Les derniers tests faisant état de 35 nouveaux cas positifs au Covid-19 sont encore à refaire. Mais s’il est confirmé qu’un certain nombre de contaminés (9 selon les résultats publiés avant-hier) sont des enfants en âge scolaire, se posera avec acuité la question sur l’opportunité de la reprise des cours, déjà effective pour les élèves, collégiens et lycéens en classe d’examen ainsi que l’ouverture généralisée des établissements d’enseignement, envisagée à un moment « en fonction de l’évolution de la situation ». Il reste néanmoins que, confirmation ou non des résultats d’avant-hier, cette vraie-fausse alerte a mis les parents dans la simulation d’une éventuelle propagation du coronavirus en milieu scolaire et force de constater que, depuis avant-hier, la panique a gagné bon nombre de foyers.
Environnement à très haut risque
En premier lieu, Il faut savoir que le sureffectif qui prévaut déjà dans la plupart des établissements d’enseignement du pays (publics ou privés) rend pratiquement impossible la distanciation de un mètre, encore moins celle de un élève par banc dans les salles de classe. En second lieu, outre les risques de contamination dans la cour de récréation où le personnel enseignant aura du mal à contenir la fougue de pré-adolescents et adolescents encore insouciants de ce qu’ils encourent. Et la reprise généralisée des cours s’accompagnera automatiquement de la ruée dans les transports en commun, lesquels, nul ne l’ignore, ont du mal à absorber la demande sans recours à la surcharge. Le constat s’impose de lui-même : à partir du moment où l’élève quitte le domicile familial, il va évoluer durant des heures entières dans un environnement à très haut risque.
Rapport bénéfice/risque
Sur un plan plus général, la situation sera difficilement maîtrisable dès l’apparition de cas positifs en milieu scolaire. En effet, la disparité des quartiers d’origine des élèves va grandement favoriser l’essaimage du virus dans toutes les directions et dans toutes les couches de la population. Etant donné que, dans l’écrasante majorité des cas, on est en face de sujets asymptomatiques (ce qui retarde leur détection) et le traçage des cas contacts qui s’ensuivront sera particulièrement difficile, pour ne pas dire impossible.
En l’état actuel de la situation, bon nombre de parents préfèrent le risque d’une année blanche, plutôt que celui d’une année endeuillée. Dans tous les cas, la perspective de vivre constamment avec le ventre tenaillé par la crainte d’une contamination, à la fin de chaque journée d’école, hante tous les esprits. Pour beaucoup, le rapport bénéfice/risque plaide en faveur de la non-reprise des cours, classe d’examen ou non.
La Rédaction
Une enveloppe de 347,5 millions de dollars. Tel sera le budget alloué au plan de relance économique de Madagascar, après la crise sanitaire liée au coronavirus. 85 % de ce budget, soit 295 millions de dollars, serviront surtout pour appuyer les entreprises opérant dans le pays. Les critères quant aux entreprises bénéficiaires ne sont pas encore totalement définis. Les autorités en charge du plan de relance économique n’ont pas encore communiqué les détails du programme, autant pour les entreprises bénéficiaires que les sommes attribuées à chacune d’elles. Pourtant, la version définitive de ce plan aurait déjà dû être finalisée à la fin du mois d’avril dernier.
La définition des entreprises bénéficiares reste assez complexe, dans la mesure où chaque société, peu importe sa taille et son secteur d’activité, a été touchée, soit directement ou indirectement, par la crise économique d’envergure mondiale, générée par cette pandémie de coronavirus. « Effectivement, les autorités devront trancher sur un bon nombre de points pour séléctionner les entreprises. Il ne faut pas oublier que la relance de notre économie en dépend. La sélection est aussi complexe sachant que nous n’avons pas de chiffres exacts pour nous appuyer, contrairement aux autres pays. Nous ne pouvons pas alors décreter du jour au lendemain que telle somme ira à tel secteur d’activité pour le soutenir dans son redressement. C’est pourquoi le secteur privé a opté pour une réunion afin de récolter les données nécessaires pour trancher », soutient un observateur. Effectivement, le 7 avril dernier, le ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat et celui des Finances et de l’Economie se sont concertés avec les acteurs du secteur privé pour dresser un état général des lieux et prendre en compte les attentes et les besoins de chacun.
