Le Nouvel an pointe son nez. L’année 2025, la bienvenue, débarque de nulle part. Qu’elle apporte dans son escarcelle, si le Bon Dieu veuille bien, paix et sérénité, bonheur et prospérité !
« Attendre et agir ». Voilà les deux mots magiques qu’il faille retenir en ce début d’année. Suite au discours de fin d’année du Chef de l’Etat Rajoelina Andry Nirina, les attentes pour une meilleure condition de vie de tous les Malagasy sonnent fortes. Déterminé à prendre à bras-le-corps tous les dispositifs nécessaires pouvant redresser le pays, le Président de la République annonce des mesures drastiques.
Le ministère de l’industrialisation et du commerce (MIC) a récemment organisé sa première édition des portes ouvertes, le mois dernier à Ambohidahy. Cet événement a rencontré un franc succès, attirant de nombreux visiteurs issus de divers horizons. Quarante-trois stands étaient installés, offrant aux participants un aperçu complet des services et activités proposés par le MIC, les agences sous sa tutelle ainsi que ses partenaires. Cette initiative visait à rapprocher le ministère du grand public, en facilitant l’accès à l’information et en renforçant les échanges entre les différentes parties prenantes. « J’ai découvert des programmes qui pourraient grandement bénéficier à ma petite entreprise.
Après une semaine de congé, le Musée de la photographie, situé à Andohalo, est de nouveau ouvert au public, invitant ainsi les passionnés d'art et de culture à découvrir une programmation riche et variée. L’exposition baptisée « Lutteurs bara » se démarque parmi les autres, offrant un regard unique sur la pratique ancestrale de la lutte à Madagascar. Cette exposition est une extension de « Voyage en pays bara et vezo », et elle met en avant le travail de Jacques Faublée, ethnologue et photographe (1912-2003), dont les œuvres saisissantes plongent les visiteurs au cœur de cette tradition.
Dans cette interview, le ministre de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hygiène (MEAH) Lalaina Andrianamelasoa fait un point détaillé sur les avancées du projet de pipeline Efaho et les autres initiatives pour améliorer l’approvisionnement en eau, notamment dans le Sud du pays. Il aborde également les défis rencontrés à Antananarivo, ainsi que les solutions à court et long terme mises en place pour répondre aux besoins urgents de la population.
Les habitants de la Capitale profiteront très bientôt du téléphérique. Une nouvelle alternative qui révolutionnera la mobilité urbaine dans la Capitale et s’ajoutera à la multitude d’options qui s’offrent aux usagers. Inscrit parmi les projets phares du Président Andry Rajoelina, le téléphérique comporte de nombreux avantages, si l’on ne citait que son impact environnemental minime (un bilan carbone très faible), ainsi que son caractère silencieux et pratique qui offre une expérience unique aux passagers.
Le 31 décembre 2024, Andry Rajoelina a pris la parole pour dresser un bilan des réalisations de l'année et présenter les projets à venir. Un discours, diffusé sur les stations publiques, dans lequel il a mis en avant les progrès réalisés malgré les difficultés tout en soulignant la solidarité du peuple malgache.
Dans son adresse à la Nation d'un peu plus d'une demi-heure, le Président a insisté sur les réalisations concrètes. Parmi celles-ci, l'avancement de la construction de l'autoroute Antananarivo-Toamasina, dont la première section sera inaugurée l'année prochaine, ainsi que la rénovation du boulevard Ratsimilaho. Des infrastructures sportives et des universités ont été créées dans plusieurs régions du pays, rappelle-t-il.
Sur le plan énergétique, Rajoelina a annoncé la construction d'une centrale thermique de 105 MW, destinée à réduire les coupures d'électricité d'ici la fête nationale du 26 juin 2025. D’autres projets d’énergie renouvelable, comme des parcs solaires de 150 MW, sont également en préparation pour répondre aux besoins énergétiques de Madagascar.
Face aux pénuries d’eau potable, le Président a rappelé plusieurs projets d'approvisionnement, notamment l’installation de stations de production d’eau à Amoron'Ankona, Ambohitrimanjaka et Mandroseza 3, ainsi que la réhabilitation de 64 km de canalisations. Un réseau de 140 km sera aussi déployé à Antananarivo pour desservir des zones non alimentées.
