Laifara Yersin Connor, un jeune homme non-voyant, vient de marquer l’histoire de la faculté EGS – Economie, gestion, sociologie de l’université d’Antananarivo. Lundi dernier, il a soutenu avec succès son mémoire de Master 2 en économie, parcours Monnaie – banque – finance, sur un thème à la fois moderne et ambitieux : « Algotrading de cryptomonnaies via l’intelligence artificielle ». Ce dernier a obtenu la mention Très bien, une distinction méritée pour un étudiant au parcours exceptionnel. Derrière cette réussite se cache une histoire pleine de courage. Laifara a perdu la vue à l’âge de 13 ans, à la suite d’un incident médical qu’aucun médecin n’a su expliquer. Mais il n’a jamais baissé les bras. « Je me suis rendu compte que la vie continue, je ne devais pas la terminer en versant des larmes », raconte-t-il. Il apprend à lire et à écrire en braille, poursuit ses études et garde toujours sa place de premier de la classe. Au lycée, il obtient deux baccalauréats : d’abord un Bac série A2 avec mention Bien, puis un Bac série C l’année suivante. « J’ai toujours voulu prouver que le handicap ne veut pas dire incapacité », dit-il avec le sourire.
Persévérance
Passionné de chiffres, Laifara a choisi l’économie pour donner vie à ses compétences en mathématiques. « Je voulais que les maths ne restent pas juste des théories compliquées. L’économie me permettait de les utiliser pour comprendre le monde réel », a-t-il annoncé. Ce dernier s’est ensuite tourné vers la finance, un domaine qu’il juge à la fois exigeant et stimulant. Selon lui, « J’aime les choses qui font réfléchir et qui me poussent à aller plus loin. La finance est un monde imprévisible, il faut toujours être prêt à analyser et à s’adapter ». Son mémoire en est la preuve. A travers le thème « Algotrading de cryptomonnaies via l’IA », il s’est intéressé à l’utilisation d’algorithmes et d’intelligence artificielle pour automatiser le trading sur les marchés financiers. « Quand on parle de finance, on pense souvent à la statistique ou à l’économétrie. Moi, je voulais apporter une autre vision : celle de la programmation et de l’algorithme. Celui qui maîtrise le code, maîtrise la machine », explique-t-il avec passion. Son parcours n’a pas été facile. Le manque de matériels adaptés pour les étudiants non-voyants à l’université d’Antananarivo reste un vrai problème. « Il n’y a pas de livres scientifiques en braille. Alors, j’empruntais les cahiers de mes camarades et je demandais à mes amis de me lire les textes. Ensuite, je les traduisais moi-même en braille », raconte-t-il calmement. Malgré ces difficultés, il garde le sourire et remercie sa faculté pour l’avoir toujours soutenu. Il espère que, dans l’avenir, les universités malgaches seront plus accessibles pour les étudiants handicapés. En effet, après cette réussite, Laifara ne compte pas s’arrêter là. Pour l’instant, il souhaite se lancer comme freelance dans le domaine de l’administration système Linux et du data science, afin d’économiser et de créer sa propre entreprise d’algotrading. « L’étude n’est pas seulement un moyen d’avoir un travail. Pour moi, c’est une seconde nature. J’aime apprendre et je continuerai toujours », a conclu Connor.
