La Région d’Atsimo-Andrefana est actuellement concernée par le fléau lié à l’exploitation sexuelle envers les enfants. Les Forces de l’ordre de Toliara ont récemment mis la main sur 16 Européens auteurs de viols et d’agressions sexuelles sur 19 mineurs âgés de 7 à 14 ans. Ces derniers sont orphelins et issus de familles défavorisées, résidant entre Tuléar et Mangily. Après une enquête menée par la Police des mœurs et de la protection des mineurs (PMPM) de Toliara, ces étrangers - composés entre autres de résidents retraités et de touristes bloqués à Madagascar suite à la fermeture des frontières aériennes - ont formé un réseau réputé pour des agressions sexuelles sur mineures. Suite au déferrement de l’affaire devant le Parquet, le Tribunal de première instance de Tuléar a placé 5 d’entre eux sous mandat de dépôt. Le juge d’instruction a également sorti un mandat d’amener à l’endroit de 11 étrangers, présumés auteurs d’exploitations sexuelles sur mineures et qui sont toujours en cavale.
« Il faut savoir également que l’un des présumés auteurs cités dans cette affaire a déjà été jugé pour viol. Celui-ci a écopé d’une peine de 5 ans d’emprisonnement, assortie d’une amende de 10 millions d’ariary. Malheureusement, il a profité le moment où la famille de la victime faisait appel à ce vedict pour prendre la fuite et n’a jamais été retrouvé jusqu’à ce jour (ndlr : vendredi dernier) », a révélé Haingo Randrianasolo, présidente de la plateforme œuvrant dans la protection des enfants. D’après ses explications, quelques agresseurs auraient payé 25 000 à 30 000 ariary pour exploiter sexuellement une fille vierge âgée de 7 ou 8 ans. Et pire encore, quelques victimes ont contracté des maladies sexuellement transmissibles ou sont atteintes de fistule obstétricale. Il existe même des filles enceintes à l’issue des abus sexuels qu’elles ont subis.
Une adolescente de 14 ans tire la sonnette d’alarme
Ces étrangers suspectés d’exploitation sexuelle ont été appréhendés après qu’une adolescente de 14 ans s’est présentée à la Plateforme de la protection des enfants de Tuléar durant la semaine du 2 novembre dernier. Et cela afin de demander de l’aide pour sa sœur âgée de 7 ans qui risque également à son tour d’être victime de violence sexuelle. « Tout a commencé pour cette fille quand elle avait 11 ans. A cette époque, un étranger lui a offert des friandises et des petites sommes contre une petite visite dans son appartement situé dans un établissement hôtelier. Accompagnée par trois autres jeunes filles, elle y est allée plusieurs fois », a raconté Haingo Randrianasolo, présidente de ladite plateforme.
Et de préciser que le 7 novembre dernier, l’équipe de la plateforme - accompagnée par la Police des mœurs et de la protection des mineurs (PMPM) et la Brigade féminine de proximité (BFP) - a effectué une descente inopinée durant laquelle un proxénète qui drogue les jeunes filles avant les envoyer chez un étranger a été appréhendé. Une semaine s’est écoulée et les enquêtes ont beaucoup évolué depuis. Des noms ont été révélés par les victimes, ce qui a ainsi emmené le juge d’instruction à sortir des mandats d’amener. Depuis le 18 novembre dernier, les Européens impliqués dans le cadre de ces affaires ont commencé à être auditionnés.
A présent, la balle est dans le camp de commissariats des 2e et 3e Arrondissements de la Capitale, pour mettre un terme à l’insécurité qui prévaut actuellement à Faravohitra, sis rue Freddy Rajaofera. En deux jours seulement, quatre personnes ont été agressées sur deux portions de rues adjacentes dudit quartier. A commencer par les faits survenus les plus récents : un couple de jeunes fut agressé au pied d’un escalier menant à Ambatokary, situé sur une hauteur dominant le lycée Frère Louis Rafiringa, vers 20h, samedi dernier. Les quatre inconnus, qui ont commis le forfait, ont réussi à faire main basse sur le téléphone portable de la jeune femme, non sans qu’ils ne l’aient jetée violemment à terre. “Le compagnon de la victime a tenté de s’opposer aux bandits. Mais se battre à un contre quatre, il n’avait aucune chance de remporter victoire”, concède un témoin. Et de poursuivre : “En attendant les cris d’appel au secours des victimes, j’étais sorti de chez moi. Mais les agresseurs étaient déjà loin”.