Un nouveau CCI
Rajoelina a également mis en avant son projet pour transformer l’agriculture à Madagascar, avec l’objectif d’atteindre l’autosuffisance en riz d’ici 10 ans, en doublant la production par hectare. Cette réforme est présentée comme une solution à la pauvreté et la malnutrition, dans un pays où 80% de la population vivent de l’agriculture.
L'année 2025 marquera le 65e anniversaire de l'indépendance de Madagascar, soutient aussi le numéro Un du pays. A cette occasion, la construction d'une raffinerie aurifère sera lancée pour produire de l’or monétaire et des lingots, et mieux réguler les exportations. L'or monétaire en onces pourra être acheté par les citoyens malgaches et les touristes, précise Rajoelina. De plus, la route reliant le sud et le nord du pays, la Route du Soleil, sera renforcée. Le Chef de l'Etat annonce par ailleurs le lancement imminent de la réhabilitation de la RN10 et l’ouverture à venir de la RN13.
Enfin, Rajoelina a souligné les avancées diplomatiques de Madagascar, avec la prise de la présidence de la SADC en 2025-2026 et l’organisation de sommets régionaux dans les mois à venir. Dans ce contexte, le Président a également annoncé la construction d'un Centre de conférence internationales et d'un Palais des Congrès dans un délai court pour l'accueil du Sommet de la Commission de l'océan Indien ou encore l'Assemblée générale de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC).
Des projets pour améliorer la qualité de vie à Antananarivo, avec le développement du Lac Iarivo, un espace de loisirs de 325 hectares à Ivato a aussi été rappelé. Ce projet inclura des zones piétonnes, des pistes cyclables, ainsi qu'une fontaine musicale géante. Des bus électriques seront introduits pour améliorer la mobilité dans la Capitale.
Recueillis par L.A.
En août 2025, Madagascar sera le théâtre d'un événement majeur pour l'Afrique australe : le 45ème Sommet des Chefs d'Etat de la communauté de développement des Etats d'Afrique australe (SADC). Ce sommet revêt une importance particulière car il marquera le 25ème anniversaire de cette organisation régionale. C'est une occasion pour Madagascar de briller à nouveau sur la scène internationale et de renforcer son rôle au sein de la SADC. Madagascar, qui a intégré la SADC en 2005, assumera pour la première fois la présidence de cette organisation, succédant au président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa. Ce changement de leadership est symbolique d'un retour en force de Madagascar sur la scène régionale après une période de turbulences politiques. Le Sommet de 2025 s'inscrit dans un contexte où les défis socio-économiques et environnementaux sont de plus en plus pressants pour la région. D’ailleurs, Madagascar intégrera la Troïka de la SADC lors de ce sommet. En assumant la présidence de la SADC, le Président Andry Rajoelina a l'occasion de promouvoir des initiatives visant à renforcer l'unité, la paix, et la solidarité parmi les Etats membres.
Préparatifs et Infrastructures
Madagascar met en œuvre des projets d'infrastructure d'envergure pour accueillir dignement cet événement. Parmi les initiatives notables, la construction d'un centre de conférence moderne, annoncée par le Président Rajoelina lors de son discours de fin d'année. Ce centre est destiné à accueillir les délégations et les réunions qui auront lieu pendant le Sommet. En outre, un projet de développement d'un parc autour du lac Iarivo est prévu. Inspiré par le projet "Miami Toamasina", ce parc sera une vitrine de l'engagement de Madagascar envers le développement durable et la valorisation de ses ressources naturelles. Ce Sommet représente aussi une opportunité en or pour le pays sur les plans économique et diplomatique. En accueillant un tel événement, Madagascar pourra renforcer ses relations avec d'autres États membres, attirer des investissements étrangers, et promouvoir le tourisme. Les projets d'infrastructure liés au sommet auront également des retombées positives sur l'économie locale, stimulant le secteur de la construction et améliorant les services de transport et d'hébergement.
Nikki Razaf
Alors que Madagascar s'engage sur la voie de la relance économique, l'année 2025 s'annonce cruciale pour le développement du pays. A travers des réformes structurelles et une intégration régionale accrue, la Grande île cherche à renforcer sa résilience face aux défis globaux, tout en capitalisant sur son potentiel dans des secteurs stratégiques tels que les énergies renouvelables, l'économie numérique et le commerce international. Toutefois, la gestion de l'inflation et la libéralisation progressive des prix du carburant restent des enjeux clés pour maintenir la stabilité économique et sociale.