Carinah Mamilalaina
Boungnavanh Rafidimanana
Vingt ans au service des litchis malgaches
Installée à Madagascar depuis plus de vingt-cinq ans, Boungnavanh Rafidimanana, surnommée Titi, consacre sa vie à l’exportation de litchis. D’origine laotienne et mariée à un Malgache, cette dernière dirige Fruid’îles Export, basée à Toamasina. L’entreprise envoie chaque saison ce fruit emblématique de la côte est vers plusieurs pays. Chaque mois de novembre, la saison des litchis change complètement le rythme de l’entreprise. « L’équipe permanente compte une dizaine de personnes, mais pendant la récolte, plus de 1 000 personnes travaillent », explique l’entrepreneure. Cette période permet à de nombreuses familles de gagner un revenu. Récemment, le cyclone Gezani a frappé Toamasina. L’entreprise a subi des dommages matériels : toiture abîmée, clôture détruite, rideaux métalliques endommagés. Mais Titi reste concentrée sur l’essentiel. « Beaucoup de nos collaborateurs et leurs familles ont perdu leur toit. Les dégâts de l’entreprise restent secondaires », confie-t-elle. Elle insiste sur la solidarité nécessaire pour aider la ville à se relever et à reconstruire ses activités. Au-delà du commerce, elle soutient l’entrepreneuriat féminin. Titi fait partie des femmes mises à l’honneur par le Groupement des femmes entrepreneurs de Madagascar, avec une exposition visible à l’aéroport international d’Ivato. D’abord surprise par cette reconnaissance, elle y voit aujourd’hui une mission : encourager les femmes à croire en elles et à entreprendre. Pour Boungnavanh Rafidimanana, Madagascar est devenu un pays de cœur. Son parcours montre que le travail et la persévérance ouvrent des possibilités. « Si mon exemple peut inspirer d’autres femmes et montrer que tout est possible, alors cela aura un vrai sens », dit-elle avec conviction.
Naomy Rasolofonirina
La vanille malgache sous les projecteurs internationaux
A Sambava, au cœur de la Région productrice de vanille à Madagascar, Naomy Rasolofonirina perpétue un héritage familial vieux de trois générations. Fondatrice et CEO de Pure Vanilla Madagascar, elle a transformé l’entreprise de ses parents, autrefois centrée sur le stockage et le conditionnement local, en une société tournée vers l’exportation internationale. Il y a plus de dix ans, Naomy décide de revenir dans sa Région natale pour reprendre l’entreprise familiale. Elle lui donne un nouveau souffle en la rebaptisant Pure Vanilla Madagascar et en se lançant dans l’exportation. Pour développer son réseau, elle entreprend plusieurs voyages, notamment aux Etats-Unis et dans plusieurs pays, afin de rencontrer des partenaires et trouver des clients. « Mes parents n’avaient jamais pu exporter cette épice malgache à cause de la langue et des défis du marché. J’ai voulu continuer leur travail et aller plus loin », explique-t-elle. Le parcours ne se révèle pas simple. Entre les cyclones qui frappent régulièrement la Région, les fluctuations du marché et le travail exigeant derrière chaque gousse de vanille, l’entrepreneure doit affronter de nombreux défis. « C’est un travail passionnant, mais chaque jour apporte son challenge », confie-t-elle. Issue d’une famille de producteurs, Naomy souligne toutefois que son engagement dans la filière dépasse largement la dimension commerciale. Cette dernière souhaite contribuer à une chaîne de valeur plus juste pour les producteurs, qui constituent la base de cette filière, tout en portant la vanille malgache sur la scène internationale. Son action se traduit également par un engagement social au sein des communautés rurales. L’entrepreneure soutient notamment l’éducation des enfants et s’intéresse particulièrement à la santé des femmes dans les zones productrices. « Pour moi, il ne s’agit pas de charité, mais de construire un système plus équitable où chacun peut vivre dignement de son travail », explique-t-elle. Aujourd’hui, Pure Vanilla Madagascar exporte ses produits vers plusieurs marchés internationaux et contribue à faire découvrir la qualité exceptionnelle de la vanille malgache à travers le monde. Comme elle aime le rappeler : « La vanille malgache n’est pas seulement une épice d’exception. Derrière chaque gousse, il y a des familles, des femmes et des enfants. Si la vanille de Madagascar est reconnue dans le monde, il est essentiel que les communautés qui la produisent puissent en vivre dignement ».
Rasolofoarisoa Lydia
Les saveurs authentiques d’Amoron’i Mania en bouteille
Originaire de la Région d’Amoron’i Mania, dans le District d’Ambositra, Rasolofoarisoa Lydia transforme sa passion pour les fruits et légumes en une entreprise florissante. Fondatrice de Lydia Tsiro en 2013, elle se fait surtout connaître grâce à ses confitures artisanales, son vinaigre de cidre et son jus de raisin concentré. En 2015, elle rejoint le Groupement des femmes entrepreneurs de Madagascar (GFEM), qui l’accompagne dans le développement de son activité et la structuration de son équipe, dont la taille varie selon les saisons de récolte. « Ma mission, c’est de valoriser les produits locaux et le savoir-faire malgache », confie-t-elle. Aujourd’hui, Lydia Tsiro ne représente pas seulement une entreprise. Il s’agit également du symbole d’une ambition locale portée par une femme déterminée, qui inspire d’autres entrepreneures à cultiver leur passion et à faire rayonner Madagascar à travers ses saveurs authentiques.
