Ame sensible s'abstenir ! Vers 19h, samedi dernier, un effroyable accident de la circulation s'est produit sur la RN 34, PK 0, précisément au niveau des 4 chemins situés à Ambohimiandrisoa, en plein cœur d'Antsirabe. Le drame a coûté la vie à R.H.NR., ce chef de famille de 41 ans, qui a été tué sur le coup. Car en faisant une mauvaise chute, sa tête a atterri brutalement en premier sur le bitume, et que les roues arrière de la remorque qu'un camion a tractées, étaient passées immédiatement dessus. Quant au résultat, il offrait une scène insoutenable où la boîte crânienne de la victime a été littéralement soufflée.
Au pas de tortue
Revoyons maintenant les circonstances de ce drame où le camion à remorque a roulé en direction de l'ouest avec une vitesse presqu'au pas de tortue car moins de 10 km/h, selon d'ailleurs une source au niveau du Commissariat de police d'Antsirabe. De leur côté, des témoins présents sur place, ont assuré que la victime était en état d'ivresse. D'ailleurs, c'est cet état-là de la victime qui aurait provoqué sa chute, en plein sur la chaussée, si bien que les roues arrière, côté droit de cette remorque, ne pouvaient éviter de l’écraser.
De source policière, l'épouse de ce père de deux enfants, l'aurait quitté il y a deux ans de cela, une situation qui l'aurait fortement ébranlé, du moins psychologiquement parlant. « Sa séparation d'avec sa femme, selon ses proches que nous avons auditionnés ce jour, (Ndlr, hier), aurait impacté son moral au point qu'il déprimait souvent ces temps-ci », assure la Police. Vendredi matin dernier, la victime a quitté le quartier où elle résidait. Des témoins affirmaient l'avoir vu chanter tout au long de son chemin jusqu'à ce qu'il s'était finalement fait broyer par ce poids-lourd, poursuit cette source. « Certains ont même avancé que le malheureux, outre le fait qu'il était alcoolisé, se serait volontairement plongé sous cette remorque », a-t-elle ajouté.
Du coup, le chauffeur routier mis en cause a été placé en garde à vue au Commissariat de police d'Antsirabe, les papiers du véhicule retirés, mesures nécessaires, du moins pour la sécurité du concerné. On a ainsi assisté à une arrivée immédiate des éléments de la Brigade des accidents ou BAC du Commissariat central et de l'Unité d’intervention rapide (UIR) sur place pour la sécurisation du périmètre et le constat d’usage.
Après un constat du corps du défunt avec le médecin du Bureau municipal d’hygiène (BMH) de la Commune urbaine d'Antsirabe, il y eut aussi un appel au témoignage. La BAC a ouvert une enquête.
Franck R.
Plusieurs centaines d’universitaires au rendez-vous. Zouzar Bouka et ses fils Raïs et Raj Alexandre ont pu partager leurs vécus, émotions et expériences aux étudiants et invités lors d’une conférence « De Madagascar à l’Everest » qui s’est déroulée le 8 août dernier à l’université de Mahajanga. Une occasion pour cette famille originaire de Madagascar de partager leur aventure exceptionnelle vers le « toit du monde », en mai 2025. Le père a atteint, rappelons-le, l’altitude impressionnante de 6.800 mètres, tandis que ses fils ont gravi jusqu’à 8.600 mètres, frôlant ainsi le sommet mythique de l’Everest. Ce témoignage, marqué par le courage, la résilience et la détermination, a profondément touché et motivé l’audience.
La conférence de vendredi dernier a été organisée par « Vision Madagascar NGO » et « World Trade Center Antananarivo », en partenariat avec l’université de Mahajanga et l’Alliance française de Mahajanga. Une rencontre mémorable entre des figures inspirantes et la jeunesse porteuse d’avenir. La soirée a débuté par la projection du film intitulé « Everest », suivie d’une table-ronde interactive avec les trois protagonistes. Un moment fort a été la remise de prix aux majors de tous les établissements ainsi que la remise des lots pour les 18 établissements de l’université de Mahajanga, célébrant l’excellence académique et le leadership de chaque Direction. « De Madagascar à l’Everest » est un mouvement qui rassemble des champions intellectuels et sportifs, les meilleurs dans leurs disciplines respectives, afin de promouvoir l’excellence, le dépassement de soi et la réussite sous toutes ses formes.