Toujours samedi soir, et en parallèle avec l’agression de ce couple, un homme, encore jeune, avait été retrouvé gisant inconscient, tout en baignant dans une flaque de sang, sur un trottoir longeant une petite épicerie coin, sise un peu en amont du secteur de l’OMDA . Le jeune homme a souffert d’un sévère traumatisme crânien, probablement à la suite de violent coup que son agresseur lui avait assené. “Il a fallu demander la bienveillance à un automobiliste pour transporter le malheureux à l’hôpital”, relate un autre témoin. On ignore ce que le malheureux est devenu, depuis.
La veille, c’est-à-dire vendredi soir, une riveraine, en gravissant cette rue en pente et en pavé qui passe encore dans le secteur de l’OMDA, fut interceptée par deux inconnus qui ont arraché son sac à main, non sans qu’ils ne l’aient menacée de tuer en cas de tentative pour donner l’alerte de sa part. Les faits sont survenus vers 20h également. Des témoins qui ont requis l’anonymat racontent que les agresseurs seraient venus en moto, facilitant ainsi leur méfait.
Franck R.
« Une reconnaissance des efforts fournis par les entreprises pour l’exemplarité des réussites malagasy ». C’est dans cet état d’esprit que le « Gala des entreprises – Trophées » 2020 a été organisé vendredi dernier au Carlton, Anosy par Gasy Events, en collaboration avec le ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, sur le thème de l’Innovation et de la Résilience. « Cette année, tous les secteurs d’activité économique ont subi de plein fouet les impacts de la pandémie de coronavirus. L’économie du pays a fait face à un ralentissement général des activités, avec des conséquences financières et sociales d’une gravité sans précédent. Toutefois, chaque entreprise a répondu à cette crise, et cela à travers de multiples manières. Plusieurs sociétés ont donc pu absorber les chocs résultant de cette crise. Et cette capacité de résilience exemplaire mérite d’être partagée et remarquée, d’où tout l’intérêt de ce gala qui célèbre aujourd’hui la résilience des opérateurs », a soutenu Lantosoa Rakotomalala, ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat pour cette occasion. « Certaines entreprises ont en effet réussi à transformer les problèmes générés par cette crise en opportunité. Le télé-travail en est l’exemple même », a rajouté Thierry Rajaona, président du Groupement des entreprises de Madagascar (GEM).
Dans cet esprit de célébration, cinq prix ont été décernés aux entreprises « résilientes ». Sur les cinq prix, la STAR et ACEP Madagascar ont respectivement remporté deux trophées chacun. La STAR a obtenu le « Prix Vert » pour sa sensibilité et son esprit d’innovation face aux questions de développement durable et le « Prix consommateur ». « Si nous avons été récompensés aujourd’hui, c’est grâce à nos clients, même face à cette situation complexe vécue par Madagascar. Nous leur dédions ainsi ces deux prix », ont déclaré les responsables au sein de la STAR. Quant à ACEP Madagascar, il a reçu quant à lui le « Prix finances » pour avoir fait preuve d’initiative dans le domaine de la finance pour faire face à la conjoncture sanitaire ainsi que le « Prix communication », vu que cette institution financière a su consolider son image de marque tout au long de l’année. Le dernier trophée, le « Prix produit » est revenu à ENELEC, une filiale du groupe FILATEX - très active dans le domaine de la promotion des énergies renouvelables dans les différentes Régions du pays.
Le ministère a également remis des trophées spéciaux à d’autres entreprises, à savoir Easylink, Floribis, Droguemad et le Groupe Sipromad. La valorisation des initiatives prises par les entreprises est surtout un moyen de les encourager dans la poursuite de leurs actions, mais aussi d’inspirer les autres à en faire de même. Pour que le secteur privé malagasy devienne plus fort et plus résistant, les opérateurs devront développer davantage l’esprit d’innovation.