Tantely Rakotomalala
De la communication de crise au sommet régional de leaders
Le parcours de Tantely Rakotomalala débute tôt. A seulement 19 ans, fraîchement diplômée d’un Master, elle fait ses premiers pas dans le monde professionnel et découvre les coulisses des initiatives entrepreneuriales. Cette dernière comprend alors qu’entreprendre est une voie possible, une intuition qui deviendra rapidement une ambition. En 2011, elle se lance dans l’aventure professionnelle, et avec son mari Toky Rajaona, fonde l’agence de communication Becom en 2013. Suivent Masterlife Company en 2018 et Foodmark en 2021, en pleine crise pandémique. A la tête de ces entreprises, Tantely Rakotomalala déploie son talent dans l’événementiel et les campagnes de communication complexes. Elle organise des événements régionaux et internationaux et accompagne entreprises et institutions dans leurs projets. Pour elle, entreprendre n’est pas seulement un projet personnel. « Bien que j'ai été élevée dans la Capitale, il faut comprendre que mes villages d'origine sont dans de contrées profondes, loin de la richesse et de la modernité. Je pense que l'entrepreneuriat est le levier que je cherchais pour créer de la valeur, du développement et combattre plusieurs générations de précarité de notre lignée. Aujourd'hui, à travers mon métier, j'ai l'opportunité de soutenir des entreprises et des institutions dans leurs campagnes ; j'aspire à faire rayonner notre pays au-delà de ses propres frontières, à travers nos savoir-faire mais également nos produits de la terre dont nous pourrions être si fiers », a-t-elle expliqué. En parallèle, Tantely est co-fondatrice du CEO Summit Indian Ocean, qui réunit plus de 600 leaders de la Région pour échanger et partager de nouvelles idées. La dirigeante milite également au sein du Groupement des femmes entrepreneures de Madagascar pour donner plus de place aux femmes dans les sphères de décision économique. Introvertie assumée, elle montre qu’un leadership efficace ne se mesure pas à la voix la plus forte. Pour elle, réussir signifie être constant, clair et oser avancer malgré les difficultés.
Par Carinah Mamilalaina
De nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer ce qu’elles considèrent comme une atteinte au Palais de la Reine, en raison d’une infrastructure récente. Cependant, il est facile d’oublier que les colonisateurs ont commis des actes encore plus graves sur l’emplacement de l’actuel stade Barea, également connu sous le nom de stade de Mahamasina.
Il est erroné de condamner l’édification d’un colisée romain dans l’enceinte du palais de la Reine, simplement parce qu’il ne s’inscrit pas dans une tradition royale, et serait donc contre les valeurs de la royauté malgache. Pourtant, on peut se demander si les rois et reines successifs lors du XIXème siècle à Madagascar ont eu tort d’accepter la construction d’une église chrétienne dans l’enceinte même du palais de Manjakamiadana. Ce type de question se pose également à propos de l’actuel stade de Mahamasina. En effet, cette plaine, au cœur de la capitale, était véritablement un sanctuaire pour le royaume malgache. Radama 1er y utilisait la plaine de Mahamasina pour ses manœuvres militaires. C'est également le lieu où se trouve la « Vatomasina » ou pierre sacrée. Plusieurs couronnements ont eu lieu sur ce site (Radama II, Ranavalona II et III). D'ailleurs, Mahamasina, qui signifie littéralement « ce qui rend sacré », était un lieu public (« kianja ») où les discours des souverains merina étaient délivrés au XIXème siècle. C'est ici que le souverain venait se présenter au public. En 1862, en raison du nombre élevé d'invités et de l'importance de la cérémonie, Radama II a rompu la tradition et est devenu le seul souverain couronné à Mahamasina. Les deux dernières reines de Madagascar y ont également prononcé plusieurs discours, appelés « kabary ».