Pour information, cette famille compte repartir à l’assaut de l’Everest en 2026. « Après tout ce que nous avons vécu ces derniers mois, une chose est claire : cette histoire n’est pas terminée. Everest, mai 2026. Nous y retournerons. Mais pour y parvenir, nous allons nous entraîner plus dur physiquement et mentalement. Plus haut. Plus intelligemment. Et avec du sens », ont-ils annoncé sur la page Facebook dédiée à cette aventure. Cette publication a été suivie par plusieurs milliers de personnes. « Ce n’est pas juste une deuxième tentative. C’est également une nécessité, pour tout ce que vous nous avez donné par votre soutien, et pour tout ce que nous avons découvert en nous. Nous ne pouvons pas laisser cela inachevé », ont-ils communiqué au mois de juillet dernier.
P.R.
Le ministère du Tourisme et de l’Artisanat (MTA) a tenu à réagir face aux rumeurs entourant l’Office régional du tourisme de Toliara (ORTU), accusé de tensions internes et visé par des allégations d’ingérence de la part de la ministre. Dans un communiqué publié le 9 août, le ministère a souhaité clarifier la situation et apaiser les inquiétudes des acteurs du secteur. Reconnu d’utilité publique et rattaché à l’Office national du tourisme de Madagascar (ONTM), l’ORTU bénéficie d’un mandat officiel, conformément à l’article 21 du code du tourisme, pour assurer la promotion touristique de la Région. Ce rôle s’accompagne d’un financement public équivalent à 50 % des recettes générées par les « vignettes touristiques », un impôt prélevé sur les opérateurs hôteliers. L’ordonnance 60-133 régissant les associations précise par ailleurs que les organismes reconnus d’utilité publique sont soumis à un contrôle particulier de l’Etat. Selon le ministère, des informations faisant état de désaccords internes, ainsi que de l’implication du directeur régional du tourisme et de l’artisanat local, ont conduit à l’ouverture d’une médiation. Cette démarche vise à garantir la poursuite des missions de l’ORTU tout en vérifiant la légalité des décisions prises et l’utilisation des fonds publics.
Enquête
Ainsi, la dissolution du conseil d’administration, initiée par certains membres, a été suspendue dans l’attente des conclusions d’une enquête indépendante. Cette enquête sera confiée à des professionnels neutres, extérieurs aux deux parties en conflit. Une fois les résultats connus, une assemblée générale extraordinaire sera convoquée, conformément aux statuts de l’ORTU, afin que les membres puissent se prononcer sur la gouvernance en toute connaissance de cause. Le ministère a tenu à souligner qu’il n’est pas intervenu dans la gestion interne de l’association, mais qu’il agit dans le cadre de ses prérogatives légales pour veiller au respect des procédures et préserver l’autonomie de l’ORTU. « Le développement du tourisme repose sur trois piliers : l’Etat, les opérateurs privés et les touristes. Notre rôle est de maintenir un équilibre entre ces acteurs pour garantir un secteur prospère », rappelle le communiqué. En appelant à la sérénité, le ministère réaffirme sa volonté d’accompagner la structuration du secteur touristique à Toliara et au-delà, dans un esprit de partenariat et de transparence. Les résultats de l’enquête devraient apporter des éclaircissements décisifs pour l’avenir de l’ORTU et la poursuite de ses missions au service du développement régional.
Un endroit qui devra ravir les gastronomes, en quête de curiosité. Une nouvelle saveur s’ajoute au panorama gastronomique de la Grande île. L’ouverture d’un restaurant de kebab turc au cœur d’Ankorondrano marque une étape importante dans la diversification culinaire de la Capitale. Après quelques mois de préparatifs, ce premier établissement dénommé « Kebabe », dédié à la cuisine turque, s’installe dans un emplacement stratégique, offrant aux habitants et visiteurs une immersion authentique dans la richesse des saveurs turques.