Dans tous les cas, le premier secteur en tête de liste des bénéficiaires est indiscutablement le tourisme. Dès le début de la propagation de la pandémie, au mois de mars, les opérateurs se sont déjà déclarés sinistrés, notamment avec la fermeture des frontières aériennes et la suspension de tous les vols internationaux, sans oublier que la saison des croisières a également été interrompue. Les agences de voyages ont cumulé les annulations. Les établissements hôtelliers enregistrent aujourd’hui un taux d’occupation de 0 %. Les avions sont cloués au sol. Ce qui fait que les pertes du secteur atteignent actuellement les 1 900 milliards d’ariary. Le tourisme pourrait ensuite être suivi par le secteur du commerce. En un mois de confinement total, les commerçants du pays, outre les grandes et les moyennes surfaces (GMS) et les commerces en ligne, n’ont rien vendu. Ils enregistrent ainsi un manque à gagner important. La filière industrielle devrait aussi figurer parmi les bénéficiaires. Que ce soit dans le domaine de l’agroalimentaire ou du textile, la production manufacturière a particulièrement été ralentie, notamment à cause de la perturbation des chaînes d’approvisionnement des intrants, mais aussi de la limitation des commandes et des ventes, autant à l’interne qu’à l’externe. Ce ralentissement a ainsi réduit les revenus des industriels dans le pays, favorisant ainsi un problème de disponibilité au niveau des industries.
Et cette situation est la même au niveau des PME (Petites et moyennes entreprises) que les opérateurs fournisseurs de service comme les transports, les restaurants ou encore les centres de loisirs, sans oublier l’enseignement privé. Il reste à voir si les autorités comptent également prendre comme critère de sélection le fait que l’entreprise en question se trouve dans le formel ou non. Dans tous les cas, tous les acteurs économiques attendent avec impatience ce plan de relance économique pour pouvoir relancer leurs activités.
La Rédaction
Les mauvaises langues sèment la confusion autour des dernières statistiques sur les cas de coronavirus à Madagascar. Le ministre de la Communication et de la Culture, Lalatiana Rakotondrazafy Andriantongarivo défend que depuis le début de la pandémie, les autorités ont toujours dit la vérité.
La vérité dans la gestion de la pandémie de coronavirus. La vérité dans la publication des statistiques. C’est ce qu’a expliqué le Président de la République Andry Rajoelina au début de cette crise. Et il tient parole. Tel est le cas dans la publication des statistiques des personnes contaminées au Covid-19. Depuis le début, les autorités ont toujours joué la carte de la transparence. Le Chef de l’Etat a d’ailleurs précisé que les chiffres sont publiés par l’Institut Pasteur de Madagascar, en collaboration étroite avec l’Organisation mondiale de la santé.
Tous les chiffres publiés quotidiennement par le Centre de commandement opérationnel CCO Covid-19 Ivato sont des chiffres vérifiés et vérifiables, donc fiables. Tel est le cas des dernières statistiques qui ont fait couler beaucoup d’encre. Les autorités publient un chiffre de 35 personnes contaminées tandis que l’Organisation mondiale de la santé en a publié 67. Mais certains ont profité de cet écart pour mettre le feu à la poudre et semer la pagaille dans cette situation d’urgence sanitaire.
Le ministre de la Communication et de la Culture, Lalatiana Rakotondrazafy, a expliqué que les autorités n’ont publié que 35 cas confirmés. Elles ont délibérément pris la décision de ne pas publier les 32 cas. Cette décision a été prise non pour fausser les chiffres mais en l’attente d’une nouvelle confirmation. En effet, ces 32 cas font l’objet d’une vérification contradictoire par l’Institut Charles Mérieux de l’Université d’Antananarivo. D’ailleurs, les 35 cas font également l’objet d’une contre vérification. Le but principal est de refaire le test pour rassurer les personnes testées et la population.
Outre ces contre-vérifications, les autorités procèdent également à une enquête interne pour faire la lumière sur cette affaire. Il existe, en effet, des suspicions sur l’accroissement soudain de la capacité de l’Institut Pasteur de Madagascar à faire des tests quotidiens. Si auparavant cette capacité se situait aux alentours de 100 tests par jour, pourquoi cette augmentation soudaine à 252 ?...
Une trentaine de nouveaux cas en 24h ! Du jamais vu depuis le 20 mars dernier, découverte des premiers cas du Covid- 19 à Madagascar. Cas importés au début, il s’agit maintenant de cas dits communautaires. La pandémie de coronavirus reste toujours comme l’épée de Damoclès qui plane au-dessus de la Grande île, notamment Antananarivo, Atsinanana et Haute- Matsiatra. Sans conteste, le relâchement général serait à l’origine de cette situation alarmante. A preuve, lors de la période de confinement, il n’y avait que 2 ou 3 cas par jour de personnes contaminées par le Covid -19.
