités à se rendre au bureau de fokontany pour vérifier si leurs noms sont bien inscrits sur la liste électorale ou si les mentions à leur sujet comportent des erreurs à corriger. Des spots radio et télé ont été diffusés dans ce sens juste à la veille de l’état de nécessité d’urgence décrété le 21 mars.
Puisque les mesures de confinement total interdisent tout déplacement jugé non essentiel hors de chez soi, l’invitation d’aller au bureau de fokontany n’est plus de vigueur. Les stations radio et télé ont du reste cessé de diffuser les spots au profit de la lutte contre le coronavirus. Par ailleurs, presque tous les lieux de travail sont restés fermés jusqu’à nouvel ordre. Malgré tout, rester confiné chez soi jusqu’à l’extinction de l’ennemi commun, le Covid-19, demeure l’acte citoyen le plus important, voire même vital, dans le contexte actuel de solidarité obligée.
M.R.

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vendredi, 27 mars 2020

La une du 28 mars 2020

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Editorial

  • Pire récession
    Tous les observateurs et analystes, économistes notamment, se rejoignent à un constat selon lequel le monde se dirige inexorablement vers la pire récession économique qu’il n’a jamais vu ni connu du moins ces cent dernières années. En 1929, une terrible crise assénait … mortellement la toute puissante économie américaine. Wall Street, le centre névralgique de la finance mondiale flanchait. Ce fut la panique générale au pays de l’Oncle Sam. Les ondes de choc atteignirent l’Occident. En 2008, une grave crise financière frappa  les grandes places financières de l’Europe auxquelles les ondes « telluriques » touchèrent l’outre-Atlantique.  

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