L’inauguration de l’établissement a été un moment de grande convivialité et de symbolisme, en présence de figures prestigieuses. L’ambassadeur de Turquie à Madagascar, SEM Ishak Ebrar Çubukçu, lors de la cérémonie, a exprimé sa fierté. « Cela faisait trois ans que nous attendions cette ouverture. Nous sommes honorés d’être les artisans de cette première expérience turque à Madagascar. Notre cuisine ne se limite pas au kebab, mais ce plat emblématique occupe une place centrale. Ce restaurant sera un pont culturel, un lieu d’échange et de découverte pour tous ».
De son côté, la ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Viviane Dewa, a souligné l’importance de cette initiative pour l’attractivité du pays. « C’est un honneur pour notre ministère d’assister à cette ouverture officielle. Elle témoigne de l’intérêt croissant des investisseurs pour Madagascar, confirmant ainsi que notre territoire demeure un lieu propice à la diversification économique et culturelle ». Ce nouveau restaurant ne se contente pas d’offrir une cuisine savoureuse. Il aspire également à devenir un espace où se mêlent convivialité, échanges interculturels et découverte de nouvelles saveurs. En s’implantant dans un quartier dynamique, il espère attirer une clientèle variée, curieuse de goûter aux délices turcs, tout en découvrant la richesse de cette culture à travers ses plats. L’ouverture de ce restaurant turc à Madagascar illustre la volonté d’ouverture et de dialogue entre les Nations, tout en offrant une nouvelle étape dans la scène gastronomique locale. Le kebab, symbole de convivialité et de partage, devient désormais un ambassadeur de la culture turque sur l’île, promettant de belles rencontres et de nombreuses dégustations à venir.
Si.R
Le festival « Sômarôho » qui s’est tenu à Nosy Be du 6 au 10 août a connu une effervescence exceptionnelle, envoûtant les festivaliers jusqu’aux premières lueurs du jour. Durant cinq jours, l’île aux parfums s’est transformée en un écrin vibrant au rythme d’une fête, mêlant musique et culture, où la passion débordante du public a dominé chaque instant. Malgré les signes apparents d’épuisement chez certains spectateurs, trouvés endormis dans des taxis, des bureaux ou même à l’église, l’atmosphère de convivialité et de célébration ne s’est jamais estompée.
Cet événement est devenu une véritable manifestation populaire et une vitrine incontournable de la richesse musicale malagasy, attirant des visiteurs venus de divers horizons pour partager une expérience unique. L'édition de cette année a été marquée par une nouveauté significative avec l’arrivée du groupe SODIAT, sous la direction de son président-directeur général Mamy Ravatomanga, en tant que sponsor officiel. Ce partenariat, portant les ambitions du secteur privé, incarne un engagement fort envers la promotion de la culture locale, tout en stimulant l’économie et le tourisme régional. Selon un porte-parole du groupe SODIAT, son implication vise à mettre en lumière le patrimoine malagasy, tout en apportant un soutien concret au développement régional. Sa participation a ajouté une touche d’élégance au festival, notamment lors du carnaval, où le groupe a habillé plusieurs participants, renforçant ainsi le sentiment d’unité au cœur d’une ambiance festive et haute en couleur.
La ville de Nosy Be s’est ainsi plongée dans une euphorie jubilatoire, dansant, chantant et vibrant au cœur de cette célébration tropicale. Chaque nuit réservait son lot de surprises, offrant aux festivaliers des spectacles d’exception. Les scènes du Sômarôho ont accueilli des artistes locaux et internationaux tels que Tence Mena, Mopcaan, Basta Lion, Rim-Ka, Harena Vanilli, Jeddy Mopcaan, Mama Red, Tanjona Randrianarivelo, Stella Lyncha ou Parish, tous ayant livré des prestations mémorables. Les talents d’Arnaah et Ceis ont ajouté une note envoûtante et magique à l’événement, captivant le public avec leurs univers uniques.