Rova Randria
Un visage familier aux téléspectateurs. Randrianiaina Miorhasina Lorah était la star du petit écran il y a dix ans. Elle se faisait un nom dans le monde du cinéma grâce à la série télévisée « Ankilabao » et dans laquelle elle portait le nom de « Mialy ». Aujourd’hui agée de 33 ans, mariée et mère de deux enfants, la jeune femme est actuellement devenue une militante féministe sur les réseaux sociaux. Sa page « Iam Lorah Gasy » compte plus de 80 000 abonnés. Elle publie de temps en temps des vidéos de sensibilisation, dans le cadre de la lutte contre la violence faite aux femmes. Cependant, sa mission s’oriente également vers l’éducation sexuelle de la gente féminine. Nous avons donc décidé de la rencontrer pour connaître un peu plus les tenants et aboutissants du combat qu’elle mène à travers sa page Facebook. Interview.
La Vérité (+) : Quelle est la raison d’être de votre page Facebook « Iam Lorah Gasy » ?
Miorhasina Lorah (-) : J’ai spécialement créé ma page « Iam Lorah Gasy » le 26 novembre 2019, soit exactement il y a un an, pour valoriser les femmes et dénoncer les violences qu’elles vivent au quotidien. A Madagascar, au moins trois personnes de nos entourages ont déjà été victimes de viol mais personne n’a osé en dénoncer les auteurs. D’ailleurs, la société malagasy tolère également la maltraitance des femmes, surtout au sein du mariage. On prend souvent au pied de la lettre l’adage qui dit : « tokantrano fihafiana ». Les violences conjugales sont par la suite considérées comme des faits « normaux » et qu’il faut les accepter. Mon objectif consiste ainsi à conscientiser les femmes sur leurs droits, sachant qu’elles se trouvent au même d’égalité que les hommes. Il faut avouer que je suis la seule à mener ce combat sur le féminisme parmi les influenceurs malagasy.
(+) : Dans votre vie personnelle, quelles expériences avez-vous vécues au point de vous concentrer aujourd’hui vers le féminisme ?
(-) : J’ai deux sœurs et trois frères. Nos parents nous ont traités différemment durant notre jeunesse. Les garçons possèdent beaucoup plus de liberté que les filles. Ils ont droit de rentrer tard le soir et de ne pas faire les tâches ménagères. C’est à ce moment-là que j’ai réalisé le problème de l’éducation des filles dans notre pays. A mon avis, ce n’est pas le genre qui détermine le droit de sortir tard le soir, mais plutôt l’âge. Ce n’est pas le genre non plus qui définit la répartition des tâches à la maison.
Outre l’éducation octroyée par mes parents, j’ai ressenti un mal être profond durant mon adolescence. A cette époque, je me suis sentie comme un garçon manqué et assez complexé. Je n’arrivais pas du tout à m’assumer. Je me regardais dans le miroir chaque jour et me disais que je n’étais pas assez belle. J’avais un gros nez et une silhouette imparfaite. Mais à un moment donné de ma vie, j’ai commencé à prendre confiance en moi et à développer ma personnalité et valoriser mes atouts. J’aimerai que toutes les femmes ressentent cette confiance en soi pour qu’elles affrontent, la tête haute, la vie quotidienne. Et même si je porte des tatouages, ai des cheveux courts, loin de l’idéal de la société, je me bats pour cette bonne cause, à savoir le féminisme. C’est le genre de contraste que je veux apporter dans la vie.
(+) : Avez-vous une cause particulière qui vous tient à cœur dans le cadre de cette lutte ?
(-) : Je souhaite dépénaliser l’avortement dans le cadre d’un viol ou d’un inceste. Nous connaissons le traumatisme subi suite à un viol. Mais c’est encore beaucoup plus dur d’élever un enfant non désiré. J’ai mené une enquête auprès de 100 femmes. 72 d’entre elles affirment avoir déjà procédé à l’avortement. Tandis que seulement 48 % acceptent la dépénalisation de cette pratique. Ce qui est incroyable à entendre.
(+) : La publication de ces vidéos sur la violence a-t-elle des impacts sur votre vie privée ?