Priorité aux énergies renouvelables
En 2025, Madagascar entend accélérer son virage vers les énergies renouvelables pour répondre à ses besoins énergétiques croissants tout en réduisant sa dépendance aux énergies fossiles importées. Avec un potentiel important en matière d'hydroélectricité, notamment à travers des projets comme Volobe et les petites centrales locales ainsi qu’une capacité solaire abondante, le pays vise à développer des sources d’énergie durables pour diversifier son mix énergétique. Le projet hydroélectrique de Volobe, qui a pris du retard, est attendu comme une des solutions clés pour stabiliser l’approvisionnement en électricité. Madagascar a également adopté une approche plus proactive en matière d’énergie solaire et éolienne, avec l’appui de partenaires internationaux, ce qui permet de soutenir la création d’emplois verts et de promouvoir une industrialisation respectueuse de l’environnement. Cependant, des défis subsistent entre autres les obstacles réglementaires et le financement de ces projets. En 2025, l'une des priorités économiques sera de lever ces barrières pour attirer davantage d’investissements dans ce secteur. La transition vers une énergie propre devrait avoir un impact significatif non seulement sur la réduction des coûts énergétiques, mais également l'amélioration de la compétitivité des industries locales et l'inclusion sociale, notamment à travers l’électrification des zones rurales.
Economie numérique et inclusion financière
L’économie numérique à Madagascar est en plein essor, avec une transformation notable des services financiers à travers l’inclusion des technologies numériques. En 2025, cette dynamique devrait se renforcer grâce à l’adoption croissante de la Fintech et des solutions de paiement mobile qui ont déjà révolutionné l'accès aux services financiers dans un pays où l'inclusion bancaire reste limitée. Le développement de la connectivité Internet dans les zones rurales - soutenu par des projets de câbles sous-marins et d’infrastructures de fibre optique - facilitera l'essor de nouveaux modèles économiques axés sur le numérique. Le secteur bancaire et les startups technologiques se tournent de plus en plus vers les solutions de microfinance et de paiements dématérialisés pour toucher une population historiquement sous-bancarisée. L'inclusion financière, combinée à la digitalisation croissante des services publics, peut améliorer la transparence des transactions et permettre aux entreprises locales de croître. En 2025, le Gouvernement prévoit de renforcer les politiques d’éducation numérique pour développer les compétences dans ce domaine et ainsi soutenir l’économie numérique. Cette digitalisation accélérée pourrait également jouer un rôle clé dans l’amélioration de la productivité des PME, la création d’emplois et la modernisation du secteur public, tout en réduisant les inégalités économiques.
Nouvelle ligne ferroviaire
Dans le cadre du développement des infrastructures de transport, Madagascar prévoit la mise en place d’une nouvelle ligne ferroviaire pour 2025. Ce projet s'inscrit dans une volonté de renforcer le rôle du transport ferroviaire dans l’économie du pays. Il vise à améliorer la connectivité entre les régions et faciliter la circulation des biens et des personnes. Lors d'une réunion récente entre le ministère des Transports, la société Madarail et l’Agence des transports terrestres (ATT) la semaine dernière, il a été souligné que ce projet est nécessaire pour alléger la congestion des routes et promouvoir une mobilité durable. La nouvelle ligne devrait stimuler la croissance économique en réduisant les coûts de transport. Elle favorisera également l'intégration des zones rurales et urbaines. Ce projet est particulièrement pertinent dans un contexte où Madagascar cherche à diversifier ses modes de transport pour soutenir son développement économique tout en réduisant l’impact environnemental. La concrétisation de ce projet serait un pas important vers une infrastructure de transport plus moderne et compétitive.
Commerce international et intégration régionale (ZLECAF, COI, SADEC)
En 2025, Madagascar bénéficiera d’une conjoncture favorable avec plusieurs événements majeurs d’intégration régionale notamment le sommet de la Commission de l’océan Indien (COI) et celui de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADEC), qui se tiendront dans le pays. Ces sommets sont l’occasion de renforcer les partenariats économiques régionaux et de promouvoir les échanges commerciaux. En parallèle, l’intégration dans la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) représente une opportunité pour Madagascar d'élargir ses marchés à l’ensemble du continent africain. Les entreprises malagasy pourraient ainsi bénéficier de l'accès à de nouveaux débouchés commerciaux, tout en étant confrontées à la concurrence des autres pays africains. Cependant, pour pleinement tirer parti de ces opportunités, Madagascar devra s’adapter en améliorant ses infrastructures logistiques et portuaires, tout en réduisant les barrières non tarifaires. En s’ouvrant davantage aux échanges régionaux, Madagascar peut diversifier ses exportations, actuellement concentrées sur des produits primaires comme la vanille et le nickel. La participation active aux initiatives régionales, comme la COI et la SADEC, permet également de développer la coopération dans des secteurs stratégiques tels que le tourisme, l’agriculture et l’énergie, tout en renforçant la résilience économique du pays face aux chocs extérieurs.