Par ailleurs, la dynamique du festival a été intensifiée par la présence de Wawa, créateur de l’événement, tandis que l’intervention poignante du légendaire « Lucky Dube Band » a procuré des émotions intenses. Avec des classiques tels que « Remember Me » et « Prisoner », la performance de ce groupe a marqué durablement les cœurs des festivaliers. Leur engagement a été acclamé chaleureusement par le public, accentuant encore le rayonnement du festival en tant que plateforme majeure pour la culture malagasy. Entre concerts exaltants, carnavals animés et activités sportives festives, le festival « Sômarôho » a encore prouvé qu’il s’agit bien d’une célébration authentique de l’esprit de Nosy Be. Plus qu’un simple festival, il est désormais un lieu de rassemblement où musique, joie et solidarité s’entrelacent pour créer des souvenirs impérissables.
Si.R
Victoire éclatante des basketteurs malgaches face à La Réunion en finale (92-56). Madagascar s’offre l’or avec panache aux Jeux des jeunes de l’océan Indien. Dans un gymnase Victoria chauffé à blanc et largement acquis à la cause de la Grande île, les basketteurs malgaches ont dominé sans partage la finale face à La Réunion, s’imposant sur le score sans appel de 92 à 56.
Dès les premières minutes, les protégés de Hyacinthe Randrianjafy, coach des Ankoay U17, ont imposé leur rythme et intensité, laissant peu d’espace aux Réunionnais. Précis en attaque, solides en défense, ils ont creusé l’écart tout au long du match, confirmant leur supériorité dans tous les compartiments du jeu.
Cette médaille d’or vient récompenser un parcours exemplaire et une cohésion d’équipe impressionnante. Les joueurs malgaches repartent des Seychelles la tête haute, avec le souvenir d’une finale maîtrisée de bout en bout et le soutien indéfectible du public.
Si La Réunion repart avec l’argent, elle peut se consoler avec d’autres performances. En volley-ball féminin, ses représentantes ont décroché l’or en dominant les Malgache 3 sets à 0.
Pour Madagascar, cette victoire en basket masculin est un symbole fort à la veille de la cérémonie de clôture. La jeunesse sportive malgache est bien présente sur la scène régionale et prête à viser encore plus haut.
Pour bien conclure cette formidable aventure, il reste aux jeunes footballeurs des Barea U17 à s’imposer face aux Réunionnais. Le match est prévu à 14h, ce samedi 9 août.
Elias Fanomezantsoa
Madagasikara s’apprête à accueillir la 45ème édition du Sommet de la SADC 2025. Au stade où l’on est, les préparatifs atteignent les touches finales. Le moment sinon l’étape où aucune erreur n’est permise.
Le Trio de la tête, le Triumvirat, de l’organisation veille aux détails. En effet, le département des Affaires étrangères, la locomotive des opérations, assistée conjointement de près par le ministère des Finances et de l’Economie et le département de l’Industrialisation. Tous les trois par le biais de leur ministre respectif supervisent les derniers préparatifs. Le Conseil des ministres de la SADC se tiendra le mardi 12 août prochain qui donne en fait le coup d’envoi effectif de la 45ème édition du Sommet de la SADC. Une assise qui sera suivie de la réunion des Chefs d’Etat.
Mais avant tout, il faut s’assurer des touches finales et c’est une étape délicate dont la responsabilité incombe d’abord au pays hôte. Cinq domaines précis font l’objet de la finalisation des préparatifs.
Le site d’accueil du Sommet, le Centre de conférence international (CCI) Ivato, se dresse en première ligne. Ayant déjà abrité la réunion des hauts fonctionnaires de la SADC, CCI Ivato a été choisi comme le lieu central où se déroulera le Sommet. De ce fait, CCI Ivato focalise l’intérêt des responsables de sorte que les réunions se fassent selon la règle de l’art digne des grandes assises internationales. Rien ne sera laissé au hasard jusque dans les plus petits détails. Echauffés par les expériences du Sommet de l’océan Indien, nos dirigeants voient un peu mieux comment faire !
L’achèvement de la Cité artisanale sur le site du Lac Iarivo constitue un défi majeur dans le cadre de ce 45ème Sommet de la SADC. La vitrine artisanale régionale où chaque délégation apporte son lot de participation promet beaucoup. Les 16 pays membres ne manqueront pas de faire montre de leur identité culturelle et artisanale à cette occasion en or. La Grande île, vu l’importance que représente l’artisanat au sein de l’économie nationale, profite bien l’opportunité offerte pour exposer le savoir-faire des artisans malagasy. A noter que l’un des enjeux du Sommet consiste à offrir les opportunités pour l’essor de l’économie du pays membre.