(-) : En effet, les abonnés de ma page Facebook s’identifient rapidement à moi et à ma vie de famille. Certaines personnes pensent même que je vis la violence dans mon foyer. Mais tout cela n’a rien à voir avec ma privée, ni ma vie conjugale. C’est seulement une cause à défendre comme tant d’autres. D’ailleurs, je ne parle jamais de mon mari et de mes enfants sur ma page. Néanmoins, ces derners restent quand même mes plus grands fans et me soutiennent dans mon combat.
(+) : Un an après sa création, quels sont les impacts tangibles de votre page sur la société ?
(-) : D’abord dans la rue, les gens m’appellent tous Lorah et non plus « Mialy ». C’est déjà grand-chose (rire). En plus les « Facebookers » aiment créer des débats sur les thèmes que j’aborde sur ma page. Je pensais au départ que les gens vont mal réagir car d’une manière générale, la sexualité reste encore un sujet tabou à Madagascar. Un jour, j’ai parlé de l’organe sexuel et du clitoris. Or, contrairement à ce que je m’attendais, mes abonnés s’intéressaient à ces sujets et posent beaucoup de questions. Ils ont vraiment soif de savoir.
Des collaborations sont par la suite nées avec des Organisations non gouvernementales (ONG) et des sociétés privées. Le rôle d’influenceuse féministe est devenu mon deuxième travail. On me paie pour être la porte-parole des ONG mais aussi pour faire de la publicité des produits sur ma page. Je travaille actuellement avec le ministère de la Population et le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) dans une émission intitulée « Herisetra Teboka ».
(+) : Vos mots de la fin ?
(-) : Comme le dit Simone de Beauvoir, « la femme n’est victime d’aucune mystérieuse fatalité. Il ne faut pas conclure que ses ovaires la condamnent à vivre éternellement à genoux ».
La gente féminine possède plusieurs atouts et une beauté immense. Elle jouit également des mêmes droits que les hommes. Il ne faut pas avoir peur de les réclamer et de les vivre. Mais cette égalité de droit implique souvent une responsabilité. Si par exemple, par malheur, votre mari se retrouve au chômage, il est de votre responsabilité d’assurer la survie de la famille. Je souhaite plein de bonheur et de liberté à toutes les femmes.
Lorah et le cinéma : « Je ne m’imagine plus jouer dans des films »
La jeune Lorah a commencé à jouer dans des films et séries télévisées à l’âge de 17 ans. Son visage est apparu dans sept films au total. Depuis 2010, elle s’est retirée du monde cinématographique. Selon ses dires, elle n’envisage plus de plus jouer dans des films ou séries télévisées. « A cette époque, je cherchais vraiment ce qui me passionne dans la vie. Effectivement, le monde du visuel me fascine, mais plus en tant qu’actrice. Je suis directrice de production dans une agence publicitaire et en même temps animatrice dans l’émission « Karakôry » diffusée sur la chaîne de télévision nationale. Si jamais je retourne dans le monde du cinéma, je voudrais occuper le poste de producteur ou de réalisateur ».
Le temps est toujours sec dans la capitale de la Région de Haute Matsiatra. Pour pallier les problèmes d’approvisionnement en eau de la ville, des solutions urgentes sont instaurées par la JIRAMA en collaboration étroite avec le ministère de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hygiène (MEAH) et les autorités locales. Au cours des derniers jours, les Fokontany les plus en difficulté se sont multipliés. Ils sont passés de huit à trente-deux Fokontany sur les cinquante-deux qui composent la ville. Face à cela, les autorités ont donc multiplié les camions citernes pour ravitailler les bonbonnes d’eau déjà en place dans ces quartiers. « Plusieurs bonbonnes de 10m3 sont installées pour ravitailler la population. Celles-ci seront renforcées incessamment. Sept camions sont déjà à disposition pour assurer le remplissage de ces bonbonnes, d’une capacité totale d’environ 80m3, dont deux camions de 13m3 de la part du gouvernorat, deux camions de 3,5m3 des sapeurs-pompiers de la Commune, deux camions de 20m3 de la JIRAMA et un dernier de 5m3 de l’université d’Andrainjato », détaille un responsable au niveau de la société nationale d’eau et d’électricité.