« Sous les gradins »
Cependant, en 1897, les colonisateurs français ont construit un premier stade de 3.000 places à cet emplacement. Tout au long de la période coloniale, jusqu’au début des années 30, Mahamasina a été le théâtre de courses de chevaux. Ceci est déploré par les traditionalistes malgaches et d'autres historiens de la royauté, qui constatent que les célébrations d’autrefois n’ont laissé derrière elles qu’une pierre sacrée, désormais dissimulée sous les gradins. Ainsi, il apparaît clairement que Mahamasina a perdu son caractère sacré et profondément royal durant la période coloniale, devenant d’abord un hippodrome, puis un stade municipal.
Et la suite est bien connue. Pour le pouvoir colonial, Mahamasina est devenu un symbole politique majeur car en 1958, le Général de Gaulle y annoncait la souveraineté malgache. En 1960, le Président de la République Tsiranana Philibert y proclamait l’indépendance de Madagascar. Depuis, ce lieu reste le site des défilés de la Fête nationale du 26 juin.
Tout cela démontre que la sacralité de cet endroit, considéré comme un sanctuaire royal de l’ancien Antananarivo, est aujourd’hui définitivement perdue. Et il serait peu probable que les descendants de la lignée royale contredisent ce constat.
Par FR
Antananarivo, Madagascar – 9 mars 2026
GetHumanCall accélère le développement de l’externalisation de la relation client à Madagascar
Implantée à Antananarivo depuis 2021, l’entreprise GetHumanCall confirme sa croissance et son positionnement parmi les acteurs dynamiques de l’externalisation (BPO) à Madagascar. Fondée par Jonathan Da Costa et Gérald Rambeloson, la structure déploie un modèle d’outsourcing combinant performance opérationnelle, qualité de service et création d’emplois qualifiés.
Une expertise aux standards internationaux
Positionnée auprès d’entreprises européennes et internationales, GetHumanCall s’appuie sur un modèle hybride garantissant flexibilité et scalabilité. Le pilotage de l'activité répond aux exigences de la norme ISO 18295, avec des résultats probants enregistrés en 2024 :
Volume d'activité : Plus de 2,5 millions de demandes clients traitées.
Indicateurs Qualité : Un score qualité de 95 % et un taux de présentéisme de 99 %.
Pilotage de la performance : Suivi rigoureux du CSAT, du FCR et respect strict des SLA pour une expérience client optimisée.
Une infrastructure dimensionnée pour la croissance
L’entreprise dispose désormais de plus de 300 positions opérationnelles actives. Cette capacité est soutenue par l’exploitation d’un nouveau site de 5 000 m² à Antananarivo, conçu pour offrir un environnement de travail structuré et accompagner l'expansion des activités de ses partenaires.
Un impact économique local
Au-delà de ses résultats opérationnels, GetHumanCall contribue activement au développement économique de la région et au positionnement de Madagascar comme destination compétitive pour l’outsourcing à l’échelle internationale.
À propos de GetHumanCall
Fondée en 2021 et basée à Antananarivo, GetHumanCall accompagne des entreprises internationales dans la gestion de leur service client multicanal grâce à des équipes dédiées et formées selon des standards internationaux.

De nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer ce qu’elles considèrent comme une atteinte au Palais de la Reine, en raison d’une infrastructure récente. Cependant, il est facile d’oublier que les colonisateurs ont commis des actes encore plus graves sur l’emplacement de l’actuel stade Barea, également connu sous le nom de stade de Mahamasina.
Si la future destruction du colisée dans l’enceinte du Palais de la reine a suscité de nombreux débats ces derniers temps, il existe aussi des patrimoines à sauver de la destruction et de l’oubli.
Sous le vacarme incessant des klaxons et la fureur de vivre d’Antananarivo, des géants de l’histoire s’éteignent dans l’indifférence. Tandis que les projecteurs se tournent vers les grands monuments de la Haute-ville, d’autres trésors - tombeaux de grands officiers ou demeures de bois bicentenaires - s’effritent au coin d’une rue ou derrière des étals de marchands. Voyage au cœur de cette mémoire en sursis, là où l’histoire des grands hommes de Madagascar lutte contre l’érosion du temps et l’oubli des vivants.