Les hauts dirigeants du pays comptent achever à temps la mise en fonction des quatre voies sur la nouvelle route de Tsarasaotra qui doit justement desservir la circulation vers le lac Iarivo et donc vers la Cité artisanale. Les responsables techniques peaufinent en ce moment les dernières touches.
Parallèlement, la mise en fonction des téléphériques reliant Anosy – Ambatobe arrive au stade de finalisation. L’opérationnalité de ce nouveau moyen de transport dans ou sur la ville d’Antananarivo atteint la phase finale. Ce n’est qu’une question d’heures ou de jours pour que les téléphériques entrent en fonction. Vu la difficulté de circuler sur les rues de la Capitale ces temps-ci, l’entrée en fonction de cette nouvelle opportunité facilitera grandement la vie dans la ville des Mille.
Et la Commune urbaine d’Antananarivo veuille bien apporter sa part de brique à travers les couches de bitumes sur certaines portions de rues.
Enfin, le volet sécuritaire ne sera pas en reste. La Gendarmerie et la Police nationales assureront sereinement le bon fonctionnement de toutes les cérémonies.
Ndrianaivo
Le sommet de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) se tiendra bien à Madagascar la semaine prochaine. Et ce, malgré la tentative de lobbying pour ne pas dire sabotage menée par d’anciens Chefs d’Etat malgaches pour convaincre leurs homologues africains de délocaliser l’événement.
Devant un parterre d’invités, lors de la cérémonie de réception d’une dizaine de camions à Andranomena, le Président Andry Rajoelina a en effet levé le voile sur cet épisode. Selon lui, deux ex-Présidents auraient entrepris une tournée auprès de plusieurs dirigeants des pays de la SADC pour plaider… contre la tenue du sommet à Madagascar, avançant que le pays et son Président actuel « ne seraient pas dignes » de présider l’organisation régionale.
La manœuvre n’a visiblement pas trouvé preneur. Les homologues du Président Rajoelina lui auraient assuré de leur soutien unanime à la tenue du sommet à Madagascar et de la nomination du Chef d’Etat malgache à la tête de la SADC. « Le Président Rajoelina a été élu par l’ensemble des Chefs d’Etat de la SADC, c’est le président de la SADC», lui auraient en effet répondu ses homologues des pays d’Afrique australe, lesquels appellent l’Opposition à régler les divergences « en interne » plutôt que de les exporter.
Ainsi, non seulement le sommet est maintenu, mais la liste des délégations attendues a de quoi faire pâlir d’envie n’importe quelle destination. Afrique du Sud, Mozambique, Eswatini, Tanzanie, République démocratique du Congo, Maurice… certaines délégations compteront jusqu’à 130 personnes.
Le Chef de l’Etat en profite pour y voir une reconnaissance internationale de son leadership et de la capacité de Madagascar à accueillir un tel rendez-vous. « Isika mahay mandray vahiny » (« Nous savons accueillir »), a-t-il martelé, appelant la population à rester fière et unie, malgré les critiques de « quelques-uns » sur les réseaux sociaux.
En clair, les ex-Présidents auront dépensé leur énergie … pour rien. La SADC viendra bel et bien à Madagascar, et le Président Rajoelina compte bien montrer, sous les projecteurs africains, « ce que le peuple malgache sait faire ».
Lalaina A.
Les 6 et 7 août 2025, le Motel Anosy a accueilli la 23ᵉ édition des Journées de cancérologie de Madagascar, placées sous le thème : « Parcours de soins des patients atteints du cancer ». Organisée chaque année par l’AROM – Association d’appui à la Radiothérapie et l’Oncologie de Madagascar, cette manifestation constitue une plateforme d’échange incontournable rassemblant professionnels de santé, chercheurs, acteurs de la société civile et parties prenantes du secteur. La Polyclinique d’Ilafy, Sponsor Silver de l’édition 2025, a une nouvelle fois affirmé son engagement dans la lutte contre le cancer à Madagascar.