Sur les trois stations de traitement d’eau de Fianarantsoa, une seule fonctionne actuellement, celle d’Ankidona. Les stations de Vatosola et de Tombana sont à sec à cause de l'étiage. Aujourd’hui donc, la production d’eau dans la ville atteint tout juste les 3 000m3 par jour, qui est largement insuffisante pour répondre aux besoins de la population locale. La société BIONEXX, une productrice d’eau filtrée, va en fournir 130m3 par jour pour remplir les bonbonnes et renforcer cette production. La JIRAMA est également en train d’installer une station mobile de purification d’eau, d’une capacité de 80m3 par jour. Le projet de pompage et de traitement d’eau de la rivière Matsiatra est également en étude. Ceci va produire jusqu’à 800m3 supplémentaires, par jour.
Dans tous les cas, les préparations pour la provocation de la pluie artificielle sont déjà en cours.
Rova Randria
L’introduction et l’utilisation d’un téléphone portable dans l’isoloir le jour du scrutin ont toujours été interdites. Cette mesure sera renforcée lors des sénatoriales du 11 décembre prochain d’après les explications du rapporteur général de la CENI, Fano Rakotondrazaka.
L’introduction et l’utilisation d’un téléphone portable dans l’isoloir sont interdites. Ce n’est pas un fait nouveau en matière électorale à Madagascar. Ça a été le cas lors des différentes élections qui se sont déroulées, que ce soit lors de la présidentielle, des législatives ou des communales. Mais l’on a tendance à oublier, à ne pas faire attention à ce petit détail qui pourrait changer, voire influencer les résultats d’un scrutin.
Les représentants des candidats réunis dans la formation non permanente de la Commission électorale nationale indépendante se sont réunis jeudi dernier. Ces représentants de candidats ont alors soulevé ce fait face aux propos comme quoi certaines listes de candidats doteraient des grands électeurs de téléphone portable pour qu’ils puissent prendre en photo le bulletin unique qu’ils ont coché. La photo servira de preuve pour qu’ils puissent recevoir en retour une rémunération.
Dans d’autres termes, il s’agit bel et bien d’une fraude électorale où la voix des grands électeurs est achetée par des listes de candidats. La sincérité du scrutin en est touchée. Les maires et les conseillers municipaux ne choisissent donc pas les candidats auxquels ils ont confiance. Ce sont les projets de développement dans la localité concernée qui en pâtissent. Et ce sont les grands électeurs et les Communes qui subiront par voie de conséquence le choix sous pression qu’ils ont fait pendant le mandat des sénateurs qui est de 5 ans.
Pour ces prochaines élections sénatoriales donc, le rapporteur général de la CENI, Fano Rakotondrazaka, a affirmé que l’interdiction du téléphone sera renforcée. Toutefois, les fouilles à l’encontre des grands électeurs sont interdites. Mais des mesures seront mises en place pour que les observateurs électoraux puissent entrevoir ce qui se passera dans l’isoloir, tout en respectant le caractère secret du vote.
Des candidats ainsi que certaines autorités étatiques déploient des moyens pour que les futures élections sénatoriales soient démocratiques. Ils font en sorte que les grands électeurs puissent choisir librement et en toute sérénité les sénateurs de leurs choix.
La victoire écrasante de la formation présidentielle « Isika Rehetra Miaraka amin’i Andry Rajoelina » (IRMAR) pour le scrutin du 11 décembre se profile à l’horizon. Dans une dizaine de jours, les grands électeurs (maires et conseillers municipaux et ruraux) éliront les membres de la Chambre haute. Arrivés au terme de leur mandat, en fin de parcours, les sénateurs actuels « descendent du train ».
La bataille est rude mais la victoire de l’IRMAR semble déjà acquise et cela pour plusieurs raisons. D’abord, quelles sont les forces en présence ? A tout seigneur tout honneur. Etant la seule formation ayant bénéficié de la bénédiction du Président Rajoelina, l’IRMAR n’aura pas tellement de problème à rafler la mise. L’aura du Chef de l’Etat suffira à balancer en sa faveur durant ce scrutin du 11 décembre. Handicapés par le boycott décrété par leurs leaders, les partis d’opposition en particulier le TIM se contenteront d’assister en tant que spectateurs du
« match ». Marc Ravalomanana, le seul leader de parti disposant d’un certain nombre d’élus au niveau des Communes et qui pourrait relativement se mesurer face à l’IRMAR, décide de se retirer du
« jeu ». L’autre parti d’opposition, celui du précédent régime, le Hery
vaovaon’i Madagasikara (HVM), sans avoir eu à recourir forcément au boycott, ne participera pas au scrutin du fait qu’il n’a à son compte aucun élu.