Jusqu'en 1979, la capitale malgache attirait des orchestres talentueux qui égayaient les soirées dansantes et autres événements festifs. Du côté des instruments, ces musiciens étaient dotés de guitares électriques, de basses et de batteries. Parfois, l'ajout de saxophones et de trompettes apportait une dimension supplémentaire à leur performance. Cependant, pour donner du corps à leurs petites formations, ils se contentaient souvent d'un orgue électrique professionnel de jazz. Ce dernier, bien qu'intransportable en raison de son poids de près de 80 kilos, produisait une sonorité agréable, mais qui, au fil du temps, a uniformisé le son des orchestres à Madagascar. Parmi les modèles en vogue à l'époque, l'orgue de jazz Yamaha YC 30, équipé d'une cabine Leslie pour un effet vibrato, s'est imposé tant en studio que sur scène. Les disques de variétés malgaches des années 70 étaient empreints de ce son légendaire, une véritable alternative au piano acoustique.
A partir de 1980, l'émergence des synthétiseurs a profondément transformé le paysage musical d’Anananarivo. Les orchestres les plus prisés, tels que les Rafales 2000, Ny Oro, et Lill's Music, se livraient à de âpres compétitions pour acquérir le matériel dernier cri, afin d'animer les soirées sélectes de la ville. En plus du piano électrique Fender Rhodes, des grands synthétiseurs analogiques polyphoniques tels que la Solina Behringer ou l'Arturia faisaient leur apparition, offrant des sonorités de violon typiques des orchestres symphoniques. Au fil des années 80, d'autres synthétiseurs analogiques monophoniques comme le Korg MS 10 et MS 20 ont été progressivement remplacés par des modèles plus performants de la marque Roland, tels que le Juno 60, le Juno 106, et le Jupiter 6. Bema, un musicien de studio et de variété, se faisait un nom en tant que spécialiste de ces instruments.
L'année 1986 a marqué l'entrée fracassante du Yamaha DX7, un synthétiseur polyphonique numérique basé sur la modulation de fréquence, sur les scènes de la capitale, notamment grâce aux Rafales 2000. Bien que le DX 7 ait été prisé pour ses sonorités de piano électrique, utilisées par des artistes internationaux tels que Whitney Houston, ainsi que pour ses imitations d'orgue Hammond B3, son potentiel restait limité par rapport à ses concurrents comme le Roland JX 8P ou le Roland D50, apparu en 1988, enfin le Korg M1.
Parallèlement à cela, les musiciens d'orchestre locaux se perfectionnaient, tant sur le plan technique que musical. L'intérêt grandissant pour le jazz, notamment la fusion et le jazz-rock, marquait cette période. Ny Oro et les Rafales 2000 émergeaient comme les deux plus grands orchestres des années 80 à Antananarivo, comptant parmi leurs rangs les meilleurs instrumentistes de la ville. Les Rafales 2000 étaient particulièrement sollicités pour les soirées dansantes, consolidant leur réputation. Lila Rabary, journaliste et musicien ayant côtoyé cette formation, se remémore : « A la batterie, nous avions Son, au clavier Vévé, et John à la basse, également membre du groupe Redona. Mais feu Alain Razafinohatra, pilier du groupe, jouait du clavier et du saxophone ».
D'autres artistes comme Ny Andry Zazamarolahy évoquent également le talent des Rafales : « Eva était la choriste, tandis que Gérard, éternellement jeune, était à la guitare. Haja Andrianary (flûte traversière et basse) a également fait ses armes auprès des Rafales ». Concernant Ny Oro, des musiciens de haut niveau tels que Solo Andrianasolo, Rolly, et Harly Rajaobelina ont été des figures marquantes de la scène musicale, propulsant l'orchestre vers le succès avec des tubes comme « Kiakin'ny manina" » du bassiste Rolly et « Isaky » de Solo Andria en 1981.