“L’Association d’appui à la Radiothérapie et l’Oncologie de Madagascar œuvre activement dans la promotion de la recherche et la sensibilisation sur le cancer. La pérennisation de la collaboration avec tous les acteurs impliqués est indispensable pour offrir des soins oncologiques de qualité (…) Je tiens à remercier chaleureusement ceux qui ont toujours accompagné ces journées et nos nouveaux partenaires pour leur implication dans la lutte contre le cancer à Madagascar. Vos soutiens sont essentiels pour le succès de cet évènement et pour l’avenir des patients”, a déclaré le Professeur Hasiniatsy N. Rodrigue E., président de l’AROM.
Un programme scientifique riche et diversifié
Au cours de deux journées rythmées par des communications scientifiques et des tables rondes, plusieurs grands enjeux ont été débattus : la place de la médecine alternative et parallèle, le retard diagnostic et thérapeutique, le fonctionnement des centres de diagnostic, l’impact du tourisme médical et la demande d’évacuation sanitaire. Les intervenants ont souligné la nécessité d’assurer un parcours de soins cohérent, coordonné et personnalisé, depuis la détection jusqu’au suivi post-traitement.
De la prévention aux diagnostics
La première séance, intitulée « De la prévention aux diagnostics », a débuté avec la Professeure Florine Rafaramino, chef de pôle Oncologie et Radiothérapie à la Polyclinique d’Ilafy. Cette année, sa communication s’est davantage adressée aux patients et à leurs familles : en collaboration avec l’AROM et le centre Ivokoloaina, elle a élaboré un flyer informatif sur les cancers héréditaires, leurs justifications, ainsi que les mesures de prévention et de dépistage précoce. « Aujourd’hui, grâce aux tests génétiques, il est possible d’identifier certaines anomalies héréditaires ; en cas de résultat positif, des mesures préventives comme la surveillance médicale renforcée ou des interventions prophylactiques peuvent être proposées », a-t-elle expliqué.
Le Docteur David Khelif, expert cancérologue à la Polyclinique d’Ilafy a, quant à lui, détaillé les enjeux du tabagisme sur la santé, mais aussi son impact économique et sociétal, appelant à renforcer les campagnes de sensibilisation et les dispositifs d’aide à l’arrêt du tabac.
Parcours technique en oncologie
Le Dr Richard Abou Rabi, chirurgien généraliste et superviseur général de bloc, a présenté une étude prospective menée avec le Professeur NNM Razafimanjato, le Professeur Francis Hunald et Malala Nirina Rakotomavo, directeur superviseur de l’exploitation de la Polyclinique d’Ilafy, sur le « Parcours du patient ambulatoire et court séjour en chirurgie sénologique. Créée en février 2025, cette unité, unique à Madagascar, a pris en charge 42 patientes (âge moyen : 49,3 ans) entre le 25 février et le 30 juin 2025. Les résultats confirment la sécurité et la pertinence de la chirurgie ambulatoire carcinologique mammaire, en accord avec les recommandations internationales, et ouvrent la voie à une plus large diffusion de ce modèle pour améliorer l’accès aux soins et réduire les coûts. Une enquête de satisfaction est actuellement en cours pour évaluer la qualité de cette prise en charge.
Un engagement global de la Polyclinique d’Ilafy
Forte de son pôle Oncologie et Radiothérapie, la Polyclinique d’Ilafy propose une offre complète : du diagnostic – laboratoire d’anatomopathologie – à l’intervention chirurgicale, en passant par la chimiothérapie, la radiothérapie et les soins de soutien : accompagnement psychologique, rééducation fonctionnelle, groupes de parole et thérapies complémentaires comme la danse et la musique. Elle remercie l’AROM pour l’organisation de cet événement annuel et réaffirme son engagement dans la lutte commune contre le cancer à Madagascar.
Vers de nouvelles stratégies de prévention
Clôturant les Journées, le ministère de la Santé publique a annoncé le lancement, à partir d’octobre 2025, de la vaccination des filles de 9 à 12 ans contre le papillomavirus humain, dans le but de prévenir le cancer du col de l’utérus. Cette mesure s’inscrit dans la stratégie de vulgarisation de la vaccination, un pas décisif pour renforcer la prévention primaire et réduire à long terme l’incidence de cette maladie.