Economie bleue
Madagascar se prépare à accueillir en 2025 la deuxième édition du Forum des jeunes africains sur l'économie bleue. Cet événement majeur vise à promouvoir les ressources marines et côtières. Ce forum, qui se tiendra du 17 au 19 avril 2025, rassemblera près de 500 participants dont 300 jeunes venant de toute l'Afrique selon le ministère de la Pêche et de l’Economie bleue. Il s’inscrit dans une dynamique de renforcement des initiatives liées à l’économie bleue. Celle-ci consiste à utiliser de manière durable les ressources maritimes pour favoriser le développement économique. Pour l'événement, la ville de Toliara, surnommée « Tanànan'ny masoandro » (ville du Soleil), sera transformée pour en faire un modèle d'aménagement durable. Des travaux d’embellissement, de nettoyage et d’amélioration des infrastructures routières et de sécurité seront réalisés. Cette rencontre internationale offrira à Madagascar une occasion unique de montrer son rôle central dans la gestion durable des océans. Elle permettra également de renforcer ses relations économiques avec d'autres pays africains. L’événement devrait également générer un élan de mobilisation pour les jeunes africains. Il les incitera à s'engager dans des projets innovants en faveur de la préservation des écosystèmes marins.
Inflation et perspectives de la vérité des prix du carburant
Les prévisions économiques pour Madagascar en 2025 sont globalement optimistes. Selon Frédéric Lambert, chef de mission du FMI, la croissance économique devrait atteindre 4,6% en 2025, contre 4,2% en 2024. Cette progression serait soutenue par la mise en œuvre des réformes structurelles. L’inflation, qui a pesé lourdement sur le pouvoir d'achat ces dernières années, devrait connaître une baisse significative. Elle est estimée à 7,2% pour 2025, avant de se stabiliser autour de 6% à moyen terme. Ces prévisions positives sont toutefois tempérées par des risques extérieurs tels que les conflits géopolitiques. En particulier, la guerre en Ukraine et les tensions au Moyen-Orient pourraient perturber les échanges commerciaux mondiaux et augmenter les prix des matières premières. A l’échelle nationale, le pays reste confronté à des défis liés à la pénurie d'eau et d'électricité ainsi qu’à une gouvernance fragile et des infrastructures dégradées. Ces facteurs pourraient alimenter le mécontentement social et peser sur la croissance. Les réformes économiques, surtout celles contenues dans la Politique générale de l'Etat (PGE), sont considérées comme des leviers potentiels pour renforcer la productivité. Elles pourraient également garantir une croissance durable à moyen terme.
Ainsi, l'année 2025 pourrait marquer un tournant pour Madagascar en matière de politique de prix des carburants. Face à l'inflation persistante et la volatilité des prix des produits pétroliers sur les marchés internationaux, le Gouvernement malagasy devra prendre des décisions cruciales sur la question de la vérité des prix. Depuis plusieurs années, les subventions sur les carburants ont pesé lourdement sur les finances publiques, alors que le coût réel des carburants n’est pas répercuté sur les consommateurs. La mise en place d’un mécanisme de lissage des prix pourrait permettre de limiter les chocs inflationnistes tout en réduisant progressivement les subventions. Cette transition vers un marché des carburants plus libéralisé et transparent serait essentielle pour assainir les finances publiques, mais elle pourrait aussi provoquer des tensions sociales en raison de la hausse des prix à la pompe. Le Gouvernement devra donc équilibrer entre la nécessité de réformer ce secteur et celle de protéger les ménages vulnérables de l’inflation. Des mesures compensatoires, telles que des aides directes ou le développement de sources d'énergie alternatives moins coûteuses, pourraient être envisagées. L'enjeu est de taille, car la maîtrise de l'inflation et des prix des carburants affectera non seulement la stabilité économique du pays mais aussi la compétitivité des entreprises locales et la dynamique de consommation des ménages.