Au cours de cette période, Ny Oro a également accompagné Mamy Ralaivita dans son titre « Tanalahy », qui a remporté le prix Découverte RFI en 1982. Parmi les autres formations emblématiques, Lill's Music, avec Tiana au chant, Bema aux synthés, et des frères Elysé et Lalah à la batterie et au saxophone, ont également marqué les esprits, tout comme les Stars de Datita Rabeson et les Cadences Bleues de Samy Rakoarimalala, et enfin Ny Antsiva de Samy Andriamanoro.
Ces musiciens d'exception se produisaient à la fois lors de concerts de jazz et dans des orchestres pour les soirées exclusives du « jet set tananarivien », notamment au Hilton d’Anosy, au Cercle Franco-Malagasy sis à Anosy ou au SOLIMOTEL, situé à Ampefiloha. Ils accompagnaient également des stars locales comme Nônô, Kelly Rajerison, Henri Ratsimbazafy. Ces instrumentistes ont été aussi appelés par les Surfs, Serge et Nivo Rahoerason pour les accompagner lors de leur passage à Antananarivo en 1981. A partir de 1989, beaucoup de ces instrumentistes ont choisi de poursuivre leur carrière à l'étranger, en particulier en France et à La Réunion.
D'autres orchestres tels que « Traits-d'union », « Tsikadraha », Papa James, les « Bérets noirs », le DAAP CAPSAT et la Police nationale ont également marqué les soirées des vendredis et samedis de la décennie 80 dans la ville des mille, contribuant ainsi à l'effervescence musicale de cette période inoubliable.
L’ancienne icône du tennis malgache livre un diagnostic sans concession sur l’état actuel de la discipline dans la Grande île. Elle détaille les exigences immenses du haut niveau mondial tout en analysant les trajectoires de réussite des joueuses de la diaspora. Désormais engagée auprès de la fédération, elle expose les solutions stratégiques pour réveiller un tennis national.
La Vérité (+) : Devenir joueur pro en tennis n’est pas facile?
Dally R. (=) : Non, le haut niveau n'est facile dans aucun domaine. Il faut une combinaison de plusieurs facteurs pour réussir. Pour ne citer que quelques-uns : l'amour ; la passion même je dirai, sans cela les entraînements intensifs seraient insurmontables ; les formateurs car sans cela c'est l'égarement garanti ; les moyens financiers, il faut se démarquer pour attirer les dénicheurs de talents et sponsors prêts à investir ; et des qualités personnelles de talent, physique, mental et intellectuel car haut niveau veut dire intégrer les 500 meilleurs joueurs au monde quand on sait qu'il y a des millions de joueurs.
(+) : Après vous, c'est le vide total pour les Malgaches dans la catégorie professionnelle ?
(=) : Pour les Malgaches de nationalité malgache, qui jouent pour notre pays, oui, nous avons du travail pour sortir des joueurs pros du top 500.
(+) : Les gains obtenus dans les tournois pros surviennent aux dépenses sportives et familiales?
(=) : Pour un seul individu, il est possible de vivre du tennis en étant dans le top 300 et en faisant des circuits parallèles de certains pays en plus des matchs par équipes. Même au- delà de 300 si on se débrouille bien, mais pour faire des économies pérennes, il faut intégrer le top 200.
(+) : Expliquez la réussite de Sarah Rakotomanga, Tessah Andrianjafitrimo, Irina Ramialison…des Françaises d’origine malgache dans la discipline.
(=) : Tessah a été formée par son père qui a été élu meilleur entraîneur de France, il fut un temps.
Ils disposaient des fonds propres et un coup de pouce de la fédération française, qui est puissante, il en va de même pour Irina.
Pour Sarah, au- delà de toutes ses qualités personnelles, le mérite revient aussi à son coach qui l'a prise en charge sur les plans tennistique et financier, jusqu'à son éclosion.
(+) : Dans un passé pas lointain avec Zarah et d’autres, Madagascar flirtait avec l’élite continental, ce n’est plus le cas maintenant pourquoi?
(=) : J'ai un peu perdu de vue le tennis local pendant un long moment. Le directeur technique national en place durant une décennie, Dina Razafimahatratra, l'expliquerait mieux que moi.
(+) : Le tennis de la Grande île est dans une profonde léthargie, mourante ou en vie?