Madagascar n’a jamais autant enregistré de cas confirmés au coronavirus qu’hier. Le Centre de commandement opérationnel Covid-19 par le biais de sa porte-parole et non moins doyenne de la Faculté de médecine, Professeur Vololontiana Marie Hanta Danielle a annoncé l’identification de 35 personnes positives après test PCR auprès de l’Institut Pasteur de Madagascar (IPM). 13 d’entre elles présentent des formes symptomatiques sans aucun signe grave. 22 sont localisées dans la Région d’Analamanga tandis que les 13 autres se trouvent actuellement à Toamasina. Ce qui fait un total de 193 cas confirmés depuis le 19 mars, le jour d’annonce officielle de la première contamination. Etant donné qu’aucun nouveau cas de rémission n’a été répertorié dernièrement, le nombre de personnes guéries reste à 101. Ainsi, 92 personnes sont en cours de traitement auprès des établissements respectifs.
Une objection quant à la suspension des activités des transporteurs. Durant son intervention dans une station de télévision locale, le directeur général de l’Agence des transports terrestres (ATT), Jeannot Reribaky, a indiqué que les transporteurs doivent être libres de choisir leur position quant à cette déclaration de l’Union des coopératives de transport urbain (UCTU) et l’Union des coopératives de transport suburbain (UCTS). Sur ce, des taxis-be de l’UCTU et de l’UCTS ont décidé de travailler. Ces derniers ont expliqué qu’ils ne sont pas d’accord avec cette décision, puisque jusque- là, ils n’ont pas encore travaillé à perte.
« Un malheur ne vient jamais seul ! » Ce sinistre adage populaire reste malheureusement d'actualité. Dans la plupart des cas, quand un malheur survient dans une famille ou dans un pays comme c'est le cas actuellement à Madagasikara, il attire d'autres adversités. Tout comme si le malheur qui s'abat en ce moment à cause de ce virus imprenable ne suffit pour qu'on en rajoute d'autres. Sans en parler les tirs croisés des détracteurs. Heureusement pour nous Malagasy que notre jeune Président a encore les reins solides car diriger plusieurs fronts en même temps n'est du tout repos et loin du ressort de l'évidence. En fait, le pays fait face de façon concomitante sinon simultanément au jour d'aujourd'hui à trois fronts différents dans des endroits séparés de la Grande île : la bataille acharnée contre la pandémie du nouveau coronavirus, la lutte de longue haleine pour terrasser la malaria (le paludisme) et le combat contre la dengue.
Solidarité entre partenaires. Enelec Madagascar, du Groupe Filatex, a remis au Centre médico-social de la JIRAMA (CMS), à Antanimena, hier, 1 000 litres de gel hydroalcoolique à base de Ravintsara et 300 000 masques lavables. « Enelec Madagascar figure parmi les fournisseurs d'énergie de la JIRAMA. Depuis le début, nous avons accompagné l'entreprise, et nous continuerons. En cette période de crise, nous sommes notamment convaincus que notre collaboration ne doit pas se limiter à la fourniture d'énergie seulement. Etant un service réquisitionné, la JIRAMA travaille activement pour fournir un service de qualité à ses usagers.
En pleine élaboration du plan de relance économique. La Banque mondiale a communiqué, hier, les détails de ses aides en matière de riposte à la crise sanitaire. Concernant le secteur privé, l'institution de Bretton Woods octroie 5 millions de dollars en faveur du secteur touristique. Rappelons que ce domaine reste le plus touché des conséquences de la pandémie avec un manque à gagner estimé à 1900 milliards d'ariary. L'allocation permettra ainsi aux opérateurs à financer partiellement les salaires sur une durée limitée dans le but d'éviter le chômage technique et la cessation des activités. La somme couvrira également une assistance technique pour la réouverture de la desserte aérienne et la communication de crise. Il faut savoir que 1 000 entreprises touristiques établies dans les zones du projet Pôles intégrés de croissance (PIC) à savoir la Région Anosy, Atsimo Andrefana et Diana bénéficieront de cet appui.
Sans complaisance ! Le Président Andry Rajoelina n'a pas caché son exacerbation face à l'indiscipline de certains citoyens, d'une part et le laxisme de certains responsables, d'autre part, dans la lutte menée contre le coronavirus en ce moment. En déplacement dans la ville de Toamasina hier, le Chef de l'Etat a déploré plusieurs violations des dispositions sanitaires qui représentent une menace pour la santé publique. « Je suis très en colère ! », a déclaré le Président avant de poursuivre que « nous travaillons jour et nuit pour trouver des solutions face à cette épidémie mais je constate malheureusement que certains citoyens ne respectent pas encore les règles ».