Ravalomanana et Rajaonarimampianina, les deux grands perdants de la situation, auront du mal à digérer la victoire certaine de l’IRMAR. Au fait, Ravalomanana et Rajaonarimampianina, le binôme de l’échec, le tandem perdant, ruminent chacun les erreurs commises durant leurs parcours du passé. Les fausses pistes conduisent naturellement vers les faux espoirs et ces derniers vers la galère. Qui l’eût cru, un seul instant, que le tout-puissant TIM et le grand HVM finiront leur trajectoire respective de cette manière.
A ne pas oublier que le parti Malagasy Miara-Miainga (MMM), membre influent de l’ARMADA, principale plate-forme de soutien au candidat numéro 13, Rajoelina Andry Nirina, lors de la présidentielle de 2018, présente des candidats au poste de sénateurs à Antananarivo et à Toamasina pour le 11 décembre prochain.
Selon l’esprit et la lettre de la Constitution, le Sénat tient un rôle-clé dans le développement des Collectivités territoriales décentralisées (CTD). Dans l’article 81, paragraphe 1,
« … le Sénat représente les CTD. » Et l’article 83 « Le Sénat est consulté par le Gouvernement pour donner son avis sur les questions économiques, sociales et d’organisation des Collectivités territoriales décentralisées ».
Bref, la Chambre haute est le porte-parole privilégié des CTD auprès de l’Exécutif. Compte tenu de ce rôle évident, les sénateurs joueront un rôle de premier plan dans la mise en marche des stratégies pour le redressement des Communes. Sénateurs, maires et conseillers municipaux et ruraux sont de fait des partenaires incontournables.
On comprend aisément le choix de certains grands élus TIM à se rallier du côté de la formation présidentielle et jeter leur dévolu aux candidats de l’IRMAR. Ils ont passé outre les consignes de leur parti notamment de leur chef. Il s’agit pour eux d’une question d’intérêt supérieur de leurs circonscriptions.
On s’achemine légitimement vers la razzia de l’IRMAR !
Rasolo
7 milliards Ar. C’est au bas mot la perte subie par un investisseur étranger dans le domaine d’exploitation halieutique suite à une arnaque réalisée par un soi-disant opérateur malagasy. Ce dernier, notons-le, qui fait l’objet d’un avis de recherche par la Police malagasy, a été appréhendé au début de novembre puis placé sous mandat de dépôt mais ayant bénéficié d’une liberté provisoire après un bref séjour d’une semaine à la prison d’Antanimora.
C’est cet opérateur malagasy, ex-haut employé d’Ambatovy, qui a conclu un protocole d’accord avec le ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, pour un projet de pêche commerciale des poissons demersaux et poissons pélagiques. Il a par la suite contacté la société étrangère pour être son partenaire dans cette affaire étant donné qu’il n’a pas l’expérience et certainement la surface financière pour la réaliser. Le partenariat conclu, la société étrangère mobilise tous les moyens matériels, humains et financiers à sa disposition pour concrétiser le partenariat. Quatre bateaux avec 28 membres d’équipage touchaient le port de Mahajanga dans le courant du mois d’octobre 2019, et la société étrangère a déjà commencé à la mise en place de la base à terre. Mais depuis, rien n’a bougé faute d’accord du ministère de la Pêche.
« Effectivement, nous avons signé ce protocole d’accord mais il ne signifie en aucun cas un droit de pêche. Il n’est effectif qu’après l’obtention de la licence », affirme une source autorisée auprès du ministère. Une version non contestée par l’investisseur étranger mais celui-ci affirme que son partenaire malagasy lui a envoyé quatre drafts de licence (voir facsimilé1). « Nous n’allons pas nous aventurer ici sans avoir eu l’assurance de notre partenaire. Mais aujourd’hui, on se demande sur l’authenticité de ces drafts », rétorque la représentante de la société étrangère sur cette précision du ministère de la Pêche.
Les doutes de l’investisseur sont nés suite à la découverte des faux utilisés par l’opérateur malagasy. Il aurait en effet présenté à son partenaire une fausse facture de la douane lors du dédouanement des matériaux ainsi qu’une fausse quittance du même département. « La référence mentionnée sur ces dossiers appartiennent à d’autres bateaux et non les nôtres », avance la collaboratrice de l’investisseur étranger, après vérification sur le système informatique de la douane (voir facsimilé 2).
Celui-ci a également découvert que la somme demandée par l’opérateur pour honorer les redevances de deux bateaux n’a pas été versée dans son intégralité à qui de droit. « Il nous a facturé 91.200.000 Ar (voir facsimilé 3) que nous avons payé en totalité alors que finalement la quittance en notre possession ne mentionne que la moitié, soit 41 millions Ar (facsimilé 4) ».
D’après la représentante de la société étrangère en termes de frais d’approche (carburants, etc.), de charges fixes (salaires, hébergement et restauration des équipages), de manque à gagner pendant ces 12 mois d’immobilisation, et les frais administratifs, les dépenses afférentes tournent autour de 7 milliards Ar.
De ces faits, l’investisseur étranger a porté plainte contre son partenaire local pour abus de confiance et usage de faux. « Ce genre d’escroquerie est en train de ternir l’image du pays et fait peur aux investisseurs », déplore un membre qui veut garder l’anonymat d’un groupement économique de Madagascar.
La Rédaction
Un barème des marges bénéficiaires. C’est ce que réclament les gestionnaires des marchés issus de la Commune urbaine et suburbaine d’Antananarivo face à la hausse incessante du prix des produits de première nécessité (PPN). En effet, une augmentation de l’ordre de 50 % a été constatée pour les huiles alimentaires. En parallèle, on enregistré une hausse de 100 à 200 ariary par kilo pour le riz. Selon ces responsables, l’instauration d’un prix de référence s’avère la meilleure solution afin de mieux réguler l’inflation. « Les consommateurs se plaignent en ce moment du prix des PPN. Et en plus, ce prix varie d’un vendeur à un autre. Il nous est impossible de faire le suivi et le contrôle tant que le ministère n’impose pas un barème des marges ou un prix de référence. Comme cela, nous détectons facilement les spéculateurs et les profiteurs », explique Marcellin, gestionnaire du marché d’Anosibe, lors d’une rencontre avec Lantosoa Rakotomalala, ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat (MICA) et son équipe, hier à Anosy.
En réponse à cette recommandation, le ministre de tutelle a indiqué que Madagascar applique encore la marge libre sur le marché. Chaque commerçant est libre de fixer le prix de ses produits en fonction de ses coûts de revient. Cet aspect échappe donc au contrôle de l’Etat. Par ailleurs, cette structure de prix peut être déterminée facilement en comparant un prix à un autre. « Il est difficile d’adopter cette mesure car plusieurs charges influencent les tarifs. Ainsi, à titre d’illustration, le prix du riz à Anosibe diffère de celui d’Ambohimangakely à cause du coût des transports. Mais on peut tout de même évaluer facilement ce barème à partir des comparaisons. Un sac de 50 kilo, par exemple, coûte environ 80 000 ariary. Si un marchand propose la même quantité à 100 000 ariary, on reconnaît facilement qu’il s’agit d’un profiteur », réplique Lantosoa Rakotomalala.
Par ailleurs, afin de mieux protéger les consommateurs durant la période des fêtes, le ministère lance l’opération « Vidin’entana ». A compter du mois de décembre jusqu’au mois de février prochain, le MICA mène une campagne de sensibilsation pour faire connaître les droits des consommateurs et les obligations des vendeurs. « Nous allons vraiment nous attaquer à l’éducation des deux parties. Un panneau sur les droits des consommateurs et les obligations des commerçants sera binetôt installé dans chaque grand marché d’Analamanga. L’affiche contient l’exigence à l’affichage des prix, la normalisation des balances, l’étiquettage des produits et l’interdiction de retention des stocks », détaille la ministre. Une collaboration a été établie entre le ministère et les gestionnaires des marchés dans la mise en œuvre de cette campagne.
Solange Heriniaina