(=) : Elle est très vivante chez les U 12, il y a une pépinière, reste à proposer un plan pour la faire émerger, on s'y attable pour notre mandat de 4 ans à la fédération.
(+) : Quelles sont les solutions pour qu’il retrouve sa notoriété ?
(=) : Par la Direction technique nationale, un programme d'émulation et de redynamisation à travers les regroupements, la démultiplication de tournois ainsi que des échanges entre formateurs de la diaspora et ceux locaux sera mis en place.
(+) : Le padel à Madagascar pourrait- il détrôner un jour le tennis?
(=) : Le padel est très bien pris en main avec le MPPT Tour, les mécènes et des communicants de premier ordre. Nos meilleurs éléments sont partis au Padel, parce qu'on a laissé dépérir le tennis. Raison pour laquelle Hary Andriantefihasina nouveau pdt de la FMT, avec toute notre équipe, avons décidé de nous retrousser les manches pour faire revivre la discipline au niveau national.
La vie à Madagascar dans les années 70, c'était sans doute un rêve éveillé pour bien des Malgaches. Les souvenirs évoqués par les aînés plongent de nombreux citoyens dans une douce mélancolie. Ah, les « Seventies » ! Une époque où les prix étaient si dérisoires que le simple fait de se souvenir de cette période fait souvent pleurer d'émotion ceux qui l'ont vécue. Le coût de la vie, on en parle toujours avec une certaine nostalgie, et pour cause : vivre à Madagascar à cette époque était tout à fait abordable, à condition de bénéficier d’une situation stable.
Des prix à couper le souffle
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Dans les années 70, surtout vers la fin de la 1ère République, les salaires minimas, ou SMIG, variaient entre 5.000 et 8.000 Fmg. En 1979, un conducteur de bus de la FIMA, une coopérative d'Etat, avait un salaire de 23.000 Fmg. Pour les enchâssés sur l’échelle des salaires, les hauts fonctionnaires et directeurs d'entreprise empochaient entre 150.000 et 250.000 Fmg pour la même période. S’offrir une voiture pour 30.000 Fmg, c'était à la portée de tous ! Les enseignants du primaire, à l’époque, possédaient même des voitures personnelles.
Georges Ranaivomanana, analyste observateur, souligne que l'essence coûtait entre 40 et 60 Fmg avant 1973. Avec le choc pétrolier lié à la guerre du Kippour, le prix a bondi à 150 Fmg en 1979. Un témoignage de Miguel, adolescent en 1975, raconte que prendre le bus était un véritable loisir. « Pour 10 Fmg, nous faisons le tour de la ville sur la ligne 17 », se souvient-il.
Les salles obscures de l'époque
Les Malgaches avaient aussi un goût prononcé pour le cinéma. Hery, aujourd'hui sexagénaire, se rappelle avoir dépensé 110 Fmg pour une place au balcon, et jusqu'à 150 Fmg pour une place réservée, et 90 Fmg pour une autre sur le balcon. Ces souvenirs témoignent d'une vie culturelle florissante, où le cinéma était une activité chaleureuse et accessible.
Voyager devient un luxe accessible
Les voyages en avion, à l'époque, étaient encore une option envisageable pour la classe moyenne. Les billets pour des vols intérieurs comme Tanà-Toamasina ne dépassaient pas 10.000 Fmg, tandis que les vols vers Paris variaient de 150.000 à 250.000 Fmg.
Une vie de simplicité
Dans de nombreux foyers, le chef de famille était le garant du quotidien. Le pain ramené à la maison suffisait. Pas besoin de double emploi pour la maîtresse de maison, qui pouvait se concentrer sur sa famille. Aujourd'hui, la réalité semble bien différente, où le mari et la femme doivent souvent travailler pour arriver à peine à joindre les deux bouts.
Les années 70 à Madagascar furent marquées par une économie prospère et une vie quotidienne où la simplicité et l’accessibilité étaient la norme. La nostalgie des témoins de cette époque sonne comme un doux rappel des jours où vivre était synonyme de joie et non de lutte permanente. Alors, cher lecteur, seriez-vous prêt à revivre ces années de rêve ?
Par